Poulain, Martine – Queyrel, François – Paquot, Gérard (dir.): Éclats d’antiques. Sculptures et photographies, Gustave Mendel à Constantinople. Catalogue d’exposition, 260 pages, 15,3 x 23,5 cm ; EAN13 : 9782200287597, 30 €
(Armand Colin, Paris 2013)
 
Compte rendu par Ludovic Lefebvre
(ludovic.lefebvre@orange.fr)

 
Nombre de mots : 2674 mots
Publié en ligne le 2016-02-09
Citation: Histara les comptes rendus (ISSN 2100-0700).
Lien: http://histara.sorbonne.fr/cr.php?cr=1923
Lien pour commander ce livre
 
 

          Cet ouvrage a été publié à l’occasion de l’anniversaire de la parution, en 1912-1914 à Constantinople, du Catalogue des sculptures grecques, romaines et byzantines des Musées impériaux ottomans, réalisé par Gustave Mendel et qui  accompagne l’exposition « Éclats d’antiques », qui s’est tenue du 24 avril au 30 juillet 2013 à l’Institut National d’Histoire de l’Art (galerie Colbert, salle Roberto Longhi). Le livre est structuré en quatre parties (dont l’une consacrée aux œuvres exposées) et regroupe seize contributions.

 

         La première partie s’attache à « Gustave Mendel et l’histoire du musée », avec tout d’abord un article écrit par Zeynep Kiziltan, « Les musées archéologiques d’Istanbul, d’hier à aujourd’hui » (p. 23-40, turc et français), qui rappelle l’histoire des trois musées antiques stambouliotes, avec l’action fondatrice de Fethi Ahmet Pasa (mort en 1858), qui rédigea un premier catalogue en français, mais aussi de l’Allemand Philipp Anton Dethier, qui participa amplement au développement du musée impérial. Mais c’est le peintre Osman Hamdi Bey, figure omniprésente au fil de ce livre, désigné par le sultan Abdul-Hamid II comme directeur de ce musée, qui permit un essor capital à la muséologie turque. Afin de classer scientifiquement les œuvres du musée, il invita Salomon Reinach à publier un catalogue intitulé Catalogue du Musée impérial d’antiquités de Constantinople, en 1882 et qui eut une longue destinée. Puis, O. Hamdi Bey après des fouilles à Sidon qui s’étaient révélées particulièrement fructueuses, décida de faire construire un nouveau bâtiment muséal, afin d’accueillir notamment de volumineux sarcophages. Cette structure, œuvre d’Alexandre Vallaury, inaugurée en 1891 et appelée justement musée des sarcophages, fut définitivement achevée en 1907 et constituait un élément unique à l’époque.    

 

         Le deuxième article intitulé « Paris-Athènes-Constantinople. Rivalités et collaborations archéologiques en Méditerranée orientale à l’aube du XXe siècle » d’Annick Fenet (p. 43-55) s’intéresse donc aux rapports entretenus par les institutions archéologiques nationales des principales puissances européennes avec l’Orient, notamment à la charnière des XIXe et XXe siècles. Comme on le sait, l’expédition égyptienne de Bonaparte fut un véritable tournant dans la recherche scientifique, et plus précisément archéologique, en jetant les bases d’une recherche méthodique de terrain, tournant le dos à l’amateurisme éclairé (mais aussi parfois pénétrant) du XVIIIe siècle. L’École française d’Athènes fut, pour la France, le fer de lance de cette recherche en Orient. Or, à l’aube du XXe siècle, force est de constater qu’elle avait pris un sérieux retard dans l’appropriation de concessions de chantiers de fouilles octroyées par le pouvoir ottoman, non seulement face à l’Empire allemand qui entretenait des rapports étroits avec Istanbul, mais également face à l’Angleterre ou encore l’Italie. D’autres pays considérés comme plus mineurs en matière de recherche archéologique (Danemark, Autriche…) désiraient aussi s’approprier une part du gâteau prometteur. Les pouvoirs politiques dans un contexte de nationalisme croissant appuyaient leurs centres de recherche respectifs. Or, le gouvernement français manquait parfois de vues, d’ambitions, et rechignait à donner les moyens nécessaires pour des entreprises efficaces, malgré l’œuvre par exemple, d’un Paul Cambon, ambassadeur à Constantinople de 1890 à 1903, trouvant en Théophile Homolle, un relais de poids. C’est justement ce dernier qui allait appuyer la candidature de G. Mendel au poste de Constantinople, en 1904, trouvant en O. Hamdi Bey, francophile, une oreille attentive, aux ambitions françaises. O. Hamdi Bey était en effet fortement empreint de la culture française puisqu’il était venu en 1857 étudier à Paris le droit, mais il y avait surtout trouvé l’opportunité de développer ses talents artistiques (d’influence orientaliste). Il avait d’ailleurs épousé une Française. Néanmoins, O. Hamdi Bey fut accusé de favoriser les archéologues allemands. Il subissait effectivement des pressions de la part du très germanophile sultan Abdul-Hamid II. Il faut surtout lui savoir gré d’avoir eu l’intelligence d’ouvrir les portes de l’archéologie ottomane à G. Mendel et d’avoir donc écouté Th. Homolle.

