Baldoni, Daniela - Berti, Fede - Giuman, Marco (dir.) : Iasos e il suo territorio. Cinquanta anni della Missione Archeologica Italiana di Iasos. Atti del convegno internazionale (Istanbul, 26-28 Febbraio 2011), «Archaeologica» 171; «Missione Archeologica Italiana di Iasos» V. cm 21,5 × 30; pp. xviii-250, Tavv. LXXXVI, isbn 978-88-7689-275-2. Euro 120,00
(Giorgio Bretschneider, Roma 2013)
 
Compte rendu par Fabrice Delrieux, Université de Savoie
(fabrice.delrieux@univ-savoie.fr)

 
Nombre de mots : 2756 mots
Publié en ligne le 2013-10-24
Citation: Histara les comptes rendus (ISSN 2100-0700).
Lien: http://histara.sorbonne.fr/cr.php?cr=1915
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          Situé aujourd’hui dans le sud-ouest de la Turquie, au fond du Güllük Körfezi, à trente kilomètres environ au nord-est de Bodrum, le site d’Iasos en Carie (actuel Kıyıkışlacık) occupe une place importante parmi les chantiers de fouilles de la région. Exploité sans interruption depuis 1960 par la Missione archeologica italiana di Iasos, l’endroit a livré une grande quantité de matériel intéressant toutes les périodes et renseignant bien des sujets. Parmi les trouvailles les plus remarquables figurent par exemple une nécropole du début de l’âge du Bronze mise au jour près de l’aqueduc romain d’Iasos, au nord de la ville (Paolo Emilio Pecorella, La cultura preistorica di Iasos in Caria, Rome, 1984), une longue lettre épigraphique de la reine séleucide Laodice III écrite aux Iasiens en 196 a.C. (John Ma, Antiochos III et les cités de l’Asie Mineure occidentale, Paris, 1999, p. 375-382, n. 26), ou bien encore un volumineux trésor de près de 3 000 monnaies enfoui sous l’agora d’Iasos vers 260 p.C. (Serafina Pennestrí, Fede Berti et Luigi Tono, Bolletino di Numismatica 40-43, 2003-2004, p. 23-262).

 

          La richesse et la variété des vestiges parvenus jusqu’à nous ont été l’occasion de nombreuses publications, souvent essentielles pour qui travaille sur l’histoire de la Carie antique. On pourra en apprécier l’ampleur sur le site électronique de l’Associazione Iasos di Caria (www.associazioneiasosdicaria.org/joomla). Parmi les travaux recensés (plus de 400 à ce jour) figurent une série d’ouvrages produits sous le patronage de la Missione archeologica italiana di Iasos. Le plus récent, dont nous faisons ici le compte rendu, est un recueil d’articles célébrant cinquante ans de fouilles à Iasos et dont les auteurs ont livré le contenu lors d’un colloque international tenu, du 26 au 28 février 2011, à l’Istituto Italiano di Cultura di Istanbul, à l’İstanbul Arkeoloji Müzesi et à l’İstanbul Üniversitesi Rektörlügü.

 

           Dix-sept contributions prononcées à cette occasion ont été réunies par Daniela Baldoni, Fede Berti et Marco Giuman dans un superbe volume de plus de 250 pages augmentées de 84 planches en noir et blanc de grande qualité. Ce livre rappelle les Studi su Iasos di Caria. Venticinque anni di scavi della Missione archeologica italiana, publiées en 1985 dans le supplemento al n. 31-32 du Bolletino d’Arte et consacrées aux vingt-cinq premières années de fouilles menées sur le site d’Iasos. Un quart de siècle plus tard, les avancées de la recherche et la perspective de célébrer un nouvel anniversaire invitaient à faire le point des connaissances du moment sur « Iasos e il suo territorio ».

