Sonne, Wolgang: Urbanität und Dichte im Städtebau des 20. Jahrhunderts. 359 pages, 240 × 300 mm, 350 illustrations, ISBN 978-3-86922-321-6, 98 euros
(DOM Publishers, Berlin 2014)
 
Compte rendu par Eleonore Muhidine, Université Rennes 2
(eleonore.muhidine@gmail.com)

 
Nombre de mots : 2582 mots
Publié en ligne le 2015-02-25
Citation: Histara les comptes rendus (ISSN 2100-0700).
Lien: http://histara.sorbonne.fr/cr.php?cr=2463
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          Historien de l’art et de l’architecture, Wolfgang Sonne (né en 1965) est titulaire de la chaire d’Histoire et Théorie de l’architecture à l’Université technique de Dortmund, après avoir enseigné à Glasgow, Harvard et Vienne. L’ancien assistant de Vittorio Magnago Lampugnani1 (ETH Zurich, 1994-2003), qui supervisa sa thèse de doctorat2, est aussi commissaire d’expositions d’urbanisme depuis plus d’une décennie3. Avec Urbanität und Dichte im Städtebau des 20. Jahrhunderts, littéralement « Urbanité et densité dans l’urbanisme du XXe siècle », Wolfgang Sonne signe un ouvrage dense et abouti, qui s’adresse plutôt à un lectorat académique, et complété par une iconographie à la fois riche et inattendue. En langue allemande, Dichte (la densité) s’emploie le plus fréquemment sous sa forme adjectivale et désigne alors, soit un trafic intense (dichter Verkehr), soit une pluie drue (dichter Regen), ou un brouillard opaque (dichter Nebel). Pour cet ouvrage, l’historien Wolfgang Sonne fait de ce terme relativement usité le centre névralgique de sa réflexion, un parti-pris audacieux sans pour autant être inédit, puisqu’il s’inscrit dans la lignée d’autres ouvrages scientifiques et notamment celui de Nikolai Roskamm4 (2011) issu d’une thèse de doctorat.

 

          La recension ici présentée s’articule autour de deux axes. Le premier souligne les origines du projet et les institutions impliquées dans son élaboration puis interroge les caractéristiques matérielles de l’ouvrage avec la composition du sommaire et la provenance des sources visuelles. Dans un second paragraphe, la construction de l’objet d’étude, les thèses avancées par l’auteur, l’appareil théorique mis en œuvre et la méthode démonstrative sont analysés, notamment à partir du cas de la reconstruction « conventionnelle » d’après-guerre en Allemagne telle qu’elle est abordée dans le chapitre cinq.

 

          Dans l’introduction, Wolfgang Sonne retrace tout d’abord la genèse de ce projet, présenté comme la synthèse théorique et réflexive d’un parcours académique semé d’expériences, entre rencontres scientifiques, en particulier au sein de l’International Planning History Society (IPHS), commissariat d’exposition et organisation de cycles de conférences. Projet international, cet ouvrage constitue l’aboutissement d’un travail long - plus de dix années - et laborieux, comme le reconnaît lui-même son auteur, qui n’aurait été rendu possible sans le conseil avisé et constant des spécialistes allemands et étrangers qu’il remercie, et l’implication d’étudiants pour la constitution du fonds iconographique. Parmi les institutions évoquées, l’auteur souligne le rôle central que jouèrent l’European Architectural History Network (EAHN), le Royal Institute of British Architects et la Deutsche Forschungsgemeinschaft (DFG) dans l’avancement, en nombreuses étapes, du projet. À la suite de cet éclairage institutionnel, Wolfgang Sonne entreprend une définition détaillée des trois mots-clés qui traversent l’ouvrage : urbanité (Urbanität), densité (Dichte) et Histoire (Geschichte). Déjà, cette première analyse introductive révèle l’un des aspects de la méthode de l’auteur : mettre en parallèle des textes théoriques célèbres (Bruno Taut et « La Dissolution des villes », Jane Jacobs et « Déclin et survie des grandes villes américaines ») avec d’autres, moins diffusés et non traduits, tels que l’encyclopédique Geschichte des Städtebaus en trois tomes de l’Autrichien Ernst Egli ou Die gemördete Stadt de l’Allemand Wolf J. Siedler.

