Linnemann, Johannes Christian: Die Nekropolen von Diokaisareia. Diokaisareia in Kilikien, Bd 3., xv, 247 p., 64 p. of plates, ISBN 9783110257359, 169,95 €
(De Gruyter, Berlin; Boston 2013)
 
Compte rendu par Marie-Thérèse le Dinahet, Université Lyon II
(thereseledinahet@yahoo.fr)

 
Nombre de mots : 2842 mots
Publié en ligne le 2014-10-08
Citation: Histara les comptes rendus (ISSN 2100-0700).
Lien: http://histara.sorbonne.fr/cr.php?cr=2045
Lien pour commander ce livre
 
 

 

          La présentation de ce volume consacré à la ville de Diocésarée en Cilicie trachée (actuellement Uzuncaburç) située sur les contreforts sud du Taurus à l’altitude de 1190 m et à 4km 5 de la ville d’Olba est magnifique aussi bien par la qualité des planches en couleur que par celle des cartes topographiques en annexe. Il faut d’emblée féliciter l’auteur, qui après avoir réalisé des relevés topographiques détaillés - travail à lui seul considérable - et dénombré plus de 750 tombes réparties entre cinq nécropoles, réussit à établir une chronologie relative, alors que peu d’objets ont été retrouvés, les tombes étant depuis longtemps pillées. Cette étude s’appuie sur une patiente comparaison entre les formes de sépulture relevées à Diocésarée et celles attestées dans toute la Cilicie et les régions voisines (Pisidie, Isaurie), ainsi que sur de vastes études comparatives étendues à l’ensemble de l’Asie Mineure pour dater les sarcophages et le décor figuré des monuments. Notons que la tour funéraire hellénistique située au Sud du sanctuaire de Zeus Olbios n’est pas inclue dans cette étude car elle doit faire l’objet d’une publication séparée. Dès le premier siècle a.C., a été érigée une tombe à chambre rupestre datée par le banquet funéraire qui la surmonte (Ost F21, p. 101-103), trois autres tombes rupestres à arcosolium, à façade dorique, sont attribuées au début du Ier siècle de notre ère (West L4, L57, N9, pl.52-53) ; elles appartenaient à l’élite qui gouvernait la ville d’Olba (datation fondée sur les objets trouvés en verre et céramique de l’une des tombes). Mais les nécropoles ne se développèrent qu’à partir de la fondation de la ville de Diocésarée qui se fit autour du sanctuaire de Zeus Olbios et qui est attribuée à l’époque flavienne, époque qui vit la réorganisation de la province de Cilicie et la disparition complète de la scène politique des dynastes d’Olba. Les dernières tombes datées appartiennent au début de l’époque byzantine.

         

         La première partie de l’ouvrage (p.1-150) présente, après un rappel des recherches sur Diocésarée et sur la localisation des nécropoles (chapitres 1-3), une synthèse sur la répartition et la typologie des tombes, sur les décors (chapitres 4-7), et une étude sur les renseignements fournis par les inscriptions (chapitres 8 et 9). Ces chapitres 8 et 9 sont complétés par des tableaux (p. 237- 238) qui donnent les fonctions civiques, religieuses et les activités des défunts et qui classifient les noms grecs, araméens, bibliques, louvites et romains ; nous regrettons néanmoins l’absence de quelques références internes : par exemple, dans le tableau p. 238, qui dresse la liste des inscriptions localisées ou perdues, on ne trouve pas de renvoi aux pages du chapitre 8 reproduisant les inscriptions ; un index général (noms de lieux et sujets traités) manque.

 

         La seconde partie de ce livre (p.151-236) comprend un catalogue des sépultures répertoriées selon un ordre topographique. Il est volontairement succinct, puisque les commentaires détaillés sur les types de tombes, le décor et les inscriptions sont réalisés dans la synthèse. L’auteur donne seulement le type, les dimensions, l’orientation et la référence éventuelle aux inscriptions, en renvoyant à la publication des inscriptions de Cilicie faite dans les ouvrages ou articles antérieurs. Il est dommage néanmoins qu’il n’y ait pas de renvoi aux pages correspondantes du chapitre 8.

