Graham, Dan - Slade, Kathy (dir.): Nuggets – New and Old Writing on Art, Architecture, and Culture. Édition anglaise, 15 x 21 cm (broché), 240 pages (10 ill. n&b), ISBN : 978-3-03764-198-9 / 978-2-84066-597-7, 15.00 €
(Les Presses du réel, Dijon 2014)
 
Compte rendu par Guillaume Le Bot
(lebotguillaume@yahoo.fr)

 
Nombre de mots : 2749 mots
Publié en ligne le 2017-01-23
Citation: Histara les comptes rendus (ISSN 2100-0700).
Lien: http://histara.sorbonne.fr/cr.php?cr=2149
Lien pour commander ce livre
 
 

 

          Dan Graham est un artiste connu pour sa pluri-disciplinarité : architecture, musique, vidéo, performances, installations. L’ouvrage présente une sélection des meilleurs (« nuggets ») textes et entretiens que l’artiste a produit entre 1967 et 2011. La sélection a été effectuée par l’artiste canadienne Kathy Slade qui connaît bien le travail et la démarche de Dan Graham. La volonté de Kathy Slade était de faire apparaitre à la fois la cohérence du regard sur le long terme et le développement de ses interrogations, depuis les années 1960 jusqu’à aujourd’hui. Les articles témoignent d’au moins trois centres d’intérêt : premièrement, les relations entre les œuvres qu’il analyse et son propre travail (sur la nature du processus créatif, les collaborations par exemple, sur les rapports corps/espace, les échanges monétaires ou encore les systèmes de pensée et classificatoire). Le livre en temps qu’objet revient très souvent (jusque dans les années 1970). Et enfin, l’influence de Marcel Duchamp sur l’art américain des années 1960/70 qu’il souligne à maintes reprises.

 

         L’ensemble des articles ici réunis est indispensable pour celui qui souhaite approfondir ou connaître l’œuvre et la pensée de Dan Graham. Chaque article est l’occasion de mettre en relation son propre travail avec celui qu’il commente. Dans Two Structures/Sol LeWitt, il montre la façon dont LeWitt appréhende l’espace d’exposition, tout à fait semblable à son propre travail (comme dans Correlated Rotations, film super-8 de 1969). On s’étonnera d’ailleurs que Graham ne fasse ici aucune allusion à un travail de mesure et de quadrillage de l’espace d’exposition similaire et contemporain à celui que mène Sol LeWitt : les Measurements Series (1968-1969) de Mel Bochner dont Lucy Lippard a bien souligné l’intérêt dans Six Years. Il met encore son travail en musique et sur le Rock’n Roll en particulier (Rock my religion, 1983/84) en relation avec le travail sur la bande son du vidéaste Darcy Lange (analysé ici dans deux articles).

 

         Dans Joe Colombo, the 1960s and the Neo-1960, il souligne aussi le lien entre un dessin de Joe Colombo (« TV Set Shrine » de 1954) avec sa proposition de 1985, Design for Showing Videos. Comme Colombo, Graham s’interroge sur les habitudes sociales liées à la télévision ainsi que sur son caractère privé, domestique. L’article sur l’étonnante première téléréalité An American Family (1985 – la série date de 1973) est à mettre en lien avec cette question des rapports entre espace public et espace privé questionnés par la télévision ; elle se trouve en outre au cœur de plusieurs de ses œuvres (ses pavillons ou certaines installations vidéos).

 

         Enfin, les conversations entre l’artiste et Rodney Graham (p. 141 et suiv.) ainsi que les deux articles qui traitent de sa collaboration avec l’architecte japonais Itsuko Hasegawa (p. 87 et p. 131) apportent de nombreux éléments sur la façon dont Dan Graham appréhende le processus créatif, sur l’importance de la collaboration entre artistes et personnes exerçant dans des domaines distincts. Il a lui-même d’ailleurs collaboré à de nombreuses reprises avec Jeff Wall, Günther Vogt, Tony Oursler ou encore Michel Butor.

