Grimal, Nicolas - Larché, François: Cahiers de Karnak XII, fasc. 1 et 2. BiGen 28 (IF-960AB), Études d’égyptologie du Collège de France 8, 402 p. et 446 p., 21 x 30 cm, ISBN 978-2-7247-0435-8, 90 euros (les 2 volumes)
(Co-édition les éditions Soleb / l’Institut français d’archéologie orientale du Caire [IFAO] 2007)
 
Compte rendu par Caroline Dorion-Peyronnet, Musée départemental des Antiquités, Rouen
(caroline.dorion-peyronnet@cg76.fr)

 
Nombre de mots : 4788 mots
Publié en ligne le 2009-04-06
Citation: Histara les comptes rendus (ISSN 2100-0700).
Lien: http://histara.sorbonne.fr/cr.php?cr=247
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           La revue Les Cahiers de Karnak est la publication qui fait directement suite à la série Kémi dans laquelle les quatre premiers rapports sur les travaux du Centre Franco-Égyptien d’Études des Temples de Karnak (CFEETK) avaient été publiés depuis sa création en 1967. En 1975, un volume à part, Karnak V, fait suite aux précédents rapports. Ainsi naissent Les Cahiers de Karnak dont la parution est irrégulière entre 1975 et 2007 (le volume XI a été publié en 2003). La forme s’apparente à la fois au traditionnel rapport de fouille (ou « Document Final de Synthèse ») et aux « actes de colloque » réunissant les dernières recherches et études particulières relatives au site de Karnak.
           Sous ces deux aspects, Les Cahiers de Karnak sont définitivement destinés aux professionnels, au cercle restreint de la « communauté scientifique » : égyptologues et archéologues. La qualité scientifique et technique de l’ouvrage est au niveau de ce que l’on est en droit d’attendre de ce type de document mais en même temps il possède les défauts du genre dans l’aridité des textes, la complexité de lecture et d’analyse des plans et des vues axonométriques, dans la présentation indigeste de tableaux synthétiques et de listing des unités stratigraphiques. En même temps, ce type de publication est clairement destinée à un lecteur professionnel connaissant parfaitement le site et la topographie de Karnak ainsi que les conventions techniques de la profession ; on peut néanmoins regretter l’absence de plan d’ensemble du site car même tout bon professionnel n’est pas nécessairement familier avec sa topographie particulièrement complexe. En même temps, la publication est complétée par un DVD-rom comprenant des films de fouille, ce qui fournit des « archives de fouilles » exceptionnelles et c’est une façon originale de « vulgariser » la recherche scientifique.
           On peut légitimement s’interroger sur la nécessité de ce type austère de publication. La Direction de l’architecture et du patrimoine (DAPA) au sein du Ministère de la Culture s’est d’ailleurs intéressée à cette question : le DFS (Document Final de Synthèse, ancien rapport de fouilles) doit-il être un document public, c’est-à-dire doit-on les publier ? Néanmoins, elle permet de mettre à la disposition de la communauté scientifique une somme considérable d’informations, présentée sous différentes formes : la synthèse topographique, le rapport de fouille d’un secteur spécifique, un article de fond sur un document particulier, la présentation des outils de recherche in situ avec la description de la base de donnée « Karnak », autant de données qui sont primordiales à la progression et à l’avancée de la recherche en égyptologie.

           L’organisation interne des deux volumes ne semble pas suivre de plan déterminé. Pour des raisons de clarté, nous avons choisi de présenter le compte rendu de cet ouvrage en regroupant les contributions selon différents axes :
- Les contributions relatives aux travaux de recherche, en distinguant les synthèses, des rapports de fouilles (classés topographiquement) et des études particulières (classées chronologiquement) ;
- La documentation et le service photographique ;
- Les annexes ;
- Le DVD-rom :
- Le sommaire des deux fascicules.

