AA. VV.: La Grèce des origines - Entre rêve et archéologie. Catalogue de l’exposition au Musée d’archéologie nationale. Domaine national de St Germain en Laye "La Grèce des origines" (5 oct. 2014 - 19 janv. 2015), 213 p., Dimensions : 22,0 cm × 28,0 cm × 1,5 cm , ISBN : 978-2-7118-6150-7, 35 €
(RMN-GP, Paris 2014)
 
Compte rendu par Béatrice Robert, Université Toulouse Jean Jaurès
(bealithic@yahoo.fr)

 
Nombre de mots : 2525 mots
Publié en ligne le 2015-03-30
Citation: Histara les comptes rendus (ISSN 2100-0700).
Lien: http://histara.sorbonne.fr/cr.php?cr=2392
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          Publié dans le cadre de l’exposition qui s’est tenue au Musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye entre le 5 octobre 2014 et le 19 janvier 2015, le catalogue « La Grèce des origines » convie le lecteur à remonter le temps à travers les grandes découvertes qui ont fait la renommée du monde égéen (Troie, Cnossos, Mycènes, Akrotiri…). Au fil des pages, rencontres avec les premiers découvreurs, approches des différentes méthodes d’investigation mais aussi richesse visuelle des objets mis au jour renvoient tous les passionnés d’archéologie à s’interroger sur l’origine de la culture classique et les sources d’inspiration de l’art moderne. Cet ouvrage est l’occasion de s’arrêter sur les événements qui ont amené la Grèce à protéger son patrimoine et de souligner le lien entre recherche archéologique et contexte géopolitique. Dès le sommaire, Pascal Darcque rappelle d’ailleurs qu’entre la fin du XIXe siècle et la seconde moitié du XXe siècle, l’évolution de la recherche s’inscrit dans une période de tensions (guerre de 1870, Première Guerre mondiale, conflit entre la Grèce et la Turquie en 1922). Entre rivalités politiques et débats scientifiques, chaque pays poursuit un seul et même objectif : rayonner en affichant son dynamisme dans la recherche.

 

          Fort de ses 213 pages et de ses sept grands chapitres ordonnés de manière chronologique, le catalogue s’ouvre sur de nombreux remerciements adressés aux différents instituts, musées, personnes ayant contribué à la mise en place de l’exposition et facilité l’accès aux œuvres et la documentation (cartes, clichés…). Jean-Paul Cluzel (Président de la Réunion des musées nationaux - Grand Palais) et Hilaire Multon (Directeur du Musée d’Archéologie nationale) présentent ensuite l’état d’esprit dans lequel a été conçu l’exposition : une « invitation au voyage » et un profond attachement de l’Europe pour la richesse du patrimoine archéologique grec ; en témoignent les liens qui ont toujours uni l’École française d’Athènes et le Musée de Saint-Germain-en-Laye comme le souligne Alexandre Farnoux.

 

          Le premier chapitre du catalogue est consacré à la découverte des premiers objets préhistoriques : le mobilier lithique nommé « pierres de foudre » et les figurines cycladiques. C’est l’occasion pour Georgia Kourtessi-Philipparkis de revenir sur les hommes qui ont ouvert la voie à cette nouvelle archéologie en Grèce avant que les découvertes d’Heinrich Schliemann ne jettent une ombre sur ce pan de l’histoire : l’historien George Finlay qui, dans les années 1830, démontre l’existence d’outils lithiques sur des sites grecs dont Marathon, jusqu’à présent identifiés comme des armes perses ; le géologue Ferdinand Fouqué qui, en intervenant sur l’île de Santorin en 1866, extrait du mobilier provenant des différentes couches sédimentaires qu’il étudie et met en évidence l’intérêt de la stratigraphie pour une meilleure lecture des anciennes occupations. Ce sont aussi les travaux de François Lenorman et Albert Dumont en 1868 qui confirment l’existence du Paléolithique et permettent de caractériser la période Néolithique par comparaison aux découvertes faites en Europe. Puis Yannis Galanakis aborde l’art cycladique en rappelant que nombre d’œuvres ont été acquises par des collectionneurs et marchands d’art entre les XVIIIe et XIXe siècles. Il note que si les fouilles d’Heinrich Schliemann ont eu pour effet d’exacerber ce marché de l’art, elles ont également ouvert un large champ de réflexions sur la protection du patrimoine à la fin du XIXe siècle et permis la mise en place des réglementations.

