Oeconomidès, M.: Sylloge Nummorum Graecorum, Grèce 3, Musée numismatique d’Athènes, Collection A. Christomanos. Première partie : Italie - Eubée.
In-4° ; 121 p., dont 44 planches. - ISBN 960-404-049-9 - ISSN 1790-0069 - 60,00 euros.
(Academie d'Athènes 2004)

 
Compte rendu par Dominique Gerin, conservatrice au Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France
(domgerin@noos.fr)

 
Nombre de mots : 809 mots
Publié en ligne le 2008-03-13
Citation: Histara les comptes rendus (ISSN 2100-0700).
Lien: http://histara.sorbonne.fr/cr.php?cr=121
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La collection du médecin Antoine Christomanos est entrée par don en 1930 au Musée numismatique d’Athènes. En 1977, Mme Œconomidès a annoncé son intention de publier cette collection généraliste (elle couvre l’ensemble géographique du monde antique grec ou hellénisé) que l’auteur qualifie de « collection d’étude », précisant qu’elle a été formée « sans considération de la valeur marchande des exemplaires ». Malheureusement, nous n’avons guère de renseignements sur le collectionneur, et aucun sur la constitution de sa collection (procédures d’acquisition, provenances), où prédominent les monnaies de bronze.

Ce volume nous livre la première partie de la collection, de l’Italie à l’Eubée. La partie occidentale en est très réduite (52 entrées), tandis que la part belle est faite aux monnaies de Macédoine (221 entrées, de 135 à 355) et à celles de Thessalie (197 entrées, de 356 à 552), parmi lesquelles de notables séries de pièces de l’Empire romain.

On distinguera quelques exemplaires remarquables, tels que ce statère posthume de Philippe II de Macédoine (191) surfrappé sur ce que Fr. de Callataÿ identifie comme un tétradrachme d’Alexandre le Grand (CR dans RBN 151 [2005]), ce qui implique un rognage préalable du flan, pour passer des quelque 17,20 g du tétradrachme aux 14,50 g du statère ; voilà un cas où la surfrappe ne présenterait que peu d’intérêt en termes de gain de temps… Ou encore cette petite série de drachmes de Dyrrhachion (557-561), homogène, qu’on soupçonne provenir d’un même trésor, du type Durazzo 1894 ou Lezhe 1919 (IGCH 356 et 358) ; ou ces fractions de Delphes (737-740), assez rares. Une attribution paraît peu convaincante, sans qu’on puisse en proposer une autre plus sûre : celle du bronze 766 à Thèbes, sur la foi de la légende de revers, un nom de « magistrat », ΠΟΛΕΜΑΡΧΟ[Υ], attribué par Icard, après Head, à cette cité. Or, les monnaies thébaines d’époque romaine se réduisent à moins d’une dizaine de types, tous attribuables à l’époque de Galba, et le RPC I ne connaît que deux noms de magistrats, Polem Makros — le « Polemarch » de Head serait donc une erreur de lecture… — et Pemptides (ou Archipemptides). En outre, ces noms sont précédés de ΕΠΙ, et les types recensés sont tout autres que le buste casqué et le buste féminin de la monnaie 766.

Une référence aux nombreuses occurrences, CNS, a échappé à la vigilance de l’auteur — et, trop longtemps à notre sagacité… — et manque à la bibliographie. Il s’agit, bien sûr, de Romolo Calciati, Corpus Nummorum Siculorum, 3 vol., Milano, 1983, 1986, 1987.

Les indices sont nombreux et utiles, mais ils ont été conçus du point de vue de l’helléniste : on aurait apprécié un index par empereur pour les monnaies provinciales romaines ; nous nous permettons de livrer en annexe celui que nous avons établi.

Au-delà de ces détails inévitables, comme le savent tous ceux qui ont eu à établir un catalogue raisonné, il faut savoir gré à Mme Œconomidès de nous livrer sous la forme agréable et éprouvée de la SNG cette première publication d’un élément des considérables collections du Musée numismatique d’Athènes. On attend la suite de la collection Christomanos — « environ 3450 pièces », BCH 54 (1930) —, et surtout on forme le vœu que les moyens soient donnés à l’institution de poursuivre la publication de ses collections.

Index des empereurs romains

Époque impériale : 176 (Thessalonique)

Époque d’Auguste : 132-134 (Rhoimetalkes) ; 166-167 (Philippes) ; 752 (Tanagra)

Auguste (27 av. J.-C.-14 après J.-C.) : 144 (Amphipolis) ; 502 (les Thessaliens) ; Livie (22-23) : 145 (Amphipolis) ; 503 (les Thessaliens)

Claude (41-54) : 148 (Dion) ; 340-342 (Macédoine romaine) ; 415 (Magnètes) ; 504-507 (les Thessaliens)

Néron (54-69) : 177 (Thessalonique) ; 343 (Macédoine romaine) ; 416 (Magnètes) ; 508-512 (les Thessaliens)

Époque de Galba (68-69) : 767-769 (Thèbes)

Domitien (81-96) : 101-102 (Sestos) ; 178 (Thessalonique) ; 513-515 (les Thessaliens)

Trajan (98-117) : 146 (Amphipolis)

Hadrien (117-138) : 344 (Macédoine romaine) ; 516-522 (les Thessaliens)

Antonin le Pieux (138-161) : 345 (Macédoine romaine)

Marc Aurèle (161-180) : 147 (Amphipolis) ; 346 (Macédoine romaine) ; 523-530 (les Thessaliens) ; Faustine la Jeune : 347 (Macédoine romaine) ; 531-536 (les Thessaliens)

Marc-Aurèle et Lucius Verus (161-169) : 851-852 (Chalcis)

Commode (180-192) : 626 (Corcyre)

Septime Sévère (193-211) : 853 (Chalcis)

Caracalla (211-217) : 539-544 (les Thessaliens) ; Julia Domna : 537-538 (les Thessaliens)

Macrin (217-218) : 65 (Nicopolis ad Istrum)

Macrin et Diaduménien (217-218) : 57 (Marcianopolis)

Diaduménien (218) : 58 (Marcianopolis)

Élagabale (218-222) : 59-60 (Marcianopolis) ; 149 (Edessa) ; 179-180 (Thessalonique) : — et Julia Maesa : 61 (Marcianopolis)

Époque d’Alexandre Sévère : 348-349 (Macédoine romaine)

Alexandre Sévère (222-235) : 71 (Byzance, Thrace) ; 82-84 (Odessos, Thrace)

Maximin (235-238) : 181 (Thessalonique, Macédoine)

Époque de Gordien III : 350-355 (Macédoine romaine)

Gordien III (238-244) : 53 (Viminacium) ; 62-64 (Marcianopolis) ; 69 (Anchialos) ; 150-151 (Edessa) ; 182 (Thessalonique) ; — et Tranquilline : 85 (Odesssos)

Philippe l’Arabe (244-249) : 55 (Viminacium) ; — et Otacilia Severa : 80 (Odessos)

Trajan Dèce (248-251) : 55 (Viminacium)

Valérien (253-260) : 592 (Nicopolis d’Épire)

Gallien (253-268) : 546 (les Thessaliens) ; Salonine : 183 (Thessalonique) ; 547-548 (les Thessaliens).