AA.VV.: La Corsica e Populonia. Bastia · Aléria / Piombino, Atti del XXVIII Convegno di Studi Etruschi ed Italici, 25-29 ottobre 2011, pp. 600, 200 ill. b/n col.,(Atti di Convegni Studi Etruschi. 28)., ISBN: 88-7689-286-9, 198 €
(Bretschneider, Roma 2015)
 
Compte rendu par Solène Chevalier, École Pratique des Hautes Études
(solene.chevalier@ephe.sorbonne.fr)

 
Nombre de mots : 3915 mots
Publié en ligne le 2016-05-10
Citation: Histara les comptes rendus (ISSN 2100-0700).
Lien: http://histara.sorbonne.fr/cr.php?cr=2605
Lien pour commander ce livre
 
 

 

          En 1951, l’Istituto Nazionale di Studi Etruschi ed Italici entreprend d’étendre les recherches sur les Étrusques à un cadre plus général, italique et méditerranéen, en maintenant la pluridisciplinarité initiale des approches, archéologiques, historiques et épigraphiques. Le programme ambitieux de ce vingt-huitième colloque se place dans cette tradition et met l’accent sur le cadre tyrrhénien des rapports entre la péninsule et les îles. Les plus éminents spécialistes qui ont forgé ces problématiques et participé aux principales découvertes de ces cinquante dernières années se sont réunis afin d’apporter de nouveaux éléments, de l’étude de matériel la plus restreinte à la synthèse la plus générale, sur les liens qui unissent l’Étrurie et les îles de l’espace nord-tyrrhénien. Les trente-et-une communications rassemblées dans cet imposant volume donnent un cadre historique et archéologique cohérent à ces rapports commerciaux, culturels, matrimoniaux, pacifiques ou belliqueux.

 

         Si l’intitulé du colloque propose comme base de réflexion les liens entre la Corse et la cité étrusque de Populonia[1], ce sont en réalité les rapports entre le système insulaire nord-tyrrhénien dans son ensemble et la côte péninsulaire qui sont interrogés : la Sardaigne et l’île d’Elbe sont présentes tout au long des communications, de même que les autres cités de l’Étrurie côtière entre Populonia et Caere. Les relations entre l’Étrurie et les grandes îles de la mer Tyrrhénienne sont explorées depuis les années 1980[2], notamment lors des colloques de l’Institut[3]. Les études corses sont en revanche un fait relativement récent, les premières, menées par des érudits locaux au XIXe siècle, n’ayant été poursuivies que dans les années 1970 avec les grandes découvertes sur le site d’Aléria/Alalia. Tout au long des communications, il apparaît nettement que la Corse est largement méconnue archéologiquement, avec une concentration des découvertes dans quelques points qui livrent cependant un riche panorama matériel, attestant de la place centrale de l’île dans les « trafics tyrrhéniens »[4].

 

         Les communications se répartissent en trois grands thèmes traditionnels : les études philologiques et épigraphiques, les recherches sur les échanges maritimes et les études de corpus matériels et iconographiques. En guise d’introduction, J. Cesari et G. Camporeale présentent les collaborations institutionnelles et les projets d’études sur la Corse et l’Étrurie ainsi que le cadre chronologique, matériel et textuel relatif à ces contacts. Au fil des communications, les travaux de plusieurs groupes de recherche mettent en évidence une nouvelle dynamique et une volonté de palier les lacunes et le retard accusé  par les études corses. L. Drago lance également un appel à constituer un groupe de travail à caractère interdisciplinaire sur les ressources minières de l’Espagne à l’Étrurie avec pour objectif de créer une base de données de référence.

