Charloux, Guillaume - Mensan, Romain: Karnak avant la XVIIIe dynastie. Contribution à l’étude des vestiges en brique crue des premiers temples d’Amon-Rê. Avec deux articles de Michel Azim et Antoine Garric et la participation de Shimaa Montaser Abu al-Hagag, introduction de Nicolas Grimal. Format 210 x 297 mm, 568 pages, 319 plans, photos et illustrations.
— fichier numérique interactif ISBN 978-2-918157-01-4, 35 euros ;
— livre imprimé sur papier offset « 90 grammes », 98 pages en couleurs et 470 en noir, ISBN 978-2-918157-02-1, 170 euros, sous presse ;
— souscription du 15 mars au 30 mai, les deux versions au prix exceptionnel de 119 euros
(Soleb, Paris 2012)
 
Compte rendu par David Lorand, FNRS (Belgique) - Université libre de Bruxelles
(dlorand@ulb.ac.be)

 
Nombre de mots : 3353 mots
Publié en ligne le 2013-01-27
Citation: Histara les comptes rendus (ISSN 2100-0700).
Lien: http://histara.sorbonne.fr/cr.php?cr=1647
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          Précisons d’emblée que le présent compte rendu a été réalisé à partir de la version numérique de l’ouvrage de G. Charloux et R. Mensan, et qu’un certain nombre de désagréments rencontrés à la lecture sur ce support virtuel a sans doute des répercussions moindres, voire inexistantes, dans la version imprimée. Il est ainsi impossible, dans des conditions de confort visuel minimales, d’appréhender une page complète sur un écran standard. De même, les appels de figures sont parfois très éloignés des figures elles-mêmes, imposant un incessant va-et-vient digital, opération lente et fatigante. C’est notamment le cas lorsqu’il faut se reporter au plan général des sondages effectués dans la zone centrale du temple situé (ici dans le cas le plus extrême) à plusieurs centaines de pages du texte en cours de lecture. À l’inverse, la reconnaissance optique du texte autorise une recherche par mot-clé des plus aisées.

 

          Dans son introduction à l’ouvrage (p. 13-14), N. Grimal signale l’origine des questionnements scientifiques et l’historique des fouilles dans le secteur central du temple de Karnak visant à mettre en évidence tant la « date » de la fondation du temple que son extension au Moyen Empire. L’ouvrage qui suit est, selon lui, tout à la fois un rapport de fouilles et une synthèse historique mettant en perspective les résultats de ces opérations archéologiques.

 

          Après les remerciements d’usage (p. 16-17), les auteurs introduisent leur étude dans un chapitre intitulé « L’âge des briques » (p. 20-34). Ils rappellent combien l’attention réservée aux vestiges en brique a été minime au cours des décennies précédentes, à l’exception de quelques opérations ponctuelles et limitées menées par M. Azim au début des années 1980, mais restées malheureusement sans suite. Ce n’est qu’au début des années 2000, sous l’impulsion de N. Grimal et Fr. Larché, que leur étude a été relancée. Entre 2002 et 2007, les travaux ont été entrepris pour vérifier deux hypothèses : (1) la zone centrale du temple a été aménagée au plus tôt à la XIe dynastie et son implantation répond à des contraintes topo-géologiques, de même que son extension spatiale ultérieure ; (2) les vestiges en brique appartiennent à divers aménagements du temple entre la XIe et la XVIIIe dynastie, principalement durant le Moyen Empire. Les divers chapitres (I à IV) de l’ouvrage visent à évaluer la pertinence de ces deux hypothèses. Ces chapitres sont complétés par deux rapports de fouilles demeurés inédits jusque-là (Annexes I-II), ainsi que par l’étude sommaire de la céramique mise au jour (Annexe III) et un descriptif des techniques de mise en œuvre des pierres dans les structures architectoniques de la « cour du Moyen Empire » (Annexe IV). Les auteurs évoquent ensuite la méthodologie des travaux archéologiques (enregistrement des « unités stratigraphiques » et « faits archéologiques »), leur déroulement – parfois en s’appesantissant inutilement sur les contingences de celui-ci (n. 1, p. 29 ; n. 1, p. 31) –, et les contraintes imposées par le site lui-même (vestiges en place empêchant l’exploration archéologique). Un tableau chrono-bibliographique utile reprend les interventions effectuées dans la zone centrale du temple (fig. 7, p. 33-34).