 

          Quant au sommaire, il se déroule à partir de cinq motifs formant cinq chapitres : le bloc d’habitation, la place et la rue, l’immeuble de grande hauteur (ou building), la reconstruction d’après-guerre et la réparation de la ville (Stadtreparatur). Ainsi, le plan général de l’ouvrage se structure autour de six chapitres : le premier est introductif (« Einleitung », p.10-49), le second porte sur l’habitat urbain réformateur (« Reformblöcke für das Wohnen in der Groβstadt 1890-1940 », p.50-117), le troisième s’intitule « Places et rues comme théâtres de la vie urbaine » (« Plätze und Straβen als Bühne der städtischen Öffentlichkeit 1890-1940 », p. 118-183), le quatrième est consacré au building (« Hochhäuser als Generatoren von öffentlichen Stadträumen 1910-1950 », p.184-211), le cinquième à la « reconstruction conventionnelle et traditionnelle » (« Konventionneller und traditionalistischer Wiederaufbau 1940-1960 », p.212-267), et, enfin, le sixième chapitre s’intitule « Réparation de la ville» (« Stadtreparatur 1960-2010 », p.268-327). Si ces cinq chapitres sont de taille égale avec une soixantaine de pages environ, on notera toutefois une exception pour le quatrième qui n’en recense qu’une trentaine.

 

          Pour les sources visuelles, elles proviennent d’archives très dispersées, parmi lesquelles nous citerons les archives municipales des villes d’Essen et de Lyon, les Universités techniques de Berlin et de Darmstadt, l’Académie des Arts et les archives du Bauhaus (Berlin), le musée historique du Havre, les fonds archivistiques d’architectes (Rob Krier, Karl Roth entre autres) mais aussi ceux de périodiques spécialisés (The Architectural Review, Baumeister, Deutsche Bauzeitschrift, Deutsche Architektur). Quant à la nature de ces images, elle est aussi d’une grande hétérogénéité. En effet, au fil des trois-cent-soixante pages qui composent ce volume, le propos est illustré par des photographies d’époque et contemporaines, des vues aériennes et panoramiques, des clichés des maquettes originales des projets décrits, des reproductions de plans légendés, de coupes, d’élévations, de dessins au crayon et à l’aquarelle et même des extraits de carnets de croquis annotés par les architectes. Ces images sont principalement reproduites au format pleine-page ou demi-page. Enfin, avec trois-cent-cinquante illustrations recensées, la répartition entre le texte et l’image reste équilibrée tout au long du livre.

 

          Enfin, parmi les autres détails qui définissent la mise en page, évoquons ces mots-clés qui apparaissent en caractères gras dans le texte. On comprend qu’ils servent d’indicateurs, de repères fournis par l’auteur - noms propres et communs confondus pour faciliter la lecture et orienter le lecteur dans le dédale d’informations exposées. Enfin, les annexes, peu nombreuses, réunissent les notes de bas de page assorties de références bibliographiques (p. 328-349), les sources des images (p. 350-351) et le registre des noms (p. 352-57) et des lieux cités (p. 358-59).

