Vistoli, Fabrizio (a cura di ): La riscoperta della via Flaminia più vicina a Roma: storia, luoghi, personaggi. Atti dell’Incontro di studio, 190 p., ISBN: 9788861345393, 40 €
(Edizioni Nuova Cultura, Roma 2010)
 
Compte rendu par André Buisson, Université Lyon III
(andre.buisson@univ-lyon3.fr)

 
Nombre de mots : 1346 mots
Publié en ligne le 2013-08-20
Citation: Histara les comptes rendus (ISSN 2100-0700).
Lien: http://histara.sorbonne.fr/cr.php?cr=1993
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          L’ouvrage a été publié à la suite d’une rencontre tenue à l’ara pacis de Rome. Il regroupe cinq études autour de la via Flaminia. Tous les chemins mènent à Rome, suivant le dicton populaire, mais dans l’Antiquité tous les chemins importants sortaient de la Ville, comme l’indique le segment bien connu de la Table de Peutinger. La via Flaminia, sujet de l’étude collective éditée par F. Vistoli, est l’une des plus anciennes et des plus stratégiques d’entre elles, construite avant la seconde guerre punique pour rejoindre le territoire de la Gaule cisalpine chez les Sénons.

 

          La méthode proposée par les auteurs de ce beau livre est fondée sur une recherche d’archives, qui leur a permis d’exhumer et de revisiter les journaux de fouilles anciennes et de les mettre en parallèle avec d’autres fouilles plus récentes. Le résultat est un corpus de témoignages sur la voie elle-même, sur les riverains antiques et prestigieux (Ovide, Livie) de cet axe routier, et sur le fondateur lui-même. Sa construction faisait d’elle l’une des voies d’Italie les plus fiables et les plus fréquentées, en prolongement de l’Emilia, plutôt que l’Aurelia, comme le montre le gobelet de Vicarello, avec une mention spéciale pour les ouvrages d’art, pont sur le Nera, pont Milvius, tunnel des gorges du Furlo (achevé sous Auguste et Vespasien).

 

          F. Vistoli présente tout d’abord un état de l’art et des perspectives de recherches sur le sujet. Pour ce faire, il réveille les témoins en revisitant les voyageurs qui, depuis le 16e siècle, ont relaté, quelquefois en latin, leur périple dans le « beau pays ». Laissant sur leur flanc l’oppidum de Cività Castellana, ils arrivaient à la Ville en longeant la villa de Livie « ad gallinas albas » dont les marbres fascinaient. Après avoir longé les mausolées, ils apercevaient le pont Milvius, et la porta Flaminia leur ouvrait enfin la porte de la cité à travers la muraille d’Aurélien. Sont ainsi mobilisés des noms prestigieux comme Érasme, Montaigne, Johan Fichard, Bartholomaeus Sastrow et autres Jacques de Villamont ou encore Arnoldus Buchellius.

 

          F. Laddaga évoque ensuite la genèse de la voie, à travers l’action du censeur Caius Flaminius, puis en examine l’histoire. C’est l’occasion d’effectuer un retour sur la technique de construction des voies romaines, grâce aux auteurs latins comme Stace ou Procope, et sur le corpus des « itinéraires », avec Végèce ou l’itinéraire d’Antonin ou la Table de Peutinger. La construction de la voie Flaminia a une genèse politique et stratégique, commencée entre 223 et 220 par C. Flaminius Nepos, comme instrument de pénétration du Picenum vers le territoire des Gaulois Sénons, qui menaçaient Ariminum fondée en 268. Cette même cité fut choisie comme point d’arrivée de la voie (avec l’érection de l’arc d’Auguste), après son aboutissement au bord de l’Adriatique à Fano, après franchissement de l’Apenin, et au terme d’un parcours de 220 milles romains environ. Elle fut prolongée jusqu’à Ravenne lorsque cette dernière devint capitale d’Empire. Abandonnée à l’époque lombarde, elle fut remise en valeur sous la domination franque et sous le Saint Empire, et très largement empruntée par les pèlerins dits « romeus » (ceux qui faisaient le pèlerinage de Rome). Un grand bouleversement eut lieu sous Pie VI qui relia Civita Castellana à la via Cassia et désaffecta ainsi la via Flaminia. Pour autant, l’ultime portion moderne de son parcours vers Rome, entre le pont Milvius et la porta Flaminia, fut remise en vogue par les « entrées » royales, celle de Charles VIII en 1494,, celle de Christine de Suède, celles des papes comme Jules II et Pie VII et des diplomates comme J. Du Bellay ou encore celle de Napoléon Bonaparte. Lors de sa fondation, le point de départ de la voie se situait au pied du Capitole, et lors des aménagements de la partie nord du Champ de Mars, Auguste dut débarrasser la via Lata (actuel Corso) des monuments funéraires qui la longeaient.

