Kiernan, Philip: Miniature Votive Offerings in the north-west Provinces of the Roman Empire. Mentor 4. 300 pages, 57 ill., 7 tables, hc., ISBN 78-3-447-05991-6, € 39
(Mainz und Ruhpoldingen, Verlag Franz Philipp Rutzen 2009)
 
Compte rendu par Xavier Deru, Université Lille 3
(xavier.deru@numericable.fr)

 
Nombre de mots : 503 mots
Publié en ligne le 2011-07-18
Citation: Histara les comptes rendus (ISSN 2100-0700).
Lien: http://histara.sorbonne.fr/cr.php?cr=1264
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          Les offrandes miniatures analysées par Ph. Kiernan sont diversifiées puisqu’elles rassemblent des rouelles, des objets monétiformes, des armes, des haches, des bijoux, de la vaisselle. L’A.  rassemble cette panoplie afin d’en vérifier le caractère votif, d’en comprendre le sens et la place dans les rites. Il organise son ouvrage par catégorie d’objets ; dans chaque chapitre, il traite de la typologie, d’ensembles de référence et des différentes hypothèses. Ces chapitres sont denses et riches, sans que l’on perde de vue la problématique.

  

          Les premières catégories me semblent les plus intéressantes, car réunissant des lots d’objets cohérents et retrouvés dans des contextes religieux. Les roues miniatures (p. 11-39), très rarement déposées dans des tombes, sont très abondantes dans certains sanctuaires précoces. Dans celui de Boviolles, par exemple, des milliers ont été vendues aux Temps modernes comme des roues de Sainte Catherine. Après avoir présenté les principaux dépôts (Nanteuil-sur-Aisne, Villeneuve-au-Chatelot, etc.) et examiné les quelques spécimens portant une dédicace, l’A. date ces objets de la fin de l’Âge du Fer et du Iers. ap. J.-C. et propose d’y voir, non des « roues en miniature », mais un symbole du tonnerre ou du soleil, attaché à la personnalité de Jupiter. L’armement miniature (p. 40-113) compte des épées, des boucliers, des pointes de lance ; les haches sont traitées indépendamment. Les sanctuaires-clés sont localisés à Mouzon, Baalons-Bouvellemont, Acy-Romance, auxquels il faut ajouter le trésor de Salisbury que I. Stead est parvenu à reconstituer, alors que sa découverte avait été clandestine. Ces pièces s’interprètent aisément dans la continuité des dépôts d’armes mutilées de l’Âge du Fer, tout en témoignant du désarmement de la société gauloise au Ier s. av. J.-C. Leurs dépôts correspondent à des actes collectifs plus qu’individuels. Les haches (p. 114-152), quant à elles, bénéficient d’un catalogue (Annexe 1, p. 219-267). Cinq types sont caractérisés ; les types 1 et 3 se répartissent dans le nord de la Gaule et en Bretagne, alors que le type 5 se cantonne dans le sud de la Germanie supérieure. Rarement associées à des dépôts d’armes, les haches ne semblent pas liées au monde indigène, mais commémorent vraisemblablement l’acte du sacrifice. Les catégories suivantes paraissent moins pertinentes aux yeux même de l’A. Les monnaies de substitution (p. 153-164), la vaisselle (p. 165-179) et les petits bijoux ou instruments (p. 180-194) ne constituent pas de manière spécifique des objets votifs. L’A. écarte également de la sphère religieuse les Mithrassymbole, petites figures animales ou outils agricoles, retrouvés dans les tombes de Rhénanie (par ex. à Rodenkirchen), bien que ces objets fassent référence à la fertilité.

 

          L’A. crée un équilibre entre état de la question, critique, démarche analytique et synthèse ; outre son sujet, il présente également des discussions importantes sur certaines découvertes (par ex. Mouzon, p. 47-63). On suit la démarche de l’A., bien qu’une série d’objets auraient pu être retirés d’emblée. Il faut toutefois également regretter l’absence d’un chapitre ou d’un catalogue des sanctuaires-clés qui aurait permis de mieux, et de manière plus systématique, contextualiser les types d’offrandes.