 

          À présent, étudions le contenu théorique développé dans Urbanität und Dichte. Ainsi, quelle(s) thèse(s) avance Wolfgang Sonne dans cet ouvrage ? Dès les premières pages, l’auteur en esquisse les contours de la manière suivante : « Au cours du XXe siècle s’est développée en Europe et en Amérique du Nord une théorie favorable à un urbanisme dense et attestée par de nombreux exemples et positions. »5 Quelques pages plus loin, il développe un peu plus cet argumentaire : «  […] la thèse d’un urbanisme moderne, qui ne se définit pas uniquement en terme de tendances avant-gardistes et pour la dissolution urbaine, mais aussi à travers des principes plus conventionnels, se vérifie. Les deux orientations, l’anti-urbain chez les Modernes et les pro-urbains chez les Traditionnalistes, s’entendaient elles-mêmes comme modernes.»6 Ainsi, l’auteur invite à une relecture de l’histoire architecturale et urbaine du XXe siècle à travers le prisme de la densité entendue comme concept, un principe qu’il considère comme au moins tout aussi influent que son exact opposé, le vide. En d’autres termes : à l’encontre des représentations de la ville « contemporaine » largement diffusées (Le Corbusier, Hilberseimer) et qui mettent en exergue la quête architecturale d’un espace sculpté par le vide (tabula rasa), Wolfgang Sonne démontre que cette production fut tout autant marquée par l’idée antinomique de l’horror vacui. Si l’auteur suggère un nouveau regard porté sur la dichotomie qui oppose généralement tradition et modernité, et démontre que l’urbanisme « moderniste » fut traversé par des idées empruntées à l’architecture traditionnelle, il défend aussi une vision tempérée des moments de rupture qui jalonnent cette historiographie7. Défiant une vision exclusivement progressiste, Wolfgang Sonne s’attache à démontrer – citations et images à l’appui que les figures de la modernité « radicale » furent marquées par des idées imputées à leurs opposants conservateurs, et inversement. Enfin, la radicalité de ce projet d’écriture se mesure à la volonté de l’auteur de dépasser la compilation de projets d’architecture et de textes théoriques abordant la question de la densité urbaine pour tenter une réécriture du « projet moderne »8 à partir de ce principe.

 

          Afin de mieux saisir les subtilités de cette méthodologie, penchons-nous sur l’étude du cas de la reconstruction « conventionnelle » d’après-guerre en Allemagne (p. 216-245). De prime abord, les bornes chronologiques (1940-1960) peuvent surprendre le lecteur : la reconstruction serait-elle déjà en marche un an après le déclenchement du conflit ? Wolfgang Sonne nous apprend en effet que, par exemple, Albert Speer envisage dès 1943 la reconstruction du réseau de transports et la poursuite de l’assainissement de l’habitat urbain ; ses idées seront inscrites dans la reconstruction du pays après 1945. Dans une première sous-partie intitulée « Deutschland : Bücher », l’auteur relève les essais publiés durant cette période et représentatifs de l’imbrication étroite de tendances a priori contradictoires. Sont citées les œuvres écrites d’Heinz Wetzel, représentant de l’école de Stuttgart qui s’opposait déjà en 19429 au pavillonnaire et à la reconstruction à l’identique – et ce, malgré d’étroits liens avec l’architecture régionaliste-, de Philipp Rappaport10, directeur de l’Union régionale des cités d’habitation de la Ruhr et partisan d’une architecture dense et haute, d’Albert Denecke, proche collaborateur d’Emil Fahrenkamp11 et auteur d’un essai (1946) célébrant la renaissance d’un « art de bâtir »12 [Stadtbaukunst] dans l’esprit du théoricien Camillo Sitte, ou encore Adolf Abels, qui préconise dès 195013 la prise en compte des « mouvements intermédiaires » [Durchbewegungen] dans la planification urbaine.