 

         Les cinq nécropoles s’étendent le long des routes qui mènent à la ville ; les contraintes géographiques ont imposé une disposition en terrasses superposées aménagées le long des collines ; les plus anciennes sont celles de l’Est et de l’Ouest ; utilisées du Ier au IIIe s., on n’y trouve aucun symbole ni inscription chrétienne ; au Sud et au Nord-Ouest, les sépultures apparaissent aussi dès le haut empire ; ces nécropoles sont abandonnées à partir de l’antiquité tardive qui voit le développement de la nécropole Nord, dans laquelle on trouve une église érigée probablement sur la tombe d’un martyr et de nombreux symboles et inscriptions chrétiens. Si l’on classe les nécropoles selon le nombre de sépultures, la plus importante est celle du Nord : 397 tombes, puis viennent la nécropole Ouest : 145 tombes, Est : 95 tombes, Nord-Ouest : 49 tombes, Sud : 42 tombes. Le classement suivant est adopté. Le chapitre 4 comprend l’étude des sarcophages à cuve libre « freistehende », les sarcophages qui peuvent être déplacés dont 14 seulement sont en place sur les 24 retrouvés, celle des sarcophages rupestres et celle des chamosoria, caveaux creusés dans le rocher et recouverts d’un couvercle comparable à ceux des sarcophages. Le chapitre 5 est consacré aux tombes rupestres (Felsgräber) réparties entre tombes-arcosolium à niches (Arkosolnischengräber), tombes-arcosolium à chambres (Arkosolkammergräber), tombes rupestres à chambre (Feslkammergräber), tombes rupestres à niches (Felsnischengräber). Dans le chapitre 6 sont présentés les monuments funéraires (Grabbauten), en forme de temple (Grabtempel), de maison (Grabhaus) et en forme de colonne. Les grands monuments funéraires peu nombreux ne sont présents que dans la nécropole Est et les sarcophages « freistehende » dans la nécropole Est (12) et Nord (2). Un autel cylindrique figuré est analysé dans le chapitre 7.

 

         Le chapitre sur les sarcophages comprend l’étude du profil des 24 sarcophages à cuve libre ; ces sarcophages sont en calcaire local, à l’exception de deux sarcophages attiques en marbre dont des fragments ont été retrouvés dans la nécropole Est. Le premier, très fragmentaire, (tombeau-temple 3) représente des scènes de combat devant Troie (mort d’Hector, fin du II e ou début du IIIe s.), le second (tombeau-temple 2) montre aussi une scène de combat (datation : entre le second quart du IIe et le milieu du IIIe s. p. C.). Un sarcophage à guirlande à triple volute formée de fleurs et de fruits qui est supportée par des têtes de taureaux alternant avec des têtes de béliers et surmontée d’une tête de Gorgone, fut fabriqué localement ; il s’agit de l’adaptation d’un modèle conçu à Dokimeion (140- 160 p. C.). Un sarcophage à demi achevé (Halbfabrikate) d’origine aussi locale porte sur la face principale deux couronnes qui encadrent une tabula ansata (parallèles à Adrassos et Dalisandos en Isaurie) ; il appartient au IIe–IIIe s. Les sarcophages à cuve lisse bien attestés dans toute la Cilicie trachée sont nombreux ; la localisation de 10 d’entre eux est assurée : 8 sont dans la nécropole Est, 2 dans la nécropole Nord, ceux de la nécropole Est sont attribués au IIe – IIIe s., mais ce type de sarcophage est attesté encore au Ve s., comme le prouve l’inscription portée par un sarcophage de la nécropole Nord qui date de 448/9.