 

         L’article suivant s’attache justement à la personnalité du sujet du livre, avec la contribution de Hadrien Nafilyan, « Une figure inconnue, l’énigme Gustave Mendel ». Né en 1873, élève de l’École normale supérieure, reçu à l’agrégation de lettres en 1897, puis professeur une année seulement (le métier ne l’intéressa guère) à Belfort, il fut ensuite nommé maître de conférences à Bordeaux comme professeur de  langue et littérature grecques, profession qu’il n’exerça pas. Il rejoignit l’École française d’Athènes puis, dès 1904, et fut attaché aux musées impériaux ottomans, avec des titres divers, pour finalement, abandonner toute recherche scientifique en 1919. Il se consacra alors au monde des affaires. Cette retraite anticipée, aux raisons mal définies, empêcha la reconnaissance du public éclairé ou non. Et pourtant l’homme, le scientifique, fut un grand chercheur, curieux et perfectionniste, affublé d’un grand voyageur qui n’eut de cesse, en outre, de vouloir concurrencer l’Allemagne sur le terrain scientifique. La Première Guerre mondiale lui coûta sa place et Hadrien Nafilyan émet l’hypothèse que ce fut bien ce conflit, enterrant la collaboration franco-ottomane, qui ôta à G. Mendel l’envie de persévérer dans la recherche archéologique.

 

         « L’apport du catalogue de Mendel à la connaissance de la sculpture grecque » de François Queyrel (p. 67-80) rappelle que les trois volumes, riches de 1833 pages et 1413 notices, constituent « l’ouvrage de référence pour la sculpture antique venue de tout l’Empire ottoman » (p. 67), conservée au Musée archéologique d’Istanbul. Il est souligné qu’effectivement depuis sa parution en 1912-1914, ce catalogue n’a pas été remplacé, tout du moins pour la sculpture grecque et romaine. François Queyrel montre à l’appui de quelques exemples, le sarcophage d’Alexandre et la frise de Lagina, l’Apollon de Tralles, la méthode de Mendel, ce qui rend son catalogue si précieux. La prudence, la critique objective, l’intelligence de l’analyse et la qualité des photographies et de leurs notices font de son œuvre un catalogue à part.

 

         Après un aperçu de l’apport du catalogue en matière de sculpture grecque et romaine, « La sculpture byzantine » de Claudia Barsanti (p. 81-93), rappelle que le catalogue de G. Mendel est une œuvre capitale afin d’étudier la sculpture byzantine, et notamment constantinopolitaine grâce à une documentation incomparable. Celui-ci profita d’ailleurs des travaux de modernisation de la ville de Constantinople pour sauver les objets provenant des complexes monumentaux. Mais les découvertes provinrent aussi des découvertes faites par l’institut archéologique russe ou encore, de fouilles menées en Asie Mineure.

 

         Un autre apport capital du travail mené par G. Mendel est illustré par l’article de Isabelle Hasselin Rous, « Gustave Mendel et la publication du catalogue des figurines en terre cuite des Musées impériaux ottomans d’Istanbul » (p. 95-110), catalogue certes, moins volumineux que celui étudié précédemment, mais constitué tout de même de 663 pages, et rédigé en quatre années. G. Mendel fit preuve, là encore, de son érudition et de sa méticulosité, par une étude et une description pointues à travers chaque notice (3554 notices au total), à une époque où, depuis les découvertes de Tanagra, les figurines en terre cuite connaissaient une vogue grandissante auprès du public. G. Mendel accomplit alors un ouvrage d’avant-garde.

 

         La collaboration de G. Mendel avec le pouvoir ottoman, ou du moins les autorités représentant la politique muséale et archéologique, fait l’objet de l’article suivant, écrit par Edhem Eldem, « Gustave chez les Turcs. Mendel au service du pouvoir ottoman » (p. 111-129). Cette collaboration s’étendit peu ou prou sur dix années. Il est important de noter, en guise de préambule, que la documentation permettant de retracer ce parcours est presque exclusivement française et a suscité peu d’études turques. Cette documentation retrace notamment les aléas administratifs de cette carrière, les atermoiements et négociations turcs et français sur la rémunération du chercheur.  G. Mendel bénéficia cependant, dans son travail, de l’appui successif des frères O. Hamdi Bey puis, à partir de 1910, de Halil Edhem, qui lui permit de trouver une solution convenable à sa situation, aboutissant à un contrat lui octroyant, entre autres, mensuellement 3000 piastres, et lui conférant le titre de conservateur des antiquités grecques, romaines et byzantines, ainsi que différents droits y afférant. Tout ne fut pas résolu et le déclenchement de ce qui allait être la Première Guerre mondiale compliqua bien évidemment la position de G. Mendel, Empire ottoman et République française étant dans les camps opposés. Ce contexte compromit, ou du moins freina, l’avancement des travaux de publication et l’on note d’ailleurs, des signes de ressentiment de G. Mendel vis-à-vis des institutions françaises. Toutefois, comme le note l’auteur de cette contribution, l’amertume s’empara de l’archéologue même à l’égard de la Turquie qui écrit : « La guerre a creusé un fossé entre G. Mendel et Istanbul » (p. 128), comme l’atteste la correspondance (devenue irrégulière) avec Halil Edhem Bey.     