 

          Après avoir déroulé les contours de cette reconstruction théorique en demi-teinte14, à la fois chargée de références classiques et contemporaines, Wolfgang Sonne étudie la reconstruction matérielle (« Deutschland : Städte »), à travers les cas de Munich (p. 226-232), Münster (232-235), Rothenburg (235-236), Dortmund (236-238) ou Kassel (239-240). Selon l’auteur, ces exemples sont en effet représentatifs d’un nouveau rapport à la tradition qui se noue après la guerre, non pas selon une interprétation national-socialiste telle qu’elle fut défendue par Paul Schulze-Naumburg et Paul Schmitthenner15, mais dans une relecture apolitique, ou du moins détachée de revendication partisane. Puis, en fin de chapitre, l’auteur s’intéresse à la reconstruction en RDA (p. 240-243) pour finir sur l’analyse du cas de Dresde (243-245). Ainsi, à Munich par exemple, le réaménagement de la Marienplatz est envisagé dès le lendemain de la capitulation. L’architecte Karl Meitinger (1882-1970) propose l’élargissement des voies qui l’entourent pour fluidifier la circulation et la création d’arcades piétonnières. Et bien que l’architecte défende une renaissance de la substance constructive historique [Bausubstanz], il adapte une telle projection idéalisée aux besoins de ses contemporains.

 

          En résumé, nous pouvons ainsi définir la méthode mise en œuvre par l’historien : au regard et à l’appui d’un important corpus de textes théoriques, Wolfgang Sonne réunit des projets rarement convoqués en un seul volume, et qui génèrent ensemble une autre lecture de la discipline urbanistique, en marge de - ou à mi-chemin entre - plusieurs écoles et tendances généralement acceptées comme contradictoires. Il s’agit donc d’un travail qui opère des décentrements certains. Ce projet ambitieux se traduit concrètement par le choix d’un milieu (une ville, un pays) exposé à travers un thème (l’habitat urbain, la reconstruction ou l’espace public) et dont l’ensemble mène à une surprenante « Histoire de la densité dans l’urbanisme du XXe siècle ». Grâce une telle construction de l’objet de recherche, notre auteur aborde la périlleuse entreprise de réécriture du projet architectural moderne, engagée depuis plusieurs années par d’autres spécialistes internationaux, ici dans une approche encyclopédique qui fait la part belle aux exemples, citations et références bibliographiques.

 

          « À travers ce choix d’exemples bâtis et d’opinions écrites, j’ai voulu démontrer que tout au long du XXe siècle, nombre de tentatives ont été menées en vue de faire jaillir une [autre, NDT] urbanité. »16 confie Wolfgang Sonne dans la conclusion, avant d’appeler à une redéfinition de l’urbanisme allemand et de ses enjeux actuels. À la manière d’un manifeste artistique, la dernière page expose et définit les concepts qui, d’après l’auteur, traversent l’urbanisme passé et à venir. Ces dix termes déclinés à partir du mot « ville » seraient-ils aussi les mots-clés qui structurent, en filigrane, cet ouvrage ? Les voici dans leur ordre d’apparition : théorie de la ville [Stadttheorie], image de la ville [Stadtbild], architecture de la ville [Stadtarchitektur], histoire de la ville [Stadtgeschichte], identité de la ville [Stadtidentität], société urbaine [Stadtgesellschaft], politique de la ville [Stadtpolitik], économie de la ville [Stadtökonomie], transports [Stadtverkehr] et enfin, environnement urbain [Städtische Umwelt]. Sans aucun doute y jouent-ils un rôle essentiel et permettent, ainsi présentés, d’aborder la fonction d'historien selon d’autres perspectives, notamment pour l’expertise de notre présent.

 

 

 

1 Vittorio Magnago Lampugnani, né en 1951 à Rome, est architecte, historien et théoricien de l’architecture. Actuellement Professeur d’Histoire de l’urbanisme à l’ETH de Zurich, il fut conseiller scientifique lors de l’Internationale Bauausstellung-IBA-Neubau de Berlin-Ouest dans les années 1980. Rédacteur pour de multiples revues d’architecture, il est également l’auteur de projets construits à Naples, Bâleou Berlin, de nombreux ouvrages théoriques et membre de plusieurs commissions internationales.