 

          Le premier chapitre (« Approche géoarchéologique », p. 38-71) décrit le Nil à hauteur de Thèbes, son cours et son régime alluvionnaire, en faisant état des variations dans le tracé du fleuve et son déplacement progressif au sein de la vallée. Dans le cadre de cet exposé, il est sans doute inutile de définir ce qu’est un terminus post quem (p. 50 ; et encore p. 112), surtout s’il est ensuite fait mention, sans aucune précision, d’un terminus (p. 52, 141, 204). Les observations stratigraphiques menées au cœur du temple permettent de comprendre les contraintes hydrologiques existantes à l’époque de la fondation du sanctuaire divin. On soulignera toutefois que la fig. 11 (p. 53) propose une restitution audacieuse de la stratigraphie sur la base de trois sondages restreints et éloignés de plusieurs dizaines de mètres l’un de l’autre (opérations 159 et 161 ; voir la fig. 9). On regrettera en outre qu’il faille attendre la page 101 (fig. 38) pour avoir enfin un plan localisant et nommant les diverses opérations archéologiques effectuées par les auteurs (ou non). Bien qu’utile et précise, la nomenclature des opérations de terrain, les numéros d’UF, de « faits », de sondage, etc., limitent la fluidité de la lecture et complexifient la compréhension immédiate du texte (surabondance de données alphanumériques). Enfin, les descriptions stratigraphiques se font parfois de haut en bas (fig. 12, p. 54 ; fig. 13, p. 56 ; fig. 14, p. 57 ; p. 60 sq.), parfois de bas en haut (p. 62 sq).

 

          Le deuxième chapitre (« Historique », p. 74-109) évoque, comme son titre l’indique, l’historique des fouilles menées dans la zone centrale du temple de Karnak depuis les travaux de G. Legrain et H. Chevrier au début du XXe siècle. La date de parution de l’ouvrage a sans doute empêché les auteurs de faire usage du long article de J.-Fr. Carlotti, E. Czerny, L. Gabolde, « Sondages autour de la plate-forme en grès de la “cour du Moyen Empire” », Cahiers de Karnak XIII (2010), p. 111-193, pourtant fondamental pour leur problématique.

 

          Le troisième chapitre (« Essai de restitution », p. 112-173) s’ouvre sur le constat qu’il est difficile d’associer les vestiges en brique crue découverts (1) dans une trame chronologique unique (étude diachronique) et (2) de manière synchronique (quels sont les vestiges contemporains mais dispersés sur le site ?). Cela amène les auteurs à concevoir de multiples hypothèses, et ils proposent de reconnaître trois phases principales, toutes étant liées à des vestiges des fondations d’édifices antérieurs au Nouvel Empire. Cet exercice intellectuel périlleux mais indispensable aurait sans doute bénéficié d’une multiplication des plans pour localiser plus rapidement les vestiges évoqués (les plans ne figurent qu’au début de l’ouvrage et/ou sont rassemblés en début de chapitre). De même, on constate à la lecture de cette synthèse quelques modifications, parfois importantes, dans l’interprétation chronologique des vestiges mis au jour par rapport aux conclusions – certes provisoires – émises dans diverses publications antérieures rédigées par ces mêmes auteurs. On notera une petite contradiction dans la présentation de ce qu’est la « zone intérieure » du temple lors de la phase 2 : le secteur s’étendant du Ve pylône jusqu’à l’est de la cour du Moyen Empire ou l’aire située entre le IIIe pylône et l’est de la cour du Moyen Empire (ambiguïté à sept lignes de distance, p. 139). Au vu de ce qui a été dégagé dans le secteur du IIIe pylône et dans la cour nord du IVe pylône, il n’est de toute façon pas indispensable de consacrer quelques pages à ces secteurs puisqu’ils n’interviennent pas, d’une manière ou d’une autre et en l’état de la documentation, dans la problématique qui occupe stricto sensu les auteurs (p. 139-142).

 

          La compréhension des vestiges en brique des cours nord et sud du Ve pylône et appartenant à la phase 2 aurait sans doute bénéficié d’une plus grande attention réservée aux restes architecturaux également découverts à cet endroit par d’autres chercheurs. Les auteurs auraient en effet pu asseoir avec plus de conviction (p. 150-151) que ces divers tronçons de fondations pouvaient très probablement supporter une colonnade : ainsi celle de Sésostris Ier dont des vestiges ont précisément été retrouvés sous le dallage de ces cours, point signalé par les auteurs (p. 219, n. 3). Voir à cet égard la figure 46 (p. 119) des auteurs. Voir pour cette hypothèse D. Lorand, Arts et politique sous Sésostris Ier. Littérature, sculpture et architecture dans leur contexte historique, Monumenta Aegyptiaca XIII, Turnhout, 2011, p. 269-272 (avec bibliographie antérieure).