 

         Ensuite, l’objet-livre est pour Dan Graham un sujet central de sa réflexion. Il est pour lui autant un objet qu’un « système linguistique » (p. 23) dont il faut questionner les possibilités tant poétiques qu’informatives. Dans deux articles, « The Book as Object » (1967, p. 23) et « Information » (1969, p. 55), il interroge les possibilités d’organisation de la pensée et du savoir. Dans sa très fine analyse de Card File de Robert Morris (1962, mnam, Paris), il montre le solipsisme de la pensée ainsi que le « système de permutations » que propose l’œuvre qui l’a fait entrer dans un « open-ended future » (p. 24). L’auteur met en lien le travail de R. Morris avec la Boîte Blanche (ou « À L’Infinitif », 1966) de Marcel Duchamp, ainsi qu’avec Le Livre de Mallarmé qui proposent toutes deux de repenser la notion de durée à l’œuvre dans la lecture. Dans Information, texte curieux et inspirant – typique de l’art conceptuel des années 1960 – il décrit plusieurs démarches qui interrogent la structure de l’information et du savoir et proposent de reconsidérer notre façon de d’appréhender l’objet-livre. Ses analyses de Ramon Llull (Ars combinatoria – XIVe siècle et qui a d’ailleurs fait l’objet d’une exposition au macba de Barcelone à l’été 2016), de Borgès (La Bibliothèque de Babel, 1941), de Marshal McLuhan (La Galaxie Gutenberg, 1962) ou encore Le Livre de Mallarmé (1897) servent à expliquer ses propres œuvres : Side Effects/Common Drugs (1966) et Extended distance/Extended time (1969). Est évoquée aussi (p. 59) une autre de ses œuvres littéraires, Scheme (1965) qui poursuit le questionnement décrit.

 

         Enfin, la figure de Marcel Duchamp traverse l’ensemble de ces articles. Dan Graham confirme ici sa place de promoteur de la pensée de Duchamp aux États-Unis dès le début des années 1960, à l’instar de John Cage ou de John Baldessari. Dans « Duchamp/Morris » (1977), Graham questionne la notion d’échange et le rôle de l’économie dans le monde de l’art, question qui traverse l’ensemble de l’œuvre de Duchamp (le cadeau, la gratuité, le marché de l’art). Le travail de Duchamp sert constamment à Dan Graham de précurseur et de guide dans ses analyses : ainsi, le travail de Sol LeWitt est mis en parallèle à plusieurs reprises avec celui de Duchamp (p. 41 et p. 123), de même que les chronophotographies de J.-E. Marey (p. 51) ou encore Card File de Robert Morris (p. 24). Dans sa très bonne analyse de Destroyed Room de Jeff Wall (1978), il renvoie naturellement cette photographie d’une chambre à coucher en ruine présentée dans un caisson lumineux à Étant Donné de Duchamp : « Like Duchamp’s work, it is ambiguously a representation of Nature and artificial Culture » (p. 68). Même dans les articles les plus récents, Duchamp conserve pour Dan Graham son rôle de guide et de garant dans ses analyses.

 

         Pour terminer, on pourra regretter l’absence d’au moins deux articles qui auraient enrichi l’ouvrage : Models and Monuments, article de mars 1967 publié dans la revue Arts Magazine, 41, n°5 : Graham y décrit des pièces de Carl André et de Mel Bochner présentée dans l’exposition Monuments, Tombstones and Trophies, exposition pour laquelle il n’y eut pas de catalogue et dont le texte de Graham permet de connaître la nature des œuvres qui y furent exposées (en particulier une œuvre « anti-forme » de Carl André réalisée avec du sable). L’article est d’ailleurs signalé par Lucy Lippard dans Six Years (p. 25). Il aurait aussi été très utile de reproduire l’œuvre littéraire Scheme de 1966 (2 pages seulement) qui est considérée à juste titre comme « la plus complexe et la plus pertinente de ses œuvres de jeunesse » selon Benjamin Buchloh (dans « Moments of History in the Work of Dan Graham », 1977) et que Graham cite pourtant à plusieurs reprises dans les articles reproduits dans notre ouvrage. Nous aurions aussi souhaité voir reproduit son article de 1975 Other Observations (publié dans For Publication, catalogue d’exposition Otis Art Institute, Los Angeles), dans lequel il commente son œuvre Scheme justement.