 

          Dans le second chapitre, c’est l’île de Santorin qui est à l’honneur. René Treuil revient sur les travaux menés par Ferdinand Fouqué à partir de 1866. Il relate l’exaltation des premières missions sur le site d’Akrotiri (qualifié de Pompéi antéhistorique) dirigées par Claude-Henri Gorceix après 1870 et le dégagement de bâtiments exceptionnels dont les murs ont conservé leur décor peint. Il évoque le désintérêt de l’Académie des Sciences et Belles Lettres pour les premiers résultats des recherches malgré la richesse du site dont témoignent les objets et les archives de fouilles (Artémis Karnava). Il faudra attendre la fouille de Cnossos par Arthur Evans pour que le monde scientifique s’intéresse à nouveau à Santorin.

 

          Le troisième chapitre s’attache aux découvertes faites par Heinrich Schliemann entre 1870 et 1890 à Troie (Hissarlik) et à Mycènes. Olga Polychronopoulou met en parallèle les deux sites qui ont fait sa notoriété. Si tous deux n’ont pas été retrouvés de la même manière (à partir des récits mythologiques pour Troie et des textes de Pausanias pour Mycènes), ils témoignent de la passion de Schliemann pour le monde égéen, de son investissement personnel, mais aussi de la légèreté de ses premières interprétations qui lui vaudra de s’attirer les foudres de ses confrères (notamment la lecture trop idyllique qu’il propose du site de Troie).

 

          La contribution d’Heinrich Schliemann à l’archéologie grecque, c’est la découverte d’objets exceptionnels, le témoignage d’une entreprise de longue haleine (correspondance avec Salomon Reinach), une véritable passion pour l’Antiquité, une source d’inspiration intarissable, un sens de la médiatisation. C’est aussi la présentation d’œuvres spectaculaires au public grâce à l’utilisation de la galvanoplastie qui permettra aux musées d’exposer de nombreuses répliques des « trésors » exhumés. Enfin, c’est surtout l’ouverture d’une fenêtre sur la période mycénienne dans son ensemble (exemple des tombes de Ligortynos) et une réflexion sur l’origine de l’art grec. Entre classicisme et orientalisme, la période mycénienne interroge et crée un certain malaise à la fin du XIXe siècle.

 

          Dans le chapitre 4, Alexandre Farnoux s’intéresse à la Crète minoenne au travers des différentes fouilles réalisées à partir de 1900 et du riche mobilier associé : éléments d’architecture, céramiques, vases en pierre, figurines, sceaux... et surtout les peintures murales de Cnossos restaurées par les Gilliéron. Il rappelle que la situation géographique de la Crète (avec cette nouvelle découverte) a permis de faire avancer la recherche sur l’origine de la civilisation mycénienne et de lui donner un cadre historique. Il s’arrête plus largement sur la découverte du Palais de Cnossos et sur l’apport des fouilles dirigées par Arthur Evans qui sut s’entourer de spécialistes, utilisa les médias pour donner une résonnance au site et établit d’importantes typologies. Il replace enfin ces découvertes spectaculaires et la vision imaginée de la société minoenne (une thalassocratie remontant au XXe siècle av. J.-C.) dans le contexte de l’époque où cette nouvelle civilisation est revendiquée comme art national (avant 1913) et sert de modèle artistique aux européens, en opposition à l’Egypte.

 

          Dans le chapitre 5, Zoï Tsirtoni rappelle que d’autres régions ont retenu l’attention des archéologues au début du XXe siècle. Il met l’accent sur le vif intérêt porté aux populations néolithiques du Ve millénaire avant J.-C., du Nord de la Grèce, dans les régions balkaniques. Les sites, qui s’apparentent à des tumuli, font l’objet d’interprétations variées allant de véritables occupations préhistoriques à des tombes multiples plus hasardeuses. Ce sont Georges Seudre et Alexandre Degrand, soutenus par des érudits français dont le père Jérôme, découvreur de Tell Ratcheff, qui se préoccupent d’abord de la nature de ces étranges monticules et apportent une large contribution méthodologique au domaine de l’archéologie. Anaïs Boucher mentionne alors l’importance des unités françaises de « l’armée d’Orient » au cours de la Première Guerre mondiale avec la création du Service archéologique de l’armée d’Orient en 1916. Malgré un contexte politique peu favorable, cette présence a permis d’enrichir les connaissances dans de nombreuses disciplines mais surtout d’inventorier de nombreux sites archéologiques macédoniens jusqu’alors sous domination ottomane. Elle cite notamment les travaux confiés à Thureau-Dangin et Rey qui ramenèrent une importante documentation et constituèrent les premières classifications typologiques de l’occupation en Macédoine.

 

          Le chapitre 6 aborde la manière dont les civilisations mycénienne et minoenne ont été médiatisées et perçues par le public de la fin du XIXe siècle aux années 1930. Anaïs Boucher indique que la recherche archéologique a largement été diffusée par la presse, pas uniquement scientifique, et que l’engouement des français pour ces populations eut des conséquences immédiates dans les milieux artistiques et littéraires. Le public concerné reste toutefois restreint (la classe la plus aisée de la société) et n’hésite pas à participer à des croisières en Méditerranée pour se rendre sur les sites.