 

          Le quatrième chapitre (« Interprétations », p. 176-227) tente de raccrocher les trois phases architecturales identifiées sur le terrain avec le canevas dynastique de l’histoire pharaonique. D’après les auteurs, la phase 1 correspondrait très probablement aux aménagements du site sous la XIe dynastie, la phase 2 appartiendrait au début de la XIIe dynastie tandis que la phase 3 reprendrait les modifications et réfections entreprises dès le milieu de la XIIe dynastie et durant la XIIIe dynastie. Ce phasage chronologique se fonde sur l’étude coordonnée des textes hiéroglyphiques documentés par ailleurs, des tessons de poterie et des empreintes de sceaux retrouvés en contexte archéologique. Les auteurs ont pu ainsi démontrer qu’à l’issue de leur fouille, aucun vestige architectural en brique crue ne remontait à l’Ancien Empire. De même, l’extension maximale du temple avant la XVIIIe dynastie couvrait d’après les conclusions des auteurs le secteur compris entre le IIIe pylône à l’ouest et l’Akh-menou à l’est.

 

          On formulera toutefois quelques remarques. À la page 179, les auteurs semblent considérer que le pilier de Sésostris Ier découvert « en position verticale » par G. Legrain dans la cour du VIIe pylône est « en place », ce qui est inexact comme l’a montré L. Gabolde (Le « Grand Château d’Amon » de Sésostris Ier à Karnak, MAIBL XVIII, Paris, 1998, p. 72-76, § 101-109). Les auteurs sont d’une prudence (trop) extrême lorsqu’ils affirment, page 189, qu’ « il est envisageable que Karnak ait été amplement réaménagé sous son règne (celui de Sésostris Ier NDA) ». Au vu des monuments datés de ce souverain effectivement retrouvés sur le site, cette conclusion est plus qu’ « envisageable » (cette « timidité » curieuse se lit à nouveau p. 202-203). À l’inverse, si les auteurs sont (trop) régulièrement sceptiques – ou à tout le moins critiques – à propos des hypothèses suggérées par leurs devanciers (ce qui se justifie à l’occasion), ils font parfois eux-mêmes preuve d’une certaine hardiesse dans quelques conclusions et interprétations (notamment lorsqu’ils concluent que, jusqu’au règne d’Amenhotep Ier, le temple est « majoritairement en brique » [p. 221] mais sans présenter d’argument autre que l’existence de fondations en brique [et non d’élévations NDA], tout en concédant que les textes de Karnak datés du Moyen Empire citent des édifices « majoritairement en pierre » [cette même p. 221]).

 

          Les auteurs soulignent avec justesse (p. 193 sq) la très forte opposition palpable entre Fr. Larché d’une part et L. Gabolde et J-Fr. Carlotti d’autre part, aboutissant, par publications interposées, à un Clochemerle égyptologique  à propos de la restitution de l’apparence du temple au Moyen Empire. Malgré tout, le doute ne semble profiter à aucune des deux parties, mais trahit de toute évidence une forme d’atermoiement, dans la mesure où les auteurs avancent avec force détails les arguments positifs et négatifs sans réellement trancher à l’aide des résultats de leurs propres fouilles. Cet hyper-scepticisme – ou cette prudence extrême – n’est pas forcément heureuse et l’hypothèse défendue, notamment, par L. Gabolde reste en réalité à ce jour la mieux étayée et n’entre pas fondamentalement en contradiction avec les découvertes récentes des auteurs. En outre, ces derniers ne peuvent pas reprocher à leurs prédécesseurs d’avoir envisagé leurs restitutions en se fondant « sur les analogies avec les monuments en place » (p. 193) d’une part, tout en convenant, d’autre part, que le temple de Karnak se caractérise par sa « pérennité architecturale » et sa « planification métrologique » (p. 206 sq, et conclusions p. 233 – voir également ce même constat de M. Azim dans l’Annexe I).

 

          Dans leur volonté de confronter leurs hypothèses interprétatives, les auteurs abordent succinctement les données textuelles disponibles sur le temple de Karnak au Moyen Empire. Bien que le corpus disponible ne soit en effet guère développé, le traitement qui lui est réservé est toutefois mince, à peine trois pages (p. 219-221), et dans lesquelles ne figurent même pas les textes du temple de Sésostris Ier conservés sur les rares blocs de calcaire parvenus jusqu’à nous (dont le début du texte de fondation et de dédicace du temple !). Les auteurs signalent pourtant que cette « confrontation (…), bien que délicate, est essentielle à [leur] examen » (p. 219).

