AA.VV.: Basiliques chrétiennes d’Afrique du Nord. II. Inventaire des monuments de la Tunisie. (Collection Mémoires, 38). 464 p. ISBN : 978-2-35613-118-8, 60 €
(Ausonius Editions, Bordeaux 2014)
 
Compte rendu par Roger Hanoune, Université Lille 3
(roger.hanoune@free.fr)

 
Nombre de mots : 668 mots
Publié en ligne le 2016-02-19
Citation: Histara les comptes rendus (ISSN 2100-0700).
Lien: http://histara.sorbonne.fr/cr.php?cr=2480
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          Après le premier volume consacré à l’Algérie (123 numéros d’inventaire) et publié en 1992 à Paris par les Études augustiniennes, paraît le deuxième volume de ce corpus des monuments chrétiens de Tunisie, qui rassemble 165  exemplaires. C’est un très bel ouvrage, au même format que le premier volume, mais avec beaucoup d’illustrations en couleurs : œuvre des élèves de Noël Duval, il illustre bien le style savant, précis et exhaustif du maître des études d’architecture paléochrétienne d’Afrique. Cet imposant inventaire de plus de 400 pages recueille tout ce que l’on sait des églises de la Tunisie antique, dans une ample description qui va du Nord-Ouest jusqu’aux confins Sud-ouest du pays. Si les notices sont très disparates - une ligne, une simple photo, ou plusieurs pages -, les quatre sites de Carthage, Haïdra, Sbeitla et Thélepte sont l’objet de grandes analyses qui occupent près d’un tiers de l’ouvrage. Un des acquis fondamentaux de l’entreprise est de présenter quantité de recherches nouvelles, inédites, à peine ou récemment publiées, qui témoignent de l’importance des travaux de F. Baratte, F. Bejaoui, M. Fixot, T. Ghalia, et en particulier de nombreux baptistères et basiliques du sud tunisien. Non moins intéressante est la présentation des sites à exclure de la liste, tant on a longtemps vu une église dans tout triconque ou même toute abside (dès la première notice - le bassin hexagonal de Tabarka 1 -, on a un bon exemple de cette  juste prudence), et bien des églises sont interprétées comme des « édifices à auges » ou des « fortins », à commencer par l’« église » du prêtre Alexander » de Bulla Regia.

 

         L’ouvrage fournit ainsi une masse de documents aisément utilisables et savamment discutés qui peuvent permettre de reprendre tous les problèmes des églises africaines, recherche que les auteurs n’ont pas voulu faire ici (une courte introduction y présente rapidement l’inventaire), mais dont ils fournissent généreusement la matière. Outre les thèmes classiques de l’orientation de bâtiments ou d’églises à deux absides, tant d’autres problèmes sont désormais plus facilement abordables : on pense aux rapports entre thermes, églises et baptistères (de Cincari à la chapelle des bains du Kef 3), à l’examen des constructions souterraines de Carthage (Carthage 11 et 13, et la rotonde souterraine de Damous el Karita ). Dans un même ordre d’idées, le hasard des fouilles suffit-il à rendre compte de la rareté des églises à Dougga ou Oudna par opposition à Mactar ou à bien des sites mineurs ?  Dans les datations, va-t-on vers des constructions postérieures au VIIe s. comme en Orient ? Etc.  Toujours est-il que les auteurs offrent aux spécialistes un magnifique outil pour des recherches futures.

 

         Pour finir, quelques petites remarques de détail : p. 97 les piliers de Thibiuca n’ont pas disparu mais se trouvent à La Marsa dans le jardin de la résidence de l’ambassade de France ; à Thuburnica il a dû y avoir un monument en l’honneur des saints Pierre et Paul (inscription publiée par F. Bejaoui), comme à Lalla Messaouda 14 p. 269 ; à Bulla Regia, où à juste titre on a mentionné une nouvelle église (vue au Colloque de l’AIEMA à Venise en 2012) et exclu l’église du prêtre Alexander dont les murs sont énormes, on aurait pu citer aussi la salle de la  maison 10 avec la mosaïque des fleuves du Paradis (Hanoune, 1983 ) ; l’église BR 3 n’a pas été volontairement remblayée (p. 34) mais plutôt suite à des inondations récentes ; en outre, dans l’église de Bulla Regia 1, la représentation d’un petit personnage barbu dans le pavement de la nef sud aurait pu être mentionnée (p. 34), ainsi que la construction sur tubes à voûtes « des sacristies de part et d’autre de l’abside occidentale » (p. 35), bien visible sur des photos de l’époque de la fouille.

 

 

Sommaire

 

Auteurs : François Baratte, Fathi Bejaoui, Noël Duval, Sarah Berraho, Isabelle Gui et Hélène Jacquest.

 

Avant-propos par François Baratte, Fathi Bejaoui et Noël Duval, 11

 

Cartes, 17

 

Corpus des basiliques, 21

 

Annexe : linteaux chrétiens, 420

 

Appendum, 426

 

Références bibliographiques, 427

 

Tables des illustrations et crédits photographiques, 443

 

Index locorum, 459