 

           Pour commencer, Nicolò Masturzo (p. 173-192) rappelle que l’intérêt porté au site ne remonte pas aux premières campagnes des années 1960 mais qu’il convient d’en chercher les plus anciennes traces à l’époque moderne, aussi bien dans le guide nautique de l’amiral ottoman Pîrî Re’îs au début du XVIe siècle que dans le carnet de voyage du britannique George Wheler durant la seconde moitié du XVIIe siècle. Par la suite, les relevés topographiques sans cesse plus précis et les découvertes, en particulier épigraphiques, toujours plus nombreuses ont révélé progressivement le potentiel archéologique du site et justifié sans détour que l’on y fouillât.

 

          D’abord connue pour ses nombreuses inscriptions, objet de bien des attentions surtout depuis le voyage de Philippe Le Bas en 1844, Iasos continue de livrer de nouveaux documents. Parmi les textes trouvés dans le portique ouest de son agora, Fede Berti (p. 70-72) signale notamment une dédicace du début du IIIe siècle a.C. en l’honneur d’Artémis Astias (cf. déjà R. Fabiani, EA 42, 2009, p. 66-71), une vente du sacerdoce de la Mère des Dieux à la fin du IIIe-début du IIe siècle a.C. (commentée par Gianfranco Maddoli, p. 75-80, en attendant la parution du texte dans La Parola del Passato, parmi « alcuni nuovi importanti testi epigrafici di Iasos » [p. 75]), ou bien encore une dédicace du Ier siècle p.C. en faveur d’Héraclès Prophylax Epekoos (étudiée plus longuement dans F. Berti, in : Fl. Raviola et alii éd., L’indagine e la rima. Scritti per Lorenzo Braccesi, Rome, 2013, p. 209-220).

 

          Les textes épigraphiques connus depuis longtemps ne sont pas pour autant négligés et continuent de nourrir la réflexion. Ainsi, en attendant la publication prochaine d’un nouveau corpus des inscriptions d’Iasos réalisé par Roberta Fabiani (I decreti onorari di Iasos. Cronologia e storia, Munich, sous presse), Roberta Fabiani et Massimo Nafissi (p. 37-60) proposent de « tracciare una storia della pratica di pubblicazione dei decreti iasei » (p. 38). La centaine de textes concernés, votés par l’assemblée du peuple entre le début du IVe siècle a.C. et le début du IIe siècle a.C., révèle que, selon l’époque, les autorités locales ont privilégié différents lieux d’exposition : le sanctuaire de Zeus Megistos et l’agora dans un premier temps ; le temple d’Apollon et l’archeion à la fin du IVe siècle ; le portique de Poséidon et le Mausolleion au début du siècle suivant ; le sanctuaire d’Artémis Astias et à nouveau le sanctuaire de Zeus Megistos après le milieu du IIIe siècle. Si le manque de place peut expliquer en partie cette évolution, le glissement des lieux d’affichage de l’espace public vers l’espace sacré invite à fournir d’autres explications. Selon Roberta Fabiani et Massimo Nafissi (p. 59), « mentre prima si era enfatizzata la solennità delle decisioni e la loro importanza per la communità, ora si privilegia la communicazione con il mondo esterno e si valorizza la grandezza dell’onore accordato, grazie alla collocazione del decreto presso la maestà del divino ». En agissant de la sorte, les Iasiens se conformaient à l’usage devenu courant de publier les décrets dans les sanctuaires, s’intégrant ainsi au réseau d’échanges dense de l’époque hellénistique. Les décrets votés en l’honneur de juges étrangers n’échappaient pas au phénomène. Le bel échantillon fourni par l’épigraphie iasienne, et plus généralement carienne, est l’occasion pour Selin Önder et Mustafa Sayar de rappeler le fonctionnement d’une pratique destinée, avant tout aux IIIe et IIe siècles a.C., à ramener le calme et à restaurer la concorde dans les cités déchirées par les dissensions internes (p. 227-229).

