Zimmermann, Norbert - Ladstätter, Sabine: Wandmalerei in Ephesos von hellenistischer bis in byzantinische Zeit, ISBN 978-3-85161-035-2. 224 S., 422 Farb- und S/W-Abb., 29,7 x 21 cm; kartoniert. Preis: 45 €
(Phoibos Verlag, Wien 2010)
 
Compte rendu par Laurence Cavalier, Université de Bordeaux 3
(l.cavalier@libertysurf.fr)

 
Nombre de mots : 685 mots
Publié en ligne le 2011-11-29
Citation: Histara les comptes rendus (ISSN 2100-0700).
Lien: http://histara.sorbonne.fr/cr.php?cr=1179
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           En publiant chez Phoibos « Wandmalerei in Ephesos », N. Zimmermann et S. Ladstätter  se sont donnés pour objectif de présenter pour la première fois et dans un seul volume l’ensemble des peintures murales d’Ephèse. Dans un souci de clarté et, peut-être, de vulgarisation, les auteurs ont choisi de procéder de façon chronologique, en allant de l’époque hellénistique, peu représentée, jusqu’à l’époque byzantine, la partie la plus fournie de l’étude étant constituée par les peintures murales d’époque impériale et, notamment, les décors de la « Hanghaus 2 ».

 

           L’ouvrage comporte 6 chapitres. Le premier, qui permet au lecteur de rafraîchir ses connaissances sur les styles pompéiens tels qu’ils furent définis par A. Mau, replace les productions éphésiennes dans le contexte de leur temps et comprend deux brèves sous-parties plus techniques dont la seconde, fondée sur des analyses physico-chimiques, est due à J. Weber. Le second chapitre résume en quelques pages l’historique des fouilles d’Ephèse.

 

           On entre dans le vif du sujet avec le chapitre III : après une courte introduction historique, les très rares fragments de peintures d’époque hellénistique conservés (1er et 2e style) sont présentés par B. Toder. Le chapitre IV qui constitue la partie la plus riche de l’ouvrage (p. 35-159) débute lui aussi avec quelques rappels historiques : à partir de l’époque augustéenne, Ephèse connaît une très grande activité édilitaire qui va de pair avec la construction de luxueuses maisons privées (« Hanghäuser ») sur les pentes du mont aujourd’hui connu sous le nom de Bülbüldag.  Le IIIe siècle est pour la ville une période de crise et de déclin, marquée par une série de tremblements de terre. L’insula 2 (Hanghaus 2), la partie la mieux conservée et la mieux connue de ce quartier fait ensuite l’objet d’une présentation détaillée qui débute par un retour sur l’historique des fouilles et souligne l’apport des découvertes récentes qui permettent de réviser la chronologie de l’ensemble. En effet, alors que l’on a longtemps pensé et écrit que l’insula 2, mise en place entre 27 avant J.C. et 37 après J.C., avait été occupée sans interruption jusqu’au VIIe siècle après J.C., il est aujourd’hui possible de distinguer et de dater précisément des phases successives de destruction et de réaménagement. Si la date de mise en place est toujours valable, les auteurs montrent que l’ensemble a connu une première phase de destruction, suivie d’un réaménagement vers 220 après J.C., avant qu’une catastrophe, probablement un tremblement de terre, ne détruise l’insula de façon irrémédiable dans le troisième quart du IIIe siècle. L’insula comprenait sept « unités d’habitation » dont les descriptions formelles et fonctionnelles précises sont assorties d’illustrations, photos ou plans, de très belle qualité. Les auteurs en viennent ensuite à l’analyse des décors qui correspondent aux phases de construction mises en évidence par l’archéologie, analyse qui permet d’identifier les spécificités des peintures murales d’Ephèse à l’époque impériale et les influences qu’elles ont subies, avant de regrouper les décors par thèmes. Dans ce chapitre sont également traitées les peintures murales découvertes ailleurs dans la ville et, notamment, celles des cimetières (nécropole de la ville haute, nécropole du port, cimetière des Sept-Dormants, chambre funéraire de la bibliothèque de Celsus). Dans le chapitre V, les auteurs mettent en évidence l’apparition, sous la Tétrarchie, d’un nouveau système décoratif (« Hanghaus 1 », « maison de l’Odéon », maison de l’Acropole », « palais byzantin »). La peinture murale chrétienne dans les espaces publics et privés est traitée par R. Pillinger (« grotte de Paul ») et A. Pülz (« tombe de Luc »). La fin du chapitre est consacrée aux peintures murales découvertes dans les églises. Le livre s’achève sur le chapitre consacré aux peintures murales d’époque byzantine avec, notamment, une courte contribution de M. Büyükkolanci sur la chapelle près du Skeuophylakion.

 

           Avec ce beau livre, S. Ladstätter et N. Zimmermann mettent à la disposition du public scientifique et amateur une utile synthèse sur un ensemble exceptionnel de décors peints, connus depuis longtemps ou récemment découverts, qui témoigne de la vitalité d’Ephèse de l’époque hellénistique à l’époque byzantine. La riche bibliographie présentée en fin d’ouvrage permet au lecteur d’approfondir certains aspects de cette présentation forcément concentrée d’une production artistique qui s’étend sur plus d’un millénaire.