 

          F. Vistoli évoque ensuite deux lieux particuliers, les jardins d’Ovide et le mausolée de Tor di Quinto, monument funéraire géminé dit des Nasonii. Le doctus poeta relegatus (p. 51) décrit avec précision l’emplacement de sa villa au-delà du pont Milvius, dominant l’embranchement de la via Cassia sur la Flaminia, à l’emplacement de l’actuel quartier Flemming (cf. T. Ashby), où furent découvertes également, un peu plus loin, les villae de Livie et de Lucius Verus. L’auteur relate ensuite la découverte, dans les années 2000, d’un secteur d’habitat antique, une domus romana à peintures murales et mosaïques de pavement, dont un à emblema avec buste de Silène (p. 56), sur le viale Tor di Quinto dans le secteur de la villa du fameux poète. Le second volet de son étude concerne le mausolée de Tor di Quinto. Une reconstruction de Boni en 1897 près de la villa Blanc a donné de ce monument funéraire un aspect faussé, alors que la reprise des données archéologiques, l’examen des modénatures et des décors sculptés associés à la redécouverte des fondations en caementicium en décembre 1989 fournissent la preuve d’un monument à deux tours géminées datable entre le second et le troisième quart du premier siècle de notre ère (p. 80). L’article se termine par un appendice sur Ovide et la description par les auteurs récents du territoire et des découvertes effectuées (p. 88 sq.).

 

          M.P. Partisani propose ensuite une étude sur la villa de Livie. Elle fournit ainsi un corpus utile de documents sur la statue d’Auguste dite de Prima Porta, le grand vase au mythe de Lycurgue (Vatican) et la salle à peintures de jardins (Palazzo Massimo alle terme) préservée in situ jusqu’après-guerre, puis elle étudie la villa d’otium « comme forme de vie » à travers les comparaisons avec les villae de Pline le Jeune, le couple impérial et la personnalité de Livie et enfin le domaine de Prima Porta, dont elle donne le plan (p. 138).

 

          F. Laddaga revient sur la portion de voie située entre le pont Milvius et Malborghetto, où la voie a été retrouvée pavée lors de fouilles archéologiques récentes, et sur le bâtiment construit au Moyen Âge sur les restes d’un tétrapyle du début du 4e siècle célébrant la victoire de Constantin au pont Milvius. Connu par un dessin de Sangallo, par une reconstitution de Fritz Toebelmann, le monument présente des similitudes avec l’arc de Janus du forum Boarium.

 

          La méthode des auteurs est construite autour d’un large ensemble de documents d’archives, des journaux de fouilles anciennes et récentes et un choix d’illustrations de très grande qualité (photos, tableaux, dessins). La part laissée aux « anciens » est très large, à l’image de celle donnée à l’archéologue Giacomo Boni qui fouilla de nombreux sites entre la fin du 19e s. et l’époque mussolinienne. À la suite de chaque article, un ou plusieurs appendices documentaires permettent de fournir les « preuves », un peu à la manière des études du regretté Raymond Chevallier. Notons à propos du tunnel du Furlo que le toponyme petra pertosa est le même que celui de « pierre perthuis » usité également dans le Jura suisse au lieu du percement du tunnel du même nom (Bienne, Suisse).

 

          Même si le livre ne fournit pas de grandes nouveautés (les actualités archéologiques sont disponibles dans les Fasti), il est de bon aloi. Il pourrait être le catalogue thématique d’une belle exposition didactique, à propos d’une des plus belles voies romaines d’Italie.

 

 

Sommario

 

p. 9 : Francesco Maria Giro, Roberto Cantiani, Aurelio Severini,

Presentazioni

 

p. 12 : Umberto Croppi, Umberto Broccoli,

Premesse

 

p. 14 : Gaetano Messineo

Introduzione


p. 17 : Fabrizio Vistoli,

La via Flaminia antica piu vicina a Roma : stato dell’arte e prospettive future

 

p. 27 : Francesco Laddaga

« G. Flaminius censor viam flaminiam muniit ». Genesi e storia della via Flaminia

 

p. 49 : Fabrizio Vistoli

La via Flaminia non più « devia spinis et terra alte obruta ». Due casi esemplari : gli horti di Ovidio e il mausoleo di Tor di Quinto

 

p. 113 : Maria Pia Partisani

Le galline e gli allori dell’Ulisse in gon,ella ». Note sulla villa di Livia ald Gallinas albas

 

p. 113 : Francesco Laddaga

« Illo die hostem Romanorum esse periturum ». Da Ponte Milvio a Malborghetto : la bataglia di Saxa Rubra e la conversione di Costantino

 

p. 183 : Referenze iconografiche