 

Liste des articles publiés :

 

  • Dan Flavin. Texte écrit pour la première exposition monographique de Dan Flavin au Museum of Contemporary Art de Chicago. Le texte – reproduit dans son aspect original sur papier cranté – est un assemblage de citations de Dan Flavin lui-même, de ses commentaires personnels, de Don Judd sur Flavin, de l’écrivain d’époque médiévale Nicholas d’Autrecourt et de Roland Barthes à propos de Robbe-Grillet. Graham perçoit très tôt et à juste titre l’importance des notions de temps et de durée, essentielles chez Flavin. Comme pour d’autres artistes conceptuels, Graham insiste ici sur la « démonétisation » de l’œuvre d’art : « the light are untransformed / there are no symbolic transcendental redeeming or monetary added values ». P. 19

 

  • The Book as Object, Arts Magazine, vol. 41, n° 8, 1967. Analyse précise et détaillée de Carl File (1962, mnam, Paris) de Robert Morris que D.G. relie à la pensée de Marcel Duchamp, en particulier à la « Boîte Blanche » ou A l’Infinitif que Duchamp publia l’année précédente, en 1966. Selon lui, l’œuvre de Morris est un « open-ended future » (futur perpétuel), qui renvoie à son propre travail sur le temps. Enfin, il rattache Card File au Livre de Mallarmé. P. 23

 

  • Carl André, Arts Magazine, vol. 43, n° 3, déc. 1967/Janv. 1968. Rédigé suite à l’exposition de 1967 à la Dwan Gallery (Los Angeles). L’article commente ici quelques œuvres majeures réalisées par Carl André : Compound (1965, SFMoMA), Lever (1966, réalisée pour la 1ère fois pour Primary Structures au Jewish Museum de New York – il suit ici l’analyse que André proposa lui-même, i.e., mettre le priapisme de la colonne sans fin de Brancusi à terre) et Cuts de 1967 pour la Dwan Gallery. P. 27

 

  • Oldenburg’s Monuments, Artforum, vol. 6, n° 5, janvier 1966. Dan Graham analyse quelques propositions de monuments faites par Claes Oldenburg, en réponse aux monuments grandiloquents et souvent phalliques habituellement proposés (Graham se réfère ici à la proposition « Wall of Sixteen Million » (1967) de Philip Johnson pour Ellis Island – proposition qu’il qualifie d’ailleurs de « camp »). Graham souligne les relations que les monuments d’Oldenburg entretiennent avec leur environnement, et bien-sûr l’ironie à l’œuvre dans la plupart de ces propositions. P. 33

 

  • Two Structures/Sol LeWitt, End Moments, 1969. A propos de deux œuvres présentées à la Park  Place Gallery en 1966. Réfléchit sur la relation « dialectique » entre l’objet d’art et l’observateur, et place le travail de LeWitt d’une part dans le sillage Joseph Albers/Frank Stella pour les questions de structures et d’autre part dans le sillage de Duchamp/Robert Morris sur la question du point du vue et du jeu avec le miroir. Le texte de Graham n’est, ici, pas toujours d’une grande clarté et peine à définir la nature de la relation à l’œuvre minimale (pourtant clairement définie par Robert Morris dans Notes on Sculpture de 1966 ainsi que par Sol LeWitt lui-même dans Sentences on Conceptual Art en 1969). P. 39

 

  • Photographs of Motion, End Moments, 1969. Sur les débuts de la chronophotographie et la relation entre J.-E. Marey et E. Muybridge. Il évoque brièvement l’invention du révolver photographique par Pierre Janssen qui inspirera Marey et conclue son texte par l’influence de la chronophotographie sur Duchamp et Léger. P. 47