 

         On dénombre 84 sarcophages rupestres, présents surtout dans la nécropole Nord ; après l’analyse des profils, ils sont classés de la façon suivante : sarcophages à buste : 3 (date : IIe- IIIe s.) -sarcophages à cuve lisse : cinq au moins - sarcophages à motif simple isolé : 17 portent un autel (date : dès 160 jusqu’au milieu du III e s.), 6 portent une guirlande dans laquelle s’insère une rosace ou une tête féminine identifiée comme Séléné, 3 une tabula ansata - sarcophages à guirlande soutenue par des têtes de taureaux ou béliers : 5 (datation : à partir du milieu du IIe) - sarcophages en forme de coffre (Truhen-Felssarkophage) : 19 ; ce modèle est très bien connu en Asie Mineure du second au milieu du IIIe s. - sarcophages sans décor ni moulure dont la datation n’est rendue possible que par le couvercle ou monument funéraire dans lequel ils sont insérés (Ier- IIIe s.).

 

         Les couvercles de sarcophage rarement trouvés en place font donc l’objet d’une étude séparée. Ils sont en général en forme de fronton ; les acrotères sont traités de façon sommaire et les tuiles ne sont pas représentées. Ils portent des motifs décoratifs : tête de taureau (un cas), guirlande (7 cas dont 4 dans la nécropole Est) accompagnée parfois d’une grappe de raisin (symbole dionysiaque), de rosaces et d’un Gorgoneion (IIe-IIIe s.), des couronnes (10 cas dont 6 dans la nécropole Est ; étude du symbolisme de la couronne parfois combinée avec rosace et grappe de raisin), tabulae ansatae (16 cas, dont plusieurs qui portent des inscriptions sont datées entre le IIe s. et l’ère chrétienne). Des croix apparaissent sur 29 couvercles, surtout localisés dans la nécropole Nord (15), un symbole juif, le chandelier à 7 branches, est aussi répertorié. Trois couvercles sont exceptionnels ; l’un représente un couple et une femme à demi étendus sur une kliné : il s’agit d’une adaptation locale d’un modèle conçu à Dokimeion qui date de la fin du IIe ou du début du III e s. ; les deux autres couvercles en forme de lion ont des parallèles en Cilicie et Pisidie, ceux qui en sont le plus proches se trouvent en Cilicie trachée, à Demircili et Canbazli (fin du IIe-début du II e s.)

 

         Les tombeaux définis comme chamosorion, des caveaux creusés dans le rocher dont les parois latérales ne sont pas dégagées, sont étudiés aussi dans ce chapitre sur les sarcophages rupestres ; ils étaient recouverts d’un couvercle comparable à ceux des sarcophages ; on compte 85 chamosoria à l’air libre ; quelques-uns ont été aménagés dans des tombes en arcosolium à niches, plus rarement dans des chambres funéraires ; les plus nombreux proviennent de la nécropole Nord ; la datation en est difficile, car ce mode de sépulture s’étend de la création des nécropoles jusqu’à l’époque byzantine.

 

         Le chapitre 5 sur les tombes rupestres présente cinq subdivisions : tombes-arcosolium à niches (Arkosolnischengräber), tombes-arcosolium à chambres (Arkosolnischengräber), tombes à chambre, tombes à niche ; la cinquième partie consiste en une présentation synthétique de l’ensemble de l’ornementation de ces tombes rupestres, c'est-à-dire l’étude des façades à décor architectural et celle du décor figuré et non figuré.

         

         Le type de tombe-arcosolium à niches, très bien attesté dans tout le sud de l’Asie Mineure, l’est aussi à Diocésarée, en particulier dans la nécropole Nord qui ne compte pas moins de 212 exemples ; une niche de forme semi-circulaire est creusée dans le rocher, la niche protège la sépulture, un sarcophage rupestre ou un chamosorion ; la datation en est difficile, car ce mode de sépulture s’étend de la création des nécropoles jusqu’à l’époque byzantine. La plupart ne portent aucun décor ; néanmoins à cinq reprises une archivolte surmonte l’arc orné de fasces ; dans deux cas, l’arc est soutenu par des pilastres ; deux façades en forme de temple de type dorique sont observables aussi dans la nécropole Ouest, une dans la nécropole Est .