 

2 Consacrée à l’étude des liens entre planification urbaine et représentation de l’État au début du XXe siècle, la thèse de doctorat de Wolfgang Sonne, soutenue en 2011, est parue deux ans plus tard sous le titre : Representing the State. Capital City Planning in the Early Twenthieth Century, Munich/Londres/New-York, Prestel, 2003.

 

3 Notamment : Harald Bodenschatz (dir.), Stadtvisionen 1910/2010. Berlin, Paris, London, Chicago : 100 Jahre Allgemeine Städtebau-Ausstellung in Berlin, Berlin, DOM Publishers, 2010.

 

4 Nikolai Roskamm, Dichte : eine transdisziplinäre Dekonstruktion, Diskurse zu Stadt und Raum, Bielefeld, Transcript Verlag, „Urban Studies“, 2011 (Diss.) ; Vittorio M. Lampugnani, Edward G. Pryor, Hongkong-Architektur : die Ästhetik der Dichte, Deutsches Architekturmuseum, Francfort-sur-le-Main/Munich, Prestel Verlag, 1993 ; ou bien encore Gerhard Boeddinghaus, Gesellschaft durch Dichte : kritische Initiativen zu einem neuen Leitbild für Planung und Städtebau 1963/1964, „Bauwelt-Fundamente 107“, Braunschweig/Wiesbaden, Vieweg Verlag, 1995

 

5 « Dies ist ein Buch mit einer These: Durch das gesamte 20. Jahrhundert hindurch hat es in Europa und in Nordamerika Beispiele und Positionen eines dichten und urbanen Städtebaus gegeben. », p. 7. [toutes les traductions sont de l’auteur]

 

6 « Zum einen vertritt sie die These, dass der moderne Städtebau nicht allein durch avantgardistische und stadtauflösende Tendenzen, sondern zugleich durch konventionelle und urbane Konzepte geprägt war. Beide Richtungen, die anti-urbane der Modernisten wie die pro-urbane der Traditionalisten, verstanden sich als modern. », p. 12.

 

7 Wolfgang Sonne souligne l’importance d’une relecture plus nuancée des ruptures traditionnellement acceptées, de la tradition à la modernité, puis de la modernité à la postmodernité.

 

8 Qui inclut aussi ses opposants.

 

9 Heinz Wetzel, Wandlungen im Städtebau, Stuttgart, Karl Kraemer Verlag, 1942.

 

10 Philipp Rappaport, Der Wiederaufbau der deutschen Städte : Leitgedanken, Essen, Webels Verlag, 1946.

 

11 Emil Fahrenkamp (1885-1966), était un architecte allemand, directeur de l’Académie des Arts de Düsseldorf (1967-1946), représentant du courant du Neues Bauen dans les années 1920 (Shell-Haus, Berlin, 1932).

 

12 Albert Denecke, Renaissance im Städtebau. Gedanken und Anregungen für die Erneuerung der Stadtbaukunst, Münster, Regensbergergsche Verlagsbuchhandlung, 1946.

 

13 Adolf Abels, Regeneration der Städte, Erlenbach/Zürich, Verlag für Architektur, 1950.

 

14 L’auteur cite encore, entre autres, les œuvres de Carl Oskar Jatho (Urbanität. Über die Wiederkehr einer Stadt, Düsseldorf, Schwann, 1946) ou bien de Friedrich Hess (Einführung in den Städtebau, Stuttgart, Hoffmann, 1947).

 

15 Tous deux représentants, dans les années 1940, du style « Heimatschutz » en architecture. Sur ce sujet voir : Winfried Nerdinger, Katharina Blohm (dir.), Bauen im Nationalsozialismus : Bayern 1933-1945, Munich, Klinkhardt & Biermann, 1993 (Catalogue d‘exposition)

 

16 « Mit der Auswahl der gebauten Beispiele und der geschriebenen Ansichten wollte ich aufzeigen, dass es durch das gesamte 20. Jahrhundert hindurch Bestrebungen zur auch baulichen Realisierung von Urbanität gegeben hat. », p. 324.