 

           D’autres vestiges antiques participent encore au renom archéologique d’Iasos. Mario Benzi et Giampaolo Graziadio (p. 1-19) rappellent que les fouilles menées sur le site ont révélé une présence humaine très ancienne, bien antérieure à la fondation de la cité. À la fin de l’âge du Bronze par exemple, les habitants du lieu entretenaient des relations étroites avec le monde mycénien. Mais nous ne saurions dire, en l’état actuel de nos connaissances, s’ils étaient une sorte de colonie mycénienne implantée en Asie ou s’il s’agissait d’indigènes particulièrement réceptifs. Cette question, importante, sera certainement traitée dans un volume à venir écrit sous la direction de Mario Benzi sur l’âge du Bronze récent à Iasos.

 

          Travaillant sur des époques plus récentes, Abdulkadir Baran (p. 217-225) utilise des fragments d’architecture monumentale iasienne pour discuter l’idée selon laquelle on ne connaissait pas la frise continue ionique à l’époque archaïque, tandis que Maurizio Landolfi (p. 105-117) et Antonella Romualdi (p. 119-126) attirent l’attention sur le sanctuaire de Zeus Megistos et sur celui de Déméter et Korè. Situé dans la partie nord-est de la ville, le premier endroit a livré un abondant matériel votif (à commencer par de belles figurines en terre cuite archaïques et classiques), attestant que les lieux, munis d’un petit bâtiment à la fin de l’époque classique/début de l’époque hellénistique, furent fréquentés au moins du VIe siècle a.C. au temps des Sévères. Édifié au sud de la ville, le sanctuaire de Déméter et Korè n’était pas en reste, comme l’attestent les nombreuses offrandes dont la datation inscrit aussi la fréquentation du site dans la longue durée.

 

          Si les lieux d’investigation et les découvertes n’ont donc pas manqué au cours des années écoulées, l’agora d’Iasos et ses environs immédiats ont quand même fait l’objet d’une attention toute particulière, comme en témoignent plusieurs contributions au colloque d’Istanbul. Luigi Donati (p. 21-36) présente ainsi deux fontaines mises au jour sous l’angle sud-ouest de la place et que l’on sait avoir été fréquentées aux VIIe et VIe siècles a.C. pour la plus ancienne (cf. déjà M. A. Ibba, in : Accademia delle scienze di Ferrara, Iasos tra VI e IV sec. a.C. : Miscellanea storico-archeologica, Ferrare, 2004, p. 73-99), aux VIe et Ve siècles a.C. pour la plus récente. Les fragments de céramiques trouvés sur place, pour une bonne part d’origine milésienne, suggèrent que la première fontaine devait être un bâtiment public et renforcent un peu plus l’idée que la cité entretenait alors des relations suivies avec l’Ionie (« the relationship with Miletus is more and more intense », p. 33). Pour sa part, la seconde fontaine témoigne, non seulement d’une réorganisation de l’endroit, « prefiguring the asset of the agora of the 4th century B.C. » (p. 34), mais des bouleversements politiques dont le sud-ouest de l’Asie Mineure a été le théâtre au début de l’époque classique (effacement de Milet, arrivé en force d’Athènes).

 

           De son côté, Fede Berti expose le résultat des fouilles réalisées à l’emplacement du portique ouest de l’agora (p. 61-74). À cet endroit, la moisson de matériel a été abondante, variée et très prometteuses pour les recherches à venir. Ont été ainsi dégagées une enfilade de salles abritant des textes épigraphiques de toutes époques, des morceaux de statues représentant notamment la Déesse Mère et une Muse, des éclats d’architecture ou bien encore un fragment de bas-relief montrant sans doute un aurige. Si ce dernier vestige (à rapprocher de Cl. Laviosa, ASAA 50-51, n. s. 34-35, 1972-1973 [1975], p. 397-418) est à l’évidence archaïque, le reste des trouvailles appartient le plus souvent au milieu ou à la fin de l’époque hellénistique.