  

         La seconde partie s’intéresse davantage à « La fabrique du savoir et l’image » et commence par un court article de Frédéric Barbier, « Histoire du livre et des catalogues » (p. 133-139), qui, après avoir retracé le parcours de G. Mendel, rappelle les procédés de reprographie utilisée par celui-ci à savoir, des dessins réalisés d’après des clichés et imprimés par zincographie, qui donnèrent de très bons résultats. G. Mendel fit d’ailleurs appel à une maison réputée en matière d’impression, l’imprimeur Protat (Mâcon). Il n’est pas impossible que le non-recours à la photographie pour l’illustration du catalogue ait été dû en partie à l’éloignement entre l’auteur décideur (Constantinople) et le lieu de fabrication, bien que ce nouveau procédé d’illustration ait connu une vogue croissante.

 

         L’illustration du catalogue fait justement l’objet de la contribution suivante par Jérôme Delatour, « La fabrique de l’image » (p. 141-149), rappelant que la zincographie est le procédé permettant la présentation, à partir d’un bloc de bois et d’une plaque de zinc, de dessins en relief, insérés ensuite dans un champ de texte et imprimés. Cela entraînait, malgré tout, une perte d’information de la photographie au dessin au trait et en outre, à l’époque, les transformations de couleur (rouge en noir par exemple) étaient flagrantes. Toutefois, G. Mendel renvoya aux numéros des clichés pris par Sébah et Joailler, entreprise de photographies fortement renommée et alors en concurrence à Constantinople avec celle des frères Abdullah, photographe officiel du Sultan, et qui se vit attribuer la tâche de photographier les musées impériaux ottomans. Anecdote révélatrice des façons de faire à cette époque, Sébah et Joailler eut fortement recours au procédé du drap de couleur sombre, aussi bien en extérieur qu’en intérieur, afin d’isoler le sujet de son arrière-plan.

 

         À ce propos, Hélène Bocard analyse la représentation archéologique aux pages suivantes (151-161) avec un article intitulé « De la fouille au musée : l’objet archéologique mis en scène », qui souligne qu’O. Hamdi Bey était très lié à la société Sébah, même après la mort de son fondateur, Pascal, reprise par son fils Jean. La campagne photographique servant à l’illustration du catalogue s’étendit de 1888 à 1912. C’est en effet au tournant des années 1870 que le recours à la photographie se fit plus ardent par les archéologues au détriment du dessin, et Sébah fut donc en pointe dans l’utilisation de ce procédé, profitant des évolutions techniques perceptibles depuis les années 1850.

 

         L’article « Constantinople par Sébah et Joailler » par Frédéric Hitzel (p. 163-171) rappelle la fascination des photographes français pour l’Orient, notamment au lendemain de la guerre de Crimée, devant les Anglais, et loin en tête devant les autres nationalités. P. Sébat ouvrit d’ailleurs son premier studio photographique dans la capitale ottomane dès 1857 et sa réputation s’établit peu à peu, entre 1862 et 1875, en exposant par exemple sur la place de l’hippodrome en février 1863.

 

         Catherine Jolivet-Lévy et Ioanna Lagou s’intéressent ensuite à « Gabriel Millet et ses albums de photographies des sculptures du musée archéologique d’Istanbul. La "Collection chrétienne et byzantineˮ de l’École pratique des hautes études » (p. 173-185). Gabriel Millet eut en effet un rôle de précurseur dans la diffusion de la connaissance de l’art byzantin et fut à l’origine du fonds portant son nom à l’EPHE (Collection chrétienne et byzantine), riche de plus de 100 000 documents d’une grande diversité de supports. À cette fin, il avait pu bénéficier de l’appui de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres dès 1898. Si Louis Bréhier, grand spécialiste de la sculpture byzantine, n’utilisa pas le fonds constitué pour la rédaction de ses deux principales études, il en fut autrement d’André Gabar, successeur de Gabriel Millet à l’EPHE, qui proposa une synthèse volumineuse, parue en deux volumes en 1964 et 1976 et qui recourut à ce fonds.