 

         Le type de tombe-arcosolium à chambre est bien représenté : 48 cas sont attestés dans la nécropole Nord et 60 dans la nécropole Ouest. Pour pénétrer dans la chambre funéraire, une porte ou une niche surmontée d’un arc en plein cintre était aménagée. Le plan de la chambre est la plupart du temps quadrangulaire, le plafond est plat, une voûte en berceau est rare (2 cas). La tombe est parfois elle-même placée dans une niche aménagée en face de la porte, surmontée d’un arc en plein cintre (5 cas) ou simplement à plafond plat (2 cas). Souvent les chambres comprennent une pièce centrale quadrangulaire avec des niches à arcosolium sur trois côtés (Trifoliakammern). La succession de deux chambres funéraires est rare (2 cas) ; une tombe exceptionnelle (fig. 8) de la nécropole Nord comprend deux chambres et 10 tombes (6 sarcophages rupestres et 4 chamosoria). Dans les chambres, à côté des chamosoria et des sarcophages rupestres, les banquettes funéraires sont fréquemment attestées. Quelques tombes ont un décor architectural : dans la nécropole Ouest, une tombe présente une façade en forme de temple dorique (N9) ; sur deux façades de la nécropole Nord et une de l’Est, deux pilastres encadrent l’arc en plein cintre (E37, E 39, H14). Quelques symboles aussi apparaissent sur la façade des tombes : une main supine, deux chandeliers à 7 branches, un buste d’Hélios.

         

         Les tombes rupestres à chambres sont attestées dans toutes les nécropoles de Diocésarée ; elles sont moins nombreuses que les précédentes (40) ; leurs dimensions sont variables (de 1, 25 m jusqu’à 3, 25 m de côté) ; l’accès à la chambre funéraire se fait par une porte rectangulaire taillée dans le rocher ; parfois la façade porte un décor architectural (fronton au dessus de la porte) ; on observe de façon exceptionnelle un dromos creusé dans le rocher, l’intérieur de la chambre funéraire comprend soit des sarcophages rupestres, soit des chamosoria, soit des banquettes funéraires qui entourent les murs.

 

         Deux types de tombes rupestres à niches sont définis : dans le premier cas, les niches ont une forme de caisson longitudinal de petites dimensions (longueur de 1, 7 à 2, 3 m, hauteur : de 50 cm à 1 m, profondeur de 40 à 70 cm) ; il est probable que des cercueils en bois étaient introduits dans ces niches ; dans le second cas, les niches sont plus larges (jusqu’à 4 m), plus hautes (de 1, 4 à 3 m) et plus profondes (jusqu’à 1, 5m) ; elles renfermaient un chamosorion ou un sarcophage rupestre.

 