Les contributions relatives aux travaux de recherches


- Les synthèses

N. Grimal, F. Larché, « Karnak ». 1998-2004 (p. 7-60)
           Le premier article présente la synthèse des différentes activités menées sur le site de Karnak entre 1998-2004. C’est le rapport d’activité du CFEETK, il ouvre le livre. Il est introduit par un sommaire permettant de trouver assez simplement les fouilles ou recherches spécifiques qui intéressent le lecteur. Les activités de recherche sont présentées pour les fouilles topographiquement (Axe est-ouest du temple d’Amon, Axe nord-sud du temple d’Amon) ou thématiquement (Osiris à Karnak, Zone d’habitat dans l’angle sud-est du temple d’Amon). Les autres activités de recherche (anastylose des monuments remployés dans le IIIe pylône ou l’étude des monuments démantelés et les études spécifiques) regroupent les différents actions s’inscrivant sous ces thèmes. Enfin à côté des activités de recherche stricte, une section est consacrée aux activités spécifiques des services de la documentation et de la photographie. Malheureusement ce « sommaire » ne précise pas les pages de chacune des interventions, ce qui rend la recherche un peu plus complexe.

A. Arnaudiès, E. Laroze, Localisation des opérations archéologiques dans le temple de Karnak, 1967-2004 (p. 91-103)
           Dans cet article, les auteurs présentent les résultats obtenus grâce au SIG (Système d’Information Géographique). Ainsi, ce système permet la réalisation d’un document de synthèse sur les nombreuses interventions archéologiques (publiées ou non) sur le site depuis la création du CFEETK. La carte ainsi mise en place permet de localiser géographiquement et chronologiquement les différentes interventions. Les sites fouillés sont localisés grâce au carroyage mis au point par J. Lauffray en 1967, dès la création du centre.
           L’article présente ensuite le tableau de synthèse des interventions spécifiques et des interventions archéologiques. Elles sont localisées suivant le carroyage en question : MPA pour « Zone du Musée en plein air » ; AKM pour « Zone de l’Akhmenou » etc., et accompagnées d’une « fiche technique » indiquant le type d’intervention (sondage, fouille), les archéologues impliqués, l’année et éventuellement les publications. Le numéro de chacune des interventions est ensuite reporté sur un plan du site ainsi que les zones du carroyage. Ce qui donne un résultat particulièrement intéressant pour la recherche mais dont la présentation générale est encore confuse. Une présentation et une édition par zones du carroyage auraient sans doute été préférables, mais c’est une manipulation qu’il est possible de faire (cf. pl. II p.106, présentant les interventions entre le IVe pylône et la zone de l’Akhmenou).

- Les rapports de fouilles

ZCT : Zone centrale du grand temple

F. Larché, Nouvelles observations sur les monuments du Moyen et du Nouvel Empire dans la zone centrale du temple d’Amon (p. 407-592)
           L’auteur présente le  résultat de différentes fouilles menées entre l’Akh-menou et le IIIer pylône. François Larché, architecte, prend soin de préciser le vocabulaire architectural employé, les « lieux » de Karnak (comme la Cour du « Moyen Empire », le portique de Sésostris Ier, le podium d’Hatchepsout) dans le texte. Ensuite, il présente les résultats, les phases de travaux, les hypothèses d’interprétation pour les différents bâtiments se situant dans la zone étudiée : le portique en calcaire de Sésostris Ier, la colonnade en grès de Sésostris Ier, la fondation du début du Nouvel Empire dans la cour « dite du Moyen Empire », les magasins du pourtour du radier et leur extension vers l’ouest, le Ve pylône, le IVe pylône, la cour à l’ouest du IVe pylône (la chapelle d’Amenhotep II entre les obélisques). Il propose ensuite une nouvelle hypothèse pour la chronologie des constructions d’Ipet-sout en revenant notamment sur la question de l’orientation du temple primitif et son démantèlement, l’œuvre d’Amenhotep Ier et les deux étapes du démontage de ses monuments, l’œuvre de Thoutmosis Ier, les travaux entrepris par Hatchepsout, l’œuvre de Thoutmosis III et l’œuvre d’Amenhotep II. Enfin, l’article propose une table des matières particulièrement utile si l’on recherche un monument particulier. Il est accompagné d’une riche illustration noir et blanc (92 planches), photographies, plans de localisation, relevés des décors et des inscriptions, restitutions.

ZPC : Zone des pylônes centraux

           L’ensemble des recherches archéologiques effectuées dans cette zone s’inscrit dans un projet plus large d’étude multidisciplinaire de la zone centrale  (ZCT) du grand temple d’Amon-Rê (p. 285).