 

          Olga Polychronolopoulou, Nicoletta Momigliano, Anaïs Boucher et Vassiliki Chryssovitsanou complètent le propos en évoquant Paris comme théâtre de ces civilisations. La reconstitution du tombeau d’Agamemnon réalisée par Louis de Launay lors de l’exposition universelle est un exemple significatif de l’intérêt porté à la civilisation mycénienne comme à l’art cycladique qui attire de nombreux sculpteurs tels que Henri Gaudier-Brzeska, Jean Arp, Brancusi ou encore Giacometti. Les découvertes minoennes inspirent les milieux littéraires (Marcel Proust), le théâtre où décors et costumes renvoient aux fresques de Cnossos (La Furie de Désiré Chainaux), la mode qui habille de grands noms comme Sarah Berhnardt (Mariano Fortuny y Madrazo), ou la peinture (Léon Bakst). L’art égéen, totalement intégré à l’Art déco, n’est pas uniquement transposé sur les murs des théâtres, il sert aussi de cadre ornemental à des ouvrages monumentaux comme le paquebot Aramis. Entre transport réel, transport imaginaire et transport émotionnel, tous les supports sont réunis pour inviter au voyage.

 

          Le septième et dernier chapitre de l’ouvrage sert de conclusion. Il fait état de l’actualité des découvertes et des méthodes d’investigations, mais il est aussi l’occasion de faire un point sur son impact dans les milieux artistiques contemporains. Pascal Darcque inaugure ce chapitre en soulignant qu’aujourd’hui l’archéologie égéenne, largement protohistorique, est dissociée de l’archéologie classique tant dans ses objectifs que dans ses méthodes. Avec ses collègues Haris Procopiou, Athina Boliti, Christos Doumas, Andréas G. Vlachopoulos, Françoise Rougemont, il propose une illustration de la pluridisciplinarité en évoquant les progrès réalisés dans les lectures stratigraphiques (à Dikili Tash), la mise en place des phasages (à Malia), l’utilisation de l’ethnoarchéologie et des méthodes de caractérisation (pétrographie et tribologie servant à identifier les matériaux mais aussi les réseaux de productions et de distribution), le déchiffrement des écritures, l’évolution de la muséographie et l’utilité des restaurations et des projets modernes qui participent à la réinterprétation des sites.

 

          Enfin, Anaïs Boucher et Tobias Krapf concluent l’ouvrage en signalant l’omniprésence de l’art égéen dans notre monde contemporain et sur tous les continents. Qu’il s’agisse de la démocratisation du tourisme en Crète depuis 1990, de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’Athènes, des arts comme la bande dessinée ou les mangas (Astérix, Dossier A…), la littérature (The prisoners of Minos), l’opéra (Idoménée de Mozart), le monde de la mode (robes de Karl Lagerfeld), les jeux de plateau … ou encore le cinéma (L’homme qui voulut être roi), tout est prétexte pour évoquer le mode grec et rêver ces anciennes civilisations.

 

          Le catalogue d’exposition « La Grèce des origines » est un ouvrage éclairé sur le développement de la recherche archéologique en Grèce à la fin du XIXe siècle jusqu’à nos jours. Il fait revivre au lecteur l’époque des grandes découvertes des sites de Troie, Cnossos, Akrotiri ou encore Malia. Il le transporte au travers d’objets comme le masque d’Agamemnon, les idoles cycladiques, les peintures murales tels que « les Boxeurs » ou « les Acrobates au taureau » ou encore les vaisselles en or dont un « rython à tête de taureau », les productions céramiques (aiguière de Marseille), les sceaux ou encore les éléments de parure. À ce titre, l’objectif fixé par l’exposition qui s’est tenue au Musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye est parfaitement atteint. Qu’il s’agisse des textes des différents auteurs qui présentent judicieusement une épopée de l’archéologie égéenne, des œuvres et documents (cartes, dessins…) sélectionnés, tous les ingrédients sont réunis pour plonger le lecteur « entre rêve et archéologie».

 

          Si tourner les pages de ce catalogue s’offre comme un véritable plaisir car elles permettent aisément de remonter le temps et invitent au voyage instantanément, un regret demeure. Pour qui n’a pas pu se rendre à l’exposition, il aurait été intéressant d’insérer un plan de l’organisation de l’exposition à l’intérieur de l’ouvrage de manière à suivre le même parcours que le public et revivre chaque escale. Tel qu’il a été pensé, ce catalogue ne s’attache pas assez au lecteur/public qui n’a pu se déplacer (notamment étranger). Pour qui s’est rendu sur place, un plan aurait également été un moyen de re-imaginer/imager sa visite pas à pas.