 

         La troisième partie intitulée « Aujourd’hui et hier », commence par une courte contribution de Catherine Metzger « Permanence et continuité du catalogue » (p. 189-191), qui attire l’attention sur la reprise du catalogue de G. Mendel par Nezih Firatli, conservateur puis directeur du Musée archéologique d’Istanbul, qui a donc procédé à une réédition partielle de celui-ci incluant une remise à jour, notamment avec des tables de concordance entre catalogues et inventaires du musée.

 

         L’accès au plus grand nombre du catalogue fait l’objet de la contribution suivante intitulée « Le Nouveau Mendel. Mise en ligne sur Internet » par Marc Bui, Gérard Paquot, Anne-laure Pierre et François Queyrel (p. 193-203) qui revient sur la collaboration depuis 2009 entre l’INHA et l’EPHE, afin de numériser l’ensemble du catalogue (3 tomes) et la totalité de ses photographies. La base de données et l’utilisation de cette mise en ligne sont également étudiées.

 

         Les soucis inhérents à cette procédure sont vus dans l’article de Gérard Paquot, « Les problématiques de la numérisation de photographies anciennes et de sculptures. Conserver, numériser, mettre à disposition » (p. 205-211), qui note par ailleurs que les plaques de verre ayant servi aux illustrations des tomes du catalogue ont disparu dans les années 1950 et qu’il a donc fallu travailler à partir des tirages sur papier albuminé, présents dans le fonds Doucet de l’INHA et dans celui de Michelet à la Sorbonne.

 

         Le présent ouvrage étant centré sur Constantinople, l’article de Pierre-Marc De Biasi, « Flaubert à Constantinople, 1850 » (p. 213-227), analyse le carnet de voyage de Maxime Du Camp, qui accompagna son ami Gustave Flaubert pendant presque deux années en Orient, et qui écrivit des pages savoureuses sur ses impressions de son escale dans la capitale de l’Empire ottoman.

 

         Enfin, la dernière partie est consacrée au Catalogue des œuvres exposées (p. 229-283), plusieurs annexes complétant l’ouvrage. On peut notamment y contempler des images de Constantinople d’hier, notamment le Musée impérial, et bien évidemment des œuvres antiques splendides, tels des sarcophages, mais aussi des documents sur différents supports (timbres, lettres, plans, gravures…), présentés à l’exposition. Des commentaires détaillés sur les photagraphies décrivent le contexte des prises de vue et les façons de faire de l’époque.

 

         L’ouvrage Éclats d’antiques est donc un bel hommage rendu à Gustave Mendel ainsi qu’à Constantinople qui vivait alors ses dernières années comme capitale ottomane.

 

 

 

Tables des matières

 

Préface. Traces et fortunes d’un catalogue (Martine Poulain – François

Queyrel – Gérard Paquot) : p. 17-20.

 

Partie I : Gustave Mendel et l’histoire du musée : p. 21-129.

Les musées archéologiques d’Istanbul, d’hier à aujourd’hui (Zeynep Kiziltan) : p. 23-41.

Paris-Athènes-Constantinople. Rivalités et collaborations archéologiques :

en Méditerranée orientale à l’aube du XXe siècle (Annick Fenet) : p. 43-55.

Une figure inconnue, l’énigme Gustave Mendel (Hadrien Nafilyan) : p. 57-65.

L’apport du catalogue de Mendel à la connaissance de la sculpture grecque

(Francois Queyrel) : p. 67-80.

La sculpture byzantine (Claudia Barsanti) : p. 81-93.

Gustave Mendel et la publication du catalogue des figurines en terre cuite : p. 95-110.

des Musées impériaux ottomans d’Istanbul (Isabelle Hasselin Rous) :

« Gustave chez les Turcs » (Edhem Eldem) : p. 111-129.

 

Partie II : La fabrique du savoir et l’image : p.  131-185.

Histoire du livre et des catalogues (Frédéric Barbier) : p. 133-140.

La fabrique des images (Jérôme Delatour) : p. 141-149.

De la fouille au musée : l’objet archéologique mis en scène (Hélène Bocard) : p. 151-161.

Constantinople par Sebah et Joaillier (Frédéric Hitzel) : p. 163-171.

 

Partie III : Aujourd’hui et hier : p. 187-227.

Permanence et continuité d’un catalogue (Catherine Metzger) : p. 189-191.

Le nouveau Mendel (Marc Bui - Gérard Paquot - Anne-Laure Pierre - François

Queyrel) : p. 193-203.

Les problématiques de la numérisation de photographies anciennes (Gérard Paquot) : p. 205-211.

Flaubert à Constantinople, 1850 (Pierre-Marie de Biasi) : p. 213-227.

 

Partie IV : Catalogue des œuvres exposées : p. 229-284.