         En conclusion de cette partie, l’auteur présente une synthèse sur les façades architectoniques des tombes rupestres, ce qui lui permet de proposer une datation des tombes signalées dans les différents paragraphes concernant la typologie des tombes, synthèse suivie d’une étude des images qui ornent ces façades. La nécropole Ouest comprend trois tombes rupestres à façade dorique, dans laquelle, entre deux pilastres, s’encastre la niche-arcosolium (West L4, West L57 et West N9) ; ce type de monument est rare en Cilicie trachée, comme le montre le relevé des cas connus. Les tombes sont datées, grâce au matériel trouvé dans l’une d’entre elles, N9, et grâce à l’étude des monuments funéraires à façade dorique de l’Asie Mineure, du début de l’époque impériale (première moitié du Ier s. p .C) ; en effet si, durant l’époque hellénistique, en Asie Mineure les monuments funéraires à architecture dorique sont bien connus, ils disparaissent à la fin de cette période. Sur le fronton d’une autre tombe rupestre L58 dont la façade est très endommagée, si bien que l’ordre n’est plus lisible, se trouve un croissant de lune, symbole fréquent sur des tombes de la région du dieu Men, mais l’auteur penche plutôt pour une identification avec la déesse Séléné, car une inscription funéraire provenant du site proche de Kanytelleis invoque à la fois Zeus, Hélios et la Lune. L’arc en plein cintre apparaît sur 9 tombes à arcosolium aussi bien à niches qu’à chambres ; il est parfois souligné d’une archivolte à trois fasces (cf. pl. 55- 4- 8) et en général supporté par des pilastres. Des parallèles existent dans le reste de la Cilicie trachée et en Isaurie mais aussi en Pisidie ; ce type de tombe a dû apparaître à la fin du IIe s. et être abandonné au début du IV e s.

 

         Le décor sculpté sur la façade de ces tombes rupestres est restreint : rosace encadrée de deux feuilles d’acanthe au-dessus de l’entrée dans la nécropole Ouest ( L21), des rosaces et treillis (Nord E1) sous la sépulture, un banquet funéraire au-dessus de l’entrée ( F21) daté grâce au type de la kliné et l’étude stylistique des personnages du IIe -Ier s. a. C. ; deux bustes (Nord D70 et D67) très endommagés appartiennent au IIe-IIIe s. p. C. L’image d’Hélios apparaît en E24 ; enfin un chandelier à 7 branches sur 3 tombes à chambres de la nécropole Ouest (M24, L 69 et N7) ainsi qu’à plusieurs reprises une croix chrétienne (cf. pl. 59, 9-11), une main supine en L43 sont aussi reconnus.

         Deux tombeaux-temples très endommagés ont été retrouvés dans la nécropole Est à proximité de la muraille de la cité (nos 2 et 3) ; les façades étaient tournées vers la route principale ; la datation du bâtiment 2 est possible grâce à l’étude de quelques fragments architecturaux recueillis (base de pilastre, frise et corniche attribuées à l’époque antonine ; les fragments de sarcophage attique trouvés à proximité en proviennent certainement). Pour restituer ces monuments, l’auteur les a comparés aux tombeaux-temples connus dans la région à Imbriogon Komé (Demircili) et à Djambazli. Un autre temple est attesté grâce à un médaillon encadrant un buste masculin qui provenait de son fronton. Trois tombeaux-maisons (Grabhaus, 1, 4 et 5, pl. 62 et 63) ont été aussi identifiés, deux dans la nécropole Est, un dans la nécropole Ouest ; il s’agit de 3 chambres funéraires surmontées d’une voûte en berceau, s’achevant en façade par un arc en plein cintre (Rundbogengräber) ; ce type de monument est fréquent en Cilicie trachée depuis le début du IIe s. de notre ère. La tombe maison 4 est datée, grâce à l’inscription qui a été retrouvée sur le sarcophage rupestre qu’elle protège, du milieu du IIIe ; mais la date des deux autres est difficile à déterminer ; la tombe 5 éloignée de la cité devait appartenir à une villa rustica. Des fragments d’une colonne monumentale de près de 5 m de hauteur proviennent de la nécropole Est ; elle était peut-être placée devant le tombeau-maison 1. Un seul autel circulaire daté du IIe-IIIe s. qui porte les bustes d’un couple a été retrouvé, mais son emplacement d’origine n’a pu être localisé.

 

         Malgré l’absence d’indices (noms de lieux et sujets traités) qui en faciliterait la consultation, cet ouvrage est une contribution majeure à l’histoire de la Cilicie antique, comme à l’histoire de l’art funéraire dans le monde romain d’Asie Mineure dont l’auteur domine parfaitement l’abondante bibliographie.