J.-F. Jet, Sondages archéologiques dans l’avant-cour nord du VIe pylône (p. 355-372)
           L’article présente les résultats de six sondages archéologiques effectués entre avril et mai 2002 dans l’avant-cour nord du VIe pylône. Ils mettent en lumière deux phases d’aménagement, celle du Nouvel Empire et celle du Moyen Empire. Les recherches concernant ce dernier niveau ainsi que les différentes autres interventions autour du VIe pylône (toutes publiées dans cet ouvrage) ont permis d’établir le plan général du sanctuaire du Moyen Empire et de préciser les étapes de sa construction.
           Chacun des sondages détaillés est accompagné d’un tableau synthétique précisant les couches stratigraphiques et du relevé des coupes, de planches présentant le mobilier céramique mis au jour ; enfin deux tableaux donnent la composition du mobilier céramique et deux plans localisent sondages et coupes archéologiques. Deux photographies de fouille, noir et blanc, accompagnent ces annexes.

G. Charloux, Sondage dans la cour sud du VIe pylône (p. 227-246)
           L’introduction de l’article présente succinctement les objectifs et les conditions de la fouille, avant de préciser de façon chronologique les différentes stratigraphies du sondage effectué (le sondage « NE ») avec la description de l’aire de sondage, du niveau Moyen Empire, du niveau Nouvel Empire et du remblai « copte-moderne ».
           La publication est accompagnée des tableaux synthétiques d’usage présentant « les faits », « les unités stratigraphiques », « les objets » et « la céramique » ; d’un plan localisant précisément la zone de sondage, le plan de localisation des coupes archéologiques et le plan du sondage même avec les relevés altimétriques des différentes structures ; de trois planches pour la céramique et de différentes photographies des structures de fouilles, enfin du relevé des coupes archéologiques.

E. Lanoë, Fouilles à l’est du VIe pylône : l’avant-cour sud et le passage axial (p. 373-390)
           L’introduction présente les objectifs de cette fouille et ses résultats concernant les différentes phases d’aménagement du sanctuaire. Évolution suivie par l’auteur pour présenter son travail : le Moyen Empire avec la reconnaissance des différentes strates puis le Nouvel Empire dont les aménagements sont à attribuer à Hatchepsout et à son successeur direct Thoutmosis III.
           Les tableaux synthétiques des US et des faits accompagnent l’article ainsi qu’un plan général des fouilles pour lequel on regrette l’usage de différents niveaux de gris parmi lesquels il est parfois difficile de se retrouver. Un plan de détail donne l’implantation des coupes et des sondages, suivent enfin les différents relevés des coupes stratigraphiques.

G. Charloux, J.-F. Jet, Recherches archéologiques dans la cour nord du VIe pylône (p. 285-326)
           Dans le cadre du projet pluridisciplinaire portant sur la zone centrale du grand temple (ZCT), l’objectif des fouilles de la cour nord du VIe pylône dans la zone des pylônes centraux (ZPC) était d’établir la séquence chronologique du secteur : la succession des constructions du Nouvel Empire et de trouver la suite d’un mur en brique crues du Moyen Empire mis au jour au printemps 2002 : voir J.-Fr. Jet, « Sondages archéologiques dans l’avant-cour nord du VIe pylône », Karnak XII, p. 355-372. Les fouilles ont permis d’identifier des zones de fouilles anciennes (début du XXe siècle), inconnues par les archives du centre.
           Les résultats sont présentés de façon stratigraphique selon les trois phases successives d’aménagement identifiées, qui débutent au Moyen Empire pour s’achever aux alentours du IVe – Ve siècle de notre ère. Cette dernière phase révèle un aspect méconnu de l’histoire du temple. Pendant cette période, après l’abandon du culte, cette partie de la cour a servi de zone artisanale (pressoirs). Les autres résultats permettent de situer la première occupation vers la fin de la XIe dynastie et le début de la XIIe, de dresser le plan d’un édifice parfaitement cohérent pour cette période et de préciser le programme architectural de Thoutmosis III dans la cour nord.
           L’article est accompagné d’une abondante documentation de fouilles : tableaux des unités stratigraphiques (US) ; tableaux des faits, des objets et des céramiques ; photographies ; plans de localisation ou de phasage ; coupes stratigraphiques ; planches du mobilier céramique et du dépôt de fondation de Thoutmosis III.