 

          Concernant la conception même de l’ouvrage, qui est de grande qualité, trois faiblesses peuvent être soulignées. Concernant la forme, le sommaire manque de clarté en raison d’une démultiplication des polices d’écriture et des couleurs qui ne répondent pas forcément à l’organisation interne de l’ouvrage (pages 15 et 16 par exemple). De même, plusieurs chapitres apparaissent inégaux en titres et sous-titres (récapitulatif du sommaire ci-dessous). Ce manque de rigueur pourrait perdre le lecteur. Enfin, sur le fond, il est dommage qu’il ne soit pas fait état de l’actualité de la recherche archéologique en Grèce. Si ce sujet est abordé par les sources d’inspiration, un mot sur les missions présentes aujourd’hui sur le terrain aurait été le bienvenu, de même que son inscription dans l’actualité de la protohistoire européenne.

 

          Malgré cela, « la Grèce des origines » est un ouvrage captivant qui retient l’attention et l’on remercie les auteurs ainsi que toutes les personnes ayant contribué à la mise en place de cette exposition pour cette escapade méditerranéenne.

 

 

SOMMAIRE

 

Les civilisations égéennes au Musée d’Archéologie nationale, Anaïs Boucher (15)

Naissance d’un État et d’une archéologie, Pascal Darcque (16)

 

Les découvertes des premiers objets préhistoriques en Grèce

Pierres de foudre et pierres taillées : l’émergence de la préhistoire en Grèce, Georgia Kourtessi-Philippakis (20)

Les débuts de l’archéologie cycladique, Yannis Galanakis (28)

 

Santorin, une civilisation ensevelie sous la cendre

Une extraordinaire découverte tombée dans l’oubli, René Treuil (38)

  • Les objets de fouilles de Gorceix et Mamet conservés à l’École française d’Athènes, Artémis Karnava (42)

  • Les archives de fouilles de Gorceix et Mamet, Artémis Karnava (48)

 

La révolution archéologique d’Heinrich Schliemann

Schliemann et la fortune de Troie, Olga Polychronopoulou (58)

  • Quelques objets emblématiques des fouilles de Troie, Anaïs Boucher (60)

  • Heinrich Schliemann – Salomon Reinach, histoire d’une correspondance, Anaïs Boucher (68)

Mycènes : de Pausanias à Schliemann, Olga Polychronopoulou (70)

  • Les reproductions par galvanoplastie d’objets mycéniens par Émile Gilliéron & Fils, Seán Hemingway (74)

  • La Crète des Mycéniens : l’exemple des tombes de Ligortynos, Anna Lucia D’Agata (87)

 

Arthur Evans et l’invention des Minoens

Au pays du Griffon, Alexandre Farnoux (100)

  • Les sceaux minoens, Olga Krzyszkowska (108)

  • Les Gilliéron et la restauration des fresques minoennes à Cnossos, Seán Hemingway (119)

 

La Grèce néolithique partie intégrante des Balkans

Les fouilles de Seure et Degrand en Bulgarie, Zoi Tsirtsoni (138)

Le Service archéologique de l’armée d’Orient, Anaïs Boucher (147)

 

La France à la mode égéenne

Mycéniens et Minoens à la une, Anaïs Boucher (154)

Agamemnon à Paris, Olga Polychronopoulou (158)

Paris, cité minoenne, Nicoletta Momigliano (160)

  • La Furie de Jules Bois, « une pièce préhistorique habillée rue de la paix », Anaïs Boucher (162)

  • Le paquebot Aramis ou la rencontre de l’art égéen et de l’art déco, Anaïs Boucher(168)

La réception de l’art cycladique, Vassiliki Chryssovitsanou (175)

 

Les civilisations égéennes aujourd’hui

  • L’archéologie égéenne aujourd’hui, Pascal Darcque (180)

  • Histoire des techniques, Haris Procopiou (180)

  • Toucher pour créer, Haris Procopiou (181)

  • Les haches en pierre polie égéennes à la lumière de nouvelles approches, Athina Boleti (182)

  • Dikili Tash : stratigraphie-habitat, aller-retour, Pascal Darcque (183)

  • Sic transit gloria mundi ! Les fouilles d’Akrotiri depuis 1967 et l’ironie du sort, Christos Doumas (185)

  • Les fresques de la Xestè 3 : nouvelles données, Andréas G. Vlachopoulos (188)

  • Malia, de l’ombre d’Evans à l’autonomie, Pascal Darcque (190)

  • Les écritures créto-mycéniennes, Pascal Darcque (192)

  • Des jeux Olympiques aux mangas japonais : l’art égéen est partout ! Anaïs Boucher, Tobias Krapf, (195)

 

Carte des principaux sites

Les grandes dates de l’histoire du monde égéen

Glossaire

Archéologues, artistes, collectionneurs, géologues, héros, poètes et voyageurs…

Bibliographie