 

  • Information, End Moments, 1969. Dan Graham présente ici les textes qui ont influencé plusieurs de ses œuvres, en particulier Extended distance/Extended time (1969), Side Effects/Common Drugs (1966), Scheme (1966) ou encore Homes for America (1966). Ramon Llull et sa machine à penser (ars combinatoria), Borgès, La Bibliothèque de Babel, Le Livre de Mallarmé et enfin La Galaxie Gutenberg de Marshall McLuhan sont analysés. Il réfléchit à de nouvelles façons de faire circuler l’information, sur de nouvelles façons de lire, d’agencer, de combiner et de traiter le « data ». P. 55

 

  • Duchamp/Morris, Connaissance des Arts, janvier 1977. Court article sur la proposition de Robert Morris de 1969 de se faire rémunérer en plaçant en bourse et en récupérant les dividendes des 50.000 dollars que le Whitney Museum lui octroyait pour l’exposition. Dan Graham place cette proposition dans le sillage de L’Obligation pour la roulette du Casino de Monte-Carlo de Duchamp. P. 63

 

  • Destroyed Room de Jeff Wall, Reallife, n° 3, 1980. Très pertinente analyse de l’œuvre de Jeff Wall : dans ses liens avec la culture « artificielle » des panneaux lumineux publicitaires, la violence et les phantasmes à l’œuvre, ses liens avec la peinture française du XIXe siècle et bien-sûr la relation avec Etant-Donné de Marcel Duchamp. P. 67

 

  • An American Family, TV Guides : A collection of Thoughts About Television, 1985. Graham présente ici les réactions à la première émission de télé-réalité, diffusée en 1973. La vie d’une famille californienne « upper middle class » est filmée dans son quotidien. Il signale le voyeurisme, l’absence d’empathie et starisation d’inconnus (le couple divorce en direct au cours des émissions). Graham relie l’intention au cinéma d’Andy Warhol. P. 75

 

  • Darcy Lange : Work and Music, Video Art, 2001. Graham analyse les documentaires socialement engagés de Darcy Lange et souligne l’importance de ses expérimentations en matière de bande sonore (Steve Reich, La Monte Young, Glenn Branca…), ce qui nous renvoie à son propre travail sur la musique. P. 81

 

  • Children within Public Space : Dan Graham and Itsuko Hasegawa, Dan Graham by Dan Graham, 1997. Il s’agit d’une conversation entre D.G. et son ami Itsuko Hasegawa avec lequel il a collaboré à plusieurs reprises, pour la réalisation de pavillons notamment. D.G. évoque sa collaboration avec Jeff Wall dans Children’s Pavilion alors qu’Hasegawa évoque ses diverses réalisations architecturales. P. 87

 

  • Apocalypse Now : John Martin’s The Great Day of His Wrath, Tate etc., 2006. Dans cet entretien, Graham présente son analyse et les rapports qu’il entretien avec la peinture de John Martin (1851/1853, Tate Modern). Selon lui, Martin capte l’angoisse d’un monde au bord d’un gouffre, d’un profond changement apporté par l’ère industrielle. P. 105

 

  • Darcy Lange : Great Artist and Friend, Darcy Lange : Study of an Artist at Work, 2008. Graham présente le travail de son ami vidéaste dans une perspective anthropologique (sur les Maoris, sur l’Angleterre des années 1970, sur la musique folklorique…). Autour de la question des changements sociétaux apportés par la « business culture » (p. 110). Graham laisse entrevoir des positionnements politiques (« leftist ») à partir de cette date. P. 109

 

  • Golden Age : Daniel Emmanuel on John Miller at Metro Pictures and Friedrich Ptezel Gallery, New York, Texte und Kunst, 2008. Analyse du travail du plasticien américain John Miller, de ses bas-reliefs recouverts d’or en particulier. Avec toujours, sous-jacente, une critique de la société de consommation et des dérives qu’elle a engendrées : « We understand how everthing went to hell with mass consumerism » (p. 116). P. 113