A. Masson, M. Millet, Sondage sur le parvis nord du IVe pylône (p. 659-679)
           Cette zone, le « parvis du IVe pylône »  (ou « cour du IIIe pylône ») fut remaniée sous le règne d’Aménophis III ; les monuments furent démontés et remployés dans les fondations du IIIe pylône et dans le bourrage des môles de celui-ci (l’un des programmes actuels du CFEETK est le remontage de ces monuments, dont la cour à portique à piliers carrés de Thoutmosis IV). L’objectif du sondage était de retrouver les fondations de cette cour à portique de Thoutmosis IV.
           L’article présente un historique des recherches dans la mesure où ce secteur a fait l’objet de nombreuses interventions car il fut largement remanié tout au long de l’histoire du temple. Il fait ensuite le point sur les constructions adossées au IVe pylône : deux constructions identiques de Ramsès IV, usurpées par Ramsès VI ; des blocs faisant partie intégrante de là cour de Thoutmosis IV.
           Les auteurs présentent ensuite les dépôts de fondation de Thoutmosis IV mis au jour : le dépôt sud-est, nord-est  et celui de la colonne 107. Ils reviennent sur la question des pseudo-vases de Thoutmosis IV conservés au Musée du Caire dont la typologie est proche de celui de la colonne 107 : ils auraient donc pu provenir d’un autre dépôt de fondation de cette cour à portique de Thoutmosis IV.
Les annexes techniques, tableaux, photographies, planches de dessin etc., accompagnent la publication.

MPA : zone du musée en plein air

J.-F. Jet, Sondage dans le secteur oriental du musée en plein air de Karnak : construction d’époque saïto-perse (p. 335-354)
           Cet article présente les résultats d’un diagnostic de fouilles préventives sur une zone du musée en plein air devant accueillir l’anastylose d’une chapelle d’Aménophis II remployée par Aménophis III dans le comblement du IIIe pylône de Karnak. Les résultats ont révélé deux phases d’aménagement, l’une datée, grâce au mobilier archéologique, de la XXVIe dynastie et l’autre de l’époque perse. La première phase semble correspondre à un contexte domestique à mettre en relation avec les structures en briques rubéfiées au nord du musée en plein air : voir P. Béout, M. Gabolde, C. Grataloup, O. Jaubert, Karnak IX, 1993, p. 349-380.

LSC : Zone du Lac sacré

M. Millet, Architecture civile antérieure au Nouvel Empire : rapport préliminaire des fouilles archéologiques à l’est du lac Sacré, 2001-2003 (p. 681-743)
           Il s’agit ici de la synthèse d’un DEA soutenu à Paris IV en 2003. L’article combine donc des données de fouilles à des thèmes plus généraux relatifs aux attestations d’architecture civile antérieure au Nouvel Empire dans le Domaine d’Amon de Karnak et un historique des recherches concernant le secteur situé à l’angle sud-est de l’enceinte de Nectanébo.
           Les données de fouilles sont présentées de façon thématique en débutant par l’interprétation des différents éléments architecturaux (murs, structures de stockage, boulangerie ou brasserie) puis en présentant la chronologie du secteur (premier objectif des fouilles, p. 685) grâce au croisement des données stratigraphiques et de l’étude du mobilier céramique et du matériel sigillaire.
           Annexes archéologiques qui accompagnent l’étude : tableau, plan, planches archéologiques du mobilier phase par phase, photographies de fouilles.

A. Masson, Le quartier des prêtres du temple de Karnak : rapport préliminaire de la fouille de la Maison VII, 2001-2003 (p. 593-655)
           Cette contribution présente en introduction un historique des recherches sur le quartier des prêtres et l’intérêt d’une reprise des recherches archéologiques à cause de la dimension historique d’un tel sujet (quand les prêtres prirent le pouvoir à Karnak sous Ramsès XI), mais surtout parce que cette recherche peut s’inscrire dans une problématique archéologique plus vaste liée à la question de l’habitat. En outre, la chronologie du quartier n’était pas encore définie avec certitude.
           Ainsi, l’auteur présente les différentes phases d’occupation, au nombre de six, dont seules les quatre premières sont étudiées. Ces quatre phases concernent la maison VII et l’espace arrière (entre la maison et le rempart attribué à Thoutmosis III) dont les stratigraphies bien que très différentes présentent des connections certaines. Elles sont synthétisées de manière claire dans un tableau de correspondance (p. 606).
           L’étude du mobilier est ensuite entreprise de façon précise concernant : les céramiques classées par type de pâte (pâte alluviale N « Nil Silt » ; pâte calcaire M « Marl Clay » ; pâte des Oasis O) et type de forme (ouverte et fermée) ; les objets divers (vaisselle, amulettes en faïence et gourde du Nouvel an) et le matériel inscrit (45 scellés renseignant sur la qualité des propriétaires et indices chronologiques pour dater les différentes phases).
           Ainsi les données fournissent une datation sous la Basse Époque (25e – 26e dynasties), mais les fouilles antérieures avaient mis au jour des inscriptions plus anciennes remontant au Nouvel Empire (Aménophis III et Ramsès IV). L’auteur reste donc  prudente quant à la datation du secteur en n’excluant ni les données épigraphiques, ni les données archéologiques.