 

          Une autre étude comparative est proposée : elle met en parallèle les données issues des fouilles récentes des structures en brique crue du temple de Karnak avec les rares structures architecturales du Moyen Empire et de la Deuxième Période Intermédiaire connues et publiées. On s’étonnera toutefois de voir que la liste donnée fig. 67 (16 items) ne correspond pas à la carte fig. 68 (18 localités pour 21 structures, dont Bouhen pourtant rejetée de la liste fig. 67). De même, est-il réellement pertinent de comparer de manière équivalente et sans distinction les temples divins, les temples funéraires, les temples de la vallée égyptienne, les temples des déserts et zones périphériques ? Est-il dès lors étonnant que les auteurs constatent qu’ « aucun type (de temple NDA) ne peut prétendre s’en approcher (du type de Karnak NDA) » (p. 227) ? Il manque surtout une prise en considération des vestiges architecturaux trouvés à Karnak même et remontant, comme les structures en brique crue, au Moyen Empire.

 

          Les conclusions (p. 230-237) synthétisent l’essentiel des données présentées dans les quatre chapitres qui précèdent.

 

          Une première Annexe (p. 240-389) est consacrée aux travaux archéologiques menés dans la zone centrale du temple de Karnak entre 1982 et 1984 sous la direction de M. Azim, par ailleurs auteur de cet appendice. Les premières pages évoquent avec détail les circonstances « scientifiques » de ces travaux et la gestion « particulière » des ressources humaines affectées à ce chantier (p. 240-247). On comprend ensuite que les résultats présentés à près de trente ans d’écart ne concernent, pour les diverses raisons exposées par l’auteur, qu’une série de sondages limités et ponctuels visant alors avant tout à mesurer les potentialités du terrain, à les protéger du flux des touristes et à en réserver l’exploration complète à d’autres chercheurs. Avec de nombreux détails recueillis dans les carnets de fouilles, les relevés de chantiers et les lots de photographies (illustrant régulièrement le texte), l’auteur fait état des multiples opérations dans le secteur de la cour du Moyen Empire, en particulier dans la cour sud du VIe pylône (p. 248-259), dans les chapelles sud de Thoutmosis III et le Couloir de la Jeunesse (p. 260-267), et dans les magasins périmétraux du Nouvel Empire (p. 268-379).

 

          Si l’on note bien une petite inversion dans les légendes des figures 95 et 96 ainsi que, à nouveau, une distance imposante entre certains appels de figures et les figures elles-mêmes, le reste du texte se caractérise par sa densité et offre une heureuse mise à disposition des données récoltées anciennement et demeurées inédites. On notera de la sorte avec intérêt que le radier de fondation en calcaire du Moyen Empire a été posé et mis en œuvre concomitamment aux seuils en granit rose situés dans l’axe du temple (p. 296, n. 5). De même M. Azim fournit un contexte archéologique à diverses pièces architecturales mises au jour et connues depuis longtemps, dont les linteaux et montants de portes de Sésostris Ier signalés précédemment (Cahiers de Karnak VIII, 1987) (p. 324-325 – magasin DB1.n.10).

 

          Dans ses conclusions (p. 380-389), l’auteur souligne qu’il est difficile, à l’issue de ses travaux, d’avoir une vision d’ensemble de la zone centrale du temple de Karnak avec des sondages aussi limités dans l’espace. Il lui est toutefois possible de poser les jalons d’un phasage chronologique relatif des épisodes de construction dans ce secteur. Il constate également une forme de pérennité des structures architecturales et l’existence de magasins périmétraux remontant au Moyen Empire et constituant le modèle de ceux du Nouvel Empire implantés juste au-dessus.

 

          Une deuxième Annexe (p. 392-459) reprend, sous la plume de R. Mensan, la présentation des opérations archéologiques menées entre 2004 et 2007 dans la zone centrale du temple. L’abondance de références alphanumériques à des « Unités de fouille », des « faits archéologiques », des « sondages », etc. rend une lecture suivie du texte pour le moins complexe et ardue, même si cela correspond à la doxa rédactionnelle du « rapport de fouilles ». L’auteur aborde successivement les fouilles menées dans le deuxième déambulatoire sud (p. 393-404), dans l’Akh-menou de Thoutmosis III (p. 405-415), dans le troisième déambulatoire sud (p. 416-418), autour de la plateforme en grès (p. 419-426), dans le deuxième déambulatoire nord (p. 427-438), dans le sondage Ha 15 (p. 439-442), dans les magasins nord et sud de la cour du Moyen Empire (p. 443-458) et, enfin, dans la cour sud du Ve pylône (p. 459).