 

  • Joe Colombo, the 1960s and the Neo-1960s, Abitare, n° 484, novembre 2008. Graham émet ici une critique forte de la tendance « Neo 1960s » des architectes et artistes (Andrea Zittel ou Rem Koolhass qu’il cite) qui ne produisent que « de purs simulacres visuels » (« the neo-1960s work is purely visualy simulacrum », p. 121). Il regrette ici que seul l’aspect extérieur des œuvres de Joe Colombo ou le trop méconnu Cedric Price par exemple, aient inspiré de jeunes artistes et qu’ils n’aient rien retenu de leur engagement social et leur ancrage politique. P. 119

 

  • Sol’s Humor, Sol LeWitt : 100 Views, 2009. Brève analyse d’un montage photographique de Sol LeWitt, Schematic Drawing for Muybridge II, 1979, qu’il met en parallèle avec l’humour de Duchamp d’Etant Donné. P. 123

 

  • Experiencing the Body and Time with the Architectural Interior, Abitare, n° 496, octobre 2009. Il met ici en regard le travail de Peter Zumthor, Le Corbusier ou le sofa qu’a présenté John Chamberlain dans le Guggenheim de New York en 1971 pour mettre en perspective son propre travail sur les relations corps-espace-environnement. P. 127

 

  • When American meets Japan : The Influence of American Culture on Postwar Japanese Architecture, Abitare, n° 505, septembre 2010. Il s’intéresse aux travaux des architectes japonais Kazuo Shinahara, d’Itsuko Hasegawa et de Atelier Bow Wow, qu’il met en regard avec les passionnantes théories de Robert Venturi sur l’évolution de l’architecture. P. 131

 

  • Lobbing Potatoes : Dan Graham and Rodney Graham, Art in America, mai 2010. Une conversation entre les deux hommes à propos de l’exposition de Rodney Graham à la 303 Gallery de New York, D.G. relie son travail aux panoramas peints du XIXe siècle et aux couleurs des peintures de Van Gogh. P. 141

 

  • John Chamberlain : Conceptual Artist, John Chamberlain : New Sculpture, 2011. Graham analyse ici les « Foam Sculptures » (sculptures de mousse) de Chamberlain, qu’il resitue dans l’ensemble de son parcours, en les comparant – étonnamment – aux travaux de Don Judd. P. 149

 

 

Sommaire

 

Foreword: Dan Graham's Nuggets


Kathy Slade, p. 9

Dan Flavin (1967), p. 19

The Book as Object (1967), p. 23

Carl Andre (1967–1968), p. 27

Claes Oldenburg's Monuments (1968), p. 33

Two Structures/Sol LeWitt (1969), p. 39

Photographs of Motion (1969), p. 47

Information (1969), p. 55

Duchamp/Morris (1977), p. 63

The Destroyed Room of Jeff Wall (1980), p. 67

An American Family (1985), p. 75

Darcy Lange: Work and Music (2001), p. 81

Children within Public Space: Dan Graham and Itsuko Hasegawa (1997/2003), p. 87

Apocalypse Now: John Martin's The Great Day of His Wrath (2006), p. 105

Darcy Lange: Great Artist and Friend (2008), p. 109

Golden Age: Daniel Emmanuel on John Miller at Metro Pictures and Friedrich Petzel Gallery, New York [with Nicolas Guagnini] (2008), p. 113

Joe Colombo: The 1960s and the Neo-1960s (2008), p. 119

Sol's Humor (2009), p. 123

Experiencing the Body and Time within the Architectural Interior (2009), p. 127

When America Meets Japan: The Influence of American Culture on Postwar Japanese Architecture (2010), p. 131

Lobbing Potatoes: Dan Graham and Rodney Graham (2010), p. 141

John Chamberlain: Conceptual Artist (2011), p. 149