- les études particulières

Le Moyen Empire

G. Charloux, Karnak au Moyen Empire, l’enceinte et les fondations des magasins du temple d’Amon-Rê (p. 191-226)
           Cette étude particulière porte sur une proposition de restitution générale des constructions du Moyen Empire situées entre le VIe pylône et l’extrémité orientale de « la cour du Moyen Empire ». Les dernières fouilles ont mis au jour les vestiges de l’enceinte en briques crues ainsi que les restes des magasins du sanctuaire.
           L’auteur, et responsable des fouilles, met à profit le logiciel SIG (cf. supra, A. Arnaudiès, E. Laroze, « Localisation des opérations archéologiques dans le temple de Karnak, 1967-2004 », p. 91-103) pour dresser une carte des différentes opérations de fouille et compléter un petit historique des recherches dans ce secteur avant de présenter le résultat des fouilles : l’enceinte du Moyen Empire, son extension et les fondations des magasins et autres structures. Il revient ensuite sur la datation de ces structures et propose une hypothèse de reconstitution (fig. 28, pl. XX) et de périodisation (4 phases ont pu être reconnues bien que celles-ci demeurent assez hypothétiques).

G. Charloux, Typologie sommaire des poteries du début du Moyen Empire provenant des cours du VIe pylône (p. 247-260)
           La céramique est un marqueur chronologique essentiel dans la pratique archéologique couplée aux données stratigraphiques et épigraphiques. Cette contribution exclusivement consacrée à ce mobilier, nous rappelle cette évidence concernant notamment les périodes les plus anciennes. L’article présente une typologie des formes céramiques : bols hémisphériques, bols carénés, bols à paroi sinueuse, écuelles, assiettes, coupes à carène, plats « dokka » (plats à pain), jattes, bassins et pots, petits pots, jarres, moules à pain, bases et fonds, divers (support de jarre, moule à pain à double corps, récipients sans parallèle). Cette typologie montre que presque chaque type à des parallèles sur des sites contemporains du Moyen Empire, notamment en Haute Egypte. Et elle vient compléter les données archéologiques présentées précédemment (cf. supra, G. Charloux, « Karnak au Moyen Empire, l’enceinte et les fondations des magasins du temple d’Amon-Rê », p. 191-226).

Le Nouvel Empire

G. Charloux, Une canalisation en grès du début de la XVIIIe dynastie et résultats complémentaires du chantier « Ha » (p. 261-284)
           Les fouilles de la zone centrale du temple d’Amon-Rê (ZCT) ont permis de mettre au jour une canalisation de grès, dégagée sur plus de 30 m. Le travail présente le tracé mais aussi la datation et l’utilisation de cette canalisation à partir du début de la XVIIIe dynastie. L’article présente aussi les résultats des fouilles concernant les monuments du Nouvel Empire (mur de péribole dit de Thoutmosis Ier, les fondations des magasins et des chapelles dits de Thoutmosis Ier, les fondations du podium d’Hatchepsout).

E. Arnaudiès-Montélimard, L’arche en granit de Thoutmosis III et l’avant-porte du VIe pylône (p. 107-190)
           Le travail de l’auteur s’inscrit dans les recherches effectuées sur la zone centrale du grand temple (ZCT), sur l’arche en granit de Thoutmosis III et l’avant-porte du VIe pylône. L’étude permet de réunir les blocs épars de cette construction et de proposer des restitutions. Après la présentation du contexte architectural et historique, l’auteur évoque la Iounyt de Thoutmosis Ier (remplaçant une structure identique édifiée par Sésostris Ier) dont elle évoque les différentes phases dont la 3e et dernière correspond à l’installation des montants en granit de Thoutmosis III. Ceux-ci font l’objet de la deuxième partie de la présentation ; ils sont eux-mêmes présentés de façon chronologique. Enfin, l’auteur présente le décor et les textes et des hypothèses de restitution. Puis elle s’attache à l’identification des éléments d’architecture d’après les différentes mentions textuelles (comme la « Grande porte »). Elle achève son travail par un excursus sur la question de « la montée royale ».