 

           À propos des travaux effectués autour de la plateforme en grès, l’auteur signale l’existence d’une structure en brique crue (massif AD), mais pour laquelle il ne propose aucun argument pour en identifier la nature (structure anthropique) et ses composantes (briques crues). Il signale toutefois que « des textes (sans précision ou référence bibliographique) » indiquent que le temple était régulièrement inondé ce qui aurait dès lors nécessité de le surélever (et la structure en brique serait la forme la plus ancienne du radier en grès, puis de celui en calcaire) (p. 425). Les figures 236-238 n’illustrent qu’une vaste plage uniforme bleutée sans détail structurel (pas de relevé en brique-à-brique), ce qui n’est donc d’aucune utilité pour se faire une idée plus précise de la pertinence de cette identification. On s’étonne grandement de la formulation conclusive : « Les sondages effectués ont permis de mettre en évidence, sans ambiguïté, la présence d’une structure en brique crue dans la “cour du Moyen Empire” » (p. 426). En fait, on se reportera à L. Gabolde et alii, « Aux origines de Karnak : les recherches récentes dans la “cour du Moyen Empire” », BSEG 23 (1999), p. 46-47, fig. 14, pour avoir un éclairage plus étayé sur cette « structure » en terre. Voir également, sur l’inexistence d’une structure anthropique de ce type, G. Charloux, « Karnak au Moyen Empire, l’enceinte et les fondations des magasins du temple d’Amon-Rê », Cahiers de Karnak XII/1 (2007), p. 199-200.

 

          La troisième Annexe (p. 462-484) consiste en un examen sommaire des céramiques découvertes au cours des travaux archéologiques, et dresse la liste des pâtes et types de formes rencontrés (opération 139, 159 et 160, c’est-à-dire une part très limitée des opérations exécutées sous la direction de G. Charloux et R. Mensan).

 

          La quatrième Annexe (p. 488-509), due à Antoine Garric, est une étude sur les techniques de taille des vestiges en pierre de la cour du Moyen Empire, en particulier de la mise en œuvre des blocs de remplois du radier en calcaire.

 

          L’ouvrage s’achève sur les traditionnelles Bibliographie (p. 512-534), Table des Illustrations (p. 536-546), Table des Index (p. 548-[560]) et Table des Matières (p. 562-565).

 

          En définitive, l’ouvrage proposé par G. Charloux et R. Mensan constitue un imposant volume, très richement illustré, comportant de nombreux tableaux synthétiques d’une réelle utilité, et fournit une quantité impressionnante d’informations sur les vestiges en brique crue mis au jour dans la zone centrale du temple de Karnak, à la fois au début des années 1980 (fouilles de M. Azim) et au début des années 2000 (fouilles de G. Charloux et R. Mensan). Le livre éclaire d’un jour nouveau des structures jusque-là souvent négligées et leur donne toute l’importance architecturale et chronologique qu’elles ont pu un jour avoir au sein du temple. On regrettera toutefois, mais cela est dû à l’ampleur du volume (surtout dans sa version électronique), la distance entre les figures et leur appel dans le texte. De même, l’appareil de références alphanumériques – typique des rapports de fouilles – est un frein à une lecture fluide. Au-delà de ces détails, les auteurs ne font que trop peu – voire pas du tout – appel au matériel découvert précédemment, notamment architectural ou statuaire, ce qui grève sensiblement leur analyse et surtout leur interprétation des vestiges. Ils donnent presque faussement à penser que le temple n’était qu’en brique à l’époque qu’ils étudient. La très grande qualité générale de leur étude de ces vestiges en brique crue aurait ainsi bénéficié d’une mise en perspective de ceux-ci. Il aurait également été souhaitable de les incorporer dans une réflexion plus globale (ou à tout le moins plus complète) sur l’apparence du temple au Moyen Empire sur la base des textes et blocs connus par ailleurs. Malgré tout, leur contribution reste, à n’en pas douter, un apport majeur à notre connaissance du temple à ces époques anciennes (première moitié du deuxième millénaire avant notre ère), et ouvrira la voie à une meilleure perception des différentes phases de construction du monument divin.