 

           Enfin, Maurizio Michelucci (p. 81-93) revient sur deux dépôts votifs découverts au début des années 1970 près du centre de l’agora (cf. une première présentation des trouvailles dans le Supplemento al n. 31-32 du Bolletino d’Arte, 1985, p. 93-103). Datés de l’époque augustéenne, ces endroits abritent un abondant matériel céramique courant des dernières années du Ier siècle a.C. au premier quart du Ier siècle p.C. Les centaines d’objets mis au jour consistent surtout en lampes à huile de type notamment italique, éphésien et cnidien (certaines ornées de boucliers et d’épées, de combats de gladiateurs, de bustes de divinités, ou bien encore de Victoires), mais aussi en coupes, en plats, en vases et en bols en grande majorité sigillés. Encore aujourd’hui, nous ignorons à quel(s) culte(s) précis ces dépôts étaient liés. En revanche, ces derniers apportent de précieuses indications sur les aménagements successifs de l’agora sous l’Empire.

 

          Plus au sud, à l’est de l’exèdre d’Artémis Astias, Sebastiana Lagona (p. 95-103) présente une petite construction donnant sur une rue longeant le complexe sacré en direction de l’agora. Les vestiges trouvés à l’intérieur, parmi lesquels deux vasques en marbre, des amphores, des monnaies, de nombreux coquillages, des fragments de céramiques en quantité, nous renseignent sur la nature commerciale de l’endroit. Installé dans un quartier populaire et artisanal, ce qui fut de toute évidence une boutique, que Sebastiana Lagona date des IIIe-IVe siècles p.C., proposait au client « un po’ di tutto, ma in particolare il pesce » (p. 101), produit dont on sait l’importance pour les Iasiens. Raffaella Pierobon Benoit (p. 193-200) revient justement sur la place des fruits de mer dans leur cité, en particulier sur celle des crevettes mentionnées au IVe siècle a.C. par Archestratos de Géla (cité dans Athénée III, 105e). Ce témoignage fait l’objet d’un commentaire minutieux conduisant à replacer la mention d’Iasos, « cité des Cariens » (non « de Carie », formule pourtant plus courante), dans un contexte plus identitaire (la « caricità … probabilmente nata in ambiente anti-ecatomnidi », p. 200) qu’économique.

 

          Cette identité carienne transparaît aussi, dans la chôra d’Iasos, parmi les constructions que l’on attribue traditionnellement à l’architecture lélège. Lucia Cianciulli (p. 201-215) a recensé plus de 120 structures « peculiari per tecnica edilizia, sviluppo planimetrico e strategie di insediamento » (p. 201) : le plus souvent des édifices avec ou sans clôtures, des petites tours et des fortins dont on trouve d’autres exemplaires entre Milet et la péninsule d’Halicarnasse. Ces constructions attestent, encore à la fin de l’époque classique, non seulement la vivacité de la « caricità », mais les liens étroits existant alors entre les populations cariennes et l’espace civique dans lequel elles évoluaient.

 

          Toujours hors les murs d’Iasos, au nord et à l’ouest de la ville, Daniela Baldoni (p. 134-160) fait le point sur les pratiques funéraires dans la cité à l’époque hellénistique d’après une série de tombes à chambre et à ciste édifiées entre le IVe et le IIe siècle a.C. Après une présentation détaillée des monuments, l’auteur fait connaître les objets nombreux et variés (parmi lesquels des miroirs, des monnaies, des vases, des coupes, des balsamaires en grande quantité, des lampes à huile ou bien encore des statuettes) découverts dans plusieurs d’entre eux.