P. Tallet, Quelques ostraca hiératiques retrouvés à Karnak (p. 803-808)
           Cette étude particulière est consacrée aux ostraca (éclats de calcaire ou de céramique, du grec ostrakon « coquille ») inscrits en écriture hiératique, mis au jour sur le site de Karnak. L’auteur rappelle justement le nombre restreint de ce type de documents découvert à Karnak au regard de la durée d’occupation du site, de son importance et par rapport à des sites comme Médinet Habou ou Deir-el-Medineh. Ainsi, il étudie 3 ostraca (1 étiquette de jarre et 2 ostraca en calcaire) identifiés au cours du dépouillement des archives du CFEETK, mais non localisés aujourd’hui. L’auteur s’est donc basé sur la documentation photographique disponible. La traduction et l’étude de ces textes hiératiques permettent de les attribuer à la période ramésside ; ils concernent notamment l’organisation du travail dans le temple (équipe d’artisans et liste de produits pour les décorateurs).

M.-D. Martellière, Une nouvelle stèle de Ramsès III découverte à Karnak (p. 391-399)
           Les fouilles menées en janvier 2003 sur le secteur du lac sacré ont mis au jour une stèle portant la titulature de Ramsès III du type de celles qui décoraient le mur d’enceinte extérieur du temple de millions d’années de ce roi à Medinet Habou. Celle-ci est le témoignage d’une politique de construction et/ou de rénovation du rempart dit « de Thoutmosis III ». Le plan de localisation fourni n’est pas particulièrement clair, la localisation de la stèle étant réduite à la taille d’un point sur une demi-page ; en outre, le plan n’est pas orienté, tout comme la photo de fouille suivante qui montre la stèle in situ. Enfin, l’article est accompagné d’une photographie de la stèle et d’un fac-similé de celle-ci assez clair mais dont malheureusement l’impression est pixellisée.

La Basse époque

A. Masson, Un scellé du vizir Psametik-mery-Neith (p. 657-658)
           Bien que retrouvé dans le remblai des fouilles de la maison VII (cf. supra, A. Masson, « Le quartier des prêtres du temple de Karnak : rapport préliminaire de la fouille de la Maison VII, 2001-2003 », p. 593-655), le contexte du scellé a pu être attribué à la couche d’incendie de la phase IV). Il est le seul scellé associé à ce niveau sur les 45 mis au jour. C’est un scellé de rouleau de papyrus portant une inscription au nom du « juge et vizir Psametik-mery-Neith » qui se place sous la protection du pharaon Amasis. Ce scellé apporte une précision chronologique pour ce niveau et permet d’enrichir la documentation de ce vizir seulement attesté par deux stèles au nom d’Iouf-âa, petit-fils de Psametik-mery-Neith, qui participa aux funérailles de l’Apis mort en l’an 34 de Darius Ier. Il est également connu par un serviteur funéraire. Le scellé permet d’affirmer avec certitude que Psametik-mery-Neith  était contemporain d’Amasis.
           A noter que le titre de personnage doit bien se translitérer par tAyty zAb TAty et se traduire « Celui du Rideau, le Seigneur et Vizir » (cf. Cl. Obsomer, Sésostris Ier. Étude chronologique et historique du règne, Bruxelles, 1995, p. 159) ou encore « Celui du Rideau, le juge et vizir » (cf. D. Jones, An Index of Ancient Egyptian Titles, Epithets and Phrases of the Old Kingdom, BAR International Series 866, II, 2000, n° 3706, p. 1000-1001).

F. Horn, Terres cuites de la Basse Époque à Karnak. Sondage du secteur oriental du musée en plein air, zone 6 (p. 327-334)
           Cette étude particulière, comme la précédente, est rattachée à un sondage spécifique (cf. supra, J.-F. Jet, « Sondage dans le secteur oriental du musée en plein air de Karnak : construction d’époque saïto-perse », p. 335-354). L’article présente la typologie des terres cuites ; trois types ont été reconnus : figurines de « concubine », autres figurines féminines et terres cuites zoomorphes ; puis leur contexte de découverte avant de dresser le catalogue exhaustif des éléments retrouvés, type par type.

L’époque copte


M. Rassart-Debergh, L’Akh-menou Status Quaestionis (1998), I – Les peintures chrétiennes (p. 745-795)
           Les études sur la période chrétienne de Karnak  ont débuté au milieu des années 90. L’auteur dresse un état de l’art sur l’Akh-menou en évoquant les derniers travaux (notamment ceux de D. Le Fur et de J.-Fr. Carlotti). L’auteur a l’heureuse (et nécessaire) idée de rappeler le cadre historique concernant la christianisation des populations égyptiennes et la question du monachisme errant, puis de s’intéresser aux décors peints des églises de couvents contemporains et à la « Karnak chrétienne », avant d’entrer dans le vif du sujet, à savoir les peintures chrétiennes de l’Akh-menou qui sont décrites colonnes par colonnes et registres par registres. Comme elles sont très effacées, l’auteur a redessiné chacune des peintures et tente dans un second temps un essai de reconstitution et d’interprétation.

E. Carnot, L’Akh-menou Status Quaestionis (1998), II – Les inscriptions (p. 797-802)
           Cet article fait immédiatement suite à la contribution précédente pour s’intéresser aux inscriptions coptes en reprenant le plan de localisation fourni dans la contribution précédente. L’objectif de cette contribution est de faire un état des lieux comparatif entre le relevé fait en 1925 et la situation en 1997. Ces inscriptions identifient les saints personnages. L’auteur fait la comparaison des relevés en mettant entre crochets (selon la norme en vigueur) les éléments qui ont pu être relevés en 1925 mais qui en 1997 avaient déjà disparu. On regrette simplement que les inscriptions ne soient pas traduites. La présente publication permet aussi de présenter des textes mis au jour lors des restaurations des peintures de l’Akh-menou au début des années 90.

La documentation et le service photographique

A. Arnaudiès, Bibliographie des travaux de Jean Lauffray à Karnak (p. 61-64)
           Jean Lauffray fut le premier directeur du CFEETK. A. Arnaudiès énumère les quelque 34 publications (articles ou ouvrages) écrites ou co-écrites par Jean Lauffray entre 1968 et 1995 sur Karnak.

A. Arnaudiès, La base de données « Karnak ». Système d’information multimédia du CFEETK (p. 65-90)
           Cette contribution présente la base de données « Karnak », le système d’information multimédia du CFEETK. Elle revient sur la constitution de la base fondée sur une relation triangulaire entre l’objet archéologique, la photographie et la bibliographie, la consultation et les évolutions de la base. L’un des objectifs de la base est de centraliser l’information (le document et les archives afférentes) en un même point et en un même type de support.
           Cette base pionnière en son genre est un outil de recherche particulièrement important et performant. On regrette cependant que la contribution n’ait pu être mise à jour depuis mai 2004, notamment en ce qui concerne les évolutions du logiciel envisagées pour 2005 et 2006.

Annexes

Cahier couleurs composé de 8 planches couleurs :
- Quatre relatifs à l’article de G. Charloux sur le temple de Karnak au Moyen Empire ; malgré la couleur, ces plans sont les plans « bruts » du rapport de fouilles et restent difficiles à lire.
- Deux planches complètent l’article de A. Masson sur le quartier des prêtres etc. ; ici, le choix a été fait d’un plan simplifié des données de fouilles présentant clairement les différentes phases chronologiques du quartier des prêtres ; par contre la planche de photographies couleurs de la liste des fabriques est particulièrement abscons.
- Une planche se rapporte à la contribution de M. Millet sur l’architecture civile antérieure au Nouvel Empire ; le choix a été fait d’un plan simplifié des structures archéologiques mais la résolution de l’impression n’est malheureusement pas très nette.


Il s’agit d’un ouvrage dans lequel on vient « piocher » les informations qui intéressent comme doit l’être un rapport de fouilles, mais il est indigeste à lire d’une traite dans son intégralité, en même temps ce n’est pas le principe de ce type de publication. En connaissant les conventions de la profession, le système mis en place par le CFEETK et la topographie du site, on retrouve assez aisément les informations souhaitées. En un mot, pour les spécialistes, c’est une grande chance que ce type de publication existe : elle permet de « débroussailler » le terrain avant toute recherche plus poussée in situ.