 

          Pour finir, le colloque d’Istanbul souligne que, outre les fouilles à proprement parler et l’étude du matériel sorti de terre, la Missione archeologica italiana di Iasos a mené un vaste programme de mise en valeur du site et de restauration de ses constructions par anastylose. Ainsi le monument funéraire romain de Çanacık Tepe, la tour byzantine à l’entrée du port de même que le bouleutérion ont-ils retrouvé une partie de leur splendeur passée. Des travaux importants ont été menés également dans la maison dite « des mosaïques » et dans le mausolée romain connu sous le nom de Balık Pazarı. Simonetta Angiolillo et Marco Giuman (p. 127-134) rappellent que la premier édifice, mis au jour dans la partie sud de la ville antique, est une domus édifiée au IIe siècle p.C. et qu’elle était toujours habitée au Bas-Empire. Une bonne fortune a permis qu’elle conservât une partie de sa riche décoration intérieure : des mosaïques (surtout géométriques) au sol, des fresques encore visibles sur certains murs. De son côté, Roberto Parapetti revient sur l’anastylose du mausolée de Balık Pazarı dans les années 1960 (p. 161-172). Édifié au IIe siècle p.C. et pris longtemps pour un marché aux poissons (d’où son nom turc) avec son petit temple à chambre hypostyle, son quadriportique et ses nombreuses salles pour certaines mosaïquées, le complexe funéraire fut en partie reconstruit pour accueillir l’antiquarium d’Iasos. Si la reprise du chantier, longtemps interrompu, devait avoir lieu, il faudrait au préalable démonter le petit temple, mieux connu qu’autrefois, pour corriger les erreurs commises lors de sa première restauration.

 

          Les travaux envisagés sur le site de Balık Pazarı montrent à eux seuls que cinquante années de fouilles n’ont pas épuisé la recherche en territoire iasien. Non seulement la Missione archeologica italiana di Iasos continue de faire connaître les trouvailles encore inédites réalisées tout au long de la période, mais on peut croire que les prochaines campagnes menées dans la ville d’Iasos et sa chôra fourniront un matériel aussi riche que celui auquel le colloque d’Istanbul vient de donner accès.

 

 

Table des contributions :

 

- M. Benzi et G. Graziado, « Iasos nel Tardo Bronzo III. Un sito 

miceneizzato alla periferia del mondo miceneo » (p. 1-19)

- L. Donati, « Agorà. The Fountains and the Archaic Period » (p. 21-36)

- R. Fabiani et M. Nafissi, « La pubblicazione dei decreti a Iasos : 

cronologia e topografia » (p. 37-60)

- Fede Berti, « Tra mura e porte urbane : ricostruzioni, ipotesi e 

proposte a margine della stoà occidentale dell?agorà di Iasos » (p. 61-74)

- G. Maddoli, « Vendita del sacerdozio della madre degli dei a Iasos » 

(p. 74-80)

- M. Michelucci, « Le stipi votive dell?agorà e l?agorà augustea » (p. 81-93)

- S. Lagona, « Uno spazio commerciale di fianco all?esedra di Artemide 

» (p. 95-103)

- M. Landolfi, « La coroplastica votiva dal santuario di Zeus Megistos 

» (p. 105-117)

- A. Romualdi, « Materiali dal santuario di Demetra e Kore » (p. 119-126)

- S. Angiolillo et M. Giuman, « La ?casa dei mosaici? : una domus 

nella Iasos romana » (127-134)

- D. Baldoni, « Riti, usi e corredi funerari a Iasos in epoca 

ellenistica » (p. 135-160)

- R. Parapetti, « Anastilosi grafica del monumento funerario nel Bal?k 

Pazar? di Iasos » (p. 161-172)

- N. Masturzo, « Viaggiatori, epigrafisti e disegnatori. La topografia 

di Iasos dal 1600 a oggi » (p. 173-192)

- R. Pierobon Benoit, « Archestrato e Iasos : note a margine » (p. 193-200)

- L. Cianciulli, « L?architettura lelega nella chora di Iasos » (p. 201-215)

- A. Baran, « Arkaik dönem ion mimarisinde friz Kullanimi » (p. 217-225)

- S. Önder et M. H. Sayar, « Foreign Judges in Caria » (p. 227-229)