Résumés en français et arabe


Le DVD-rom

Films :
- Un dépôt de fondation (22 mn, intervenants : J.-F. Jet, F. Larché, L. Gabolde, O. De Péretti, E. Lanoë) présente un moment spécifique des fouilles des cours nord et sud du Ve pylône.
- Sous les dalles de Karnak. Les fouilles du printemps 2003 dans la zone centrale du temple (34 mn, intervenants : F. Larché, J.-F. Jet, G. Charloux, E. Paris, E. Lanoë) : Présentation des différentes interventions autour du VIe pylône par les responsables d’opération.

Séquences :
- Fouilles au nord des salles nord d’Hatchepsout : une canalisation en grès du début de la XVIIIe dynastie (10 mn)
- Les fondations des obélisques dans la cour en avant du IVe pylône (8 mn 40 s)
- Une stèle de Ramsès III (4 mn 15 s)
- Les constructions dans l’axe du temple au Nouvel Empire (13 mn)

Les films présentent une synthèse animée de plusieurs interventions sur un même secteur, tandis que quelques séquences illustrent ou éclairent de façon pédagogique des points particuliers et remarquables de certaines interventions archéologiques effectuées à Karnak entre 2003 et 2004.

Sommaire du DVD (p. 825)

Chacune des deux formules (films et séquences) renvoie à l’article correspondant dans la publication (soit 7 contributions)

Sommaire des deux fascicules

Cahiers de Karnak XII, fascicule 1, 2007

N. Grimal, F. Larché, Karnak, 1998-2004.        7-60
A. Arnaudiès, Bibliographie des travaux de Jean Lauffray à Karnak.        61-64
A. Arnaudiès, La base de données « Karnak ». Système d’information multimédia du CFEETK.        65-90
A. Arnaudiès, E. Laroze, Localisation des opérations archéologiques dans le temple de Karnak, 1967-2004.       91-103
E. Arnaudiès-Montélimard, L’arche en granit de Thoutmosis III et l’avant-porte du VIe pylône.       107-190
G. Charloux, Karnak au Moyen Empire, l’enceinte et les fondations des magasins du temple d’Amon-Rê.       191-226
G. Charloux, Sondage dans la cour sud du VIe pylône.        227-246
G. Charloux, Typologie sommaire des poteries du début du Moyen Empire provenant des cours du VIe pylône.       247-260
G. Charloux, Une canalisation en grès du début de la XVIIIe dynastie et résultats complémentaires du chantier « Ha ».       261-284
G. Charloux, J.-F. Jet, Recherches archéologiques dans la cour nord du VIe pylône.        285-326
F. Horn, Terres cuites de la Basse Epoque à Karnak. Sondage du secteur oriental du musée en plein air, zone 6.       327-334
J.-F. Jet, Sondage dans le secteur oriental du musée en plein air de Karnak : construction d’époque saïto-perse.       335-354
J.-F. Jet, Sondages archéologiques dans l’avant-cour nord du VIe pylône.        355-372
E. Lanoë, Fouilles à l’est du VIe pylône : l’avant-cour sud et le passage axial.        373-390
M.-D. Martellière, Une nouvelle stèle de Ramsès III découverte à Karnak.        391-399

Cahiers de Karnak XII, fascicule 2, 2007

F. Larché, Nouvelles observations sur les monuments du Moyen et du Nouvel Empire dans la zone centrale du temple d’Amon       407-592
A. Masson, Le quartier des prêtres du temple de Karnak : rapport préliminaire de la fouille de la Maison VII, 2001-2003.       593-655
A. Masson, Un scellé du vizir Psametik-mery-Neith.        657-658
A. Masson, M. Millet, Sondage sur le parvis nord du IVe pylône.        659-679
M. Millet, Architecture civile antérieure au Nouvel Empire : rapport préliminaire des fouilles archéologiques à l’est du lac Sacré, 2001-2003.        681-743
M. Rassart-Debergh, L’Akh-menou Status Quaestionis (1998), I – Les peintures chrétiennes.        745-795
E. Carnot, L’Akh-menou Status Quaestionis (1998), II – Les inscriptions.        797-802
P. Tallet, Quelques ostraca hiératiques retrouvés à Karnak.        803-808
Cahier couleur        809-816
Résumés français et anglais        817-824
Sommaire du dévédérom        825
Tables des matières        827