 

 

Les études philologiques et épigraphiques

 

         Suivant la grande tradition des études italiques, ce sont les communications abordant les sources textuelles antiques et modernes et les données épigraphiques qui ouvrent ce colloque, avec D. Briquel qui propose un point historiographique sur la présence des Étrusques en Corse. Les premières mentions véritables de cette présence apparaissent très tardivement dans la littérature scientifique et sont dues à R. Zucca en 1996 et 1997. La place de « l’élément tyrrhénien » en Corse était déjà soulevée par l’Abbé J.-A. Galletti en 1866 mais il a fallu attendre la fin des années 1990 pour que les découvertes réalisées dans les années 1960/1970 dans la nécropole de Casabianda à Aléria soient prises en compte. Le retard accusé des études corses par rapport à la péninsule italique s’explique en partie par ce hiatus chronologique et par cette réticence à porter un regard italique et étrusque sur la Corse.

 

         G. Colonna fait la somme des témoignages littéraires et épigraphiques à propos de la formation de l’ethnos corse et souligne que le nom grec de l’île, Kurnos, aurait été transmis par les Étrusques aux marins de passage et facilement adopté grâce à une homonymie en Eubée et dans le golfe de Corinthe. L’origine de l’ethnos corse est difficile à cerner du fait de la variété des apports, avec cependant une thèse dominante l’attribuant aux Ligures. Pour la première fois, la problématique à l’origine de ce colloque, la place de la Corse dans les rapports avec l’Étrurie septentrionale et le reste du domaine tyrrhénien, est posée, avec une mise en évidence du hiatus chronologique dans ces contacts en comparaison avec la Sardaigne.

 

         Tour à tour durant le colloque, les contacts tyrrhéniens entre la péninsule et les îles sont abordés du point de vue de la Corse, de la Sardaigne, de Populonia et de Vetulonia, mettant en lumière des nuances et des particularités visibles uniquement en questionnant ces échanges de manière multiple. Le commentaire de Servius (ad. Aen., X, 172) à propos de la fondation de Populonia dans laquelle les Corses semblent avoir joué un rôle majeur sert de base aux communications de ce colloque, témoignant d’un lien étroit entre la cité étrusque et l’île à l’époque antique. Il est analysé de manière détaillée par D. Maras dans le cadre du projet « Fontes ad res Etruscas pertinentes » coordonné par G. Colonna depuis 2002. D. Maras tente d’identifier les sources sur lesquelles se serait appuyé Servius et replace ce témoignage, particulièrement étudié depuis les années 1980, dans le cadre général des présences phocéennes en Méditerranée centro-septentrionale à l’époque archaïque.

 

         V. Belfiore s’est attachée à l’étude du nom de Populonia et à ses différentes variantes sur les monnaies étrusques, formées sur une base linguistique italique et qui témoignent d’une certaine souplesse dans l’onomastique et la toponymie étrusques. E. Benelli a ensuite proposé l’étude précise d’un bloc de marbre gravé de la première moitié du IIe s. av. J.-C. découvert en 2011 derrière le temple C de l’acropole de Populonia. La plaque a été interprétée comme appartenant à une inscription lapidaire monumentale rattachée à un lieu de culte puisque l’usage de certains termes ne trouve de confrontation que dans le liber linteus. Ces deux communications mettent l’accent sur Populonia et ne se rattachent pas à la question des contacts avec les grandes îles de la mer Tyrrhénienne.

 

 

La tradition des échanges maritimes

 

         Cette thématique explorée depuis un demi-siècle porte un regard maritime et essentiellement commercial sur les échanges entre la péninsule et les îles. Elle suit deux directions complémentaires : l’une portée sur l’étude géographique, géomorphologique, archéologique et textuelle des littoraux, l’autre orientée vers les routes de la navigation caractérisées par des catégories d’objets spécifiques.

 

         Le thème des littoraux est abordé en premier par M. Gras à qui l’on doit les synthèses de référence sur les trafics tyrrhéniens et sur les ports vecteurs de ces échanges. Il se situe dans la continuité des travaux de M. C. Ascari et d’A. Berthelot publiés dans les années 1930 sur la géographie ancienne de la Corse et  la Géographie de Ptolémée. Dans son troisième livre, celui-ci décrit les côtes corses en suivant les principales embouchures fluviales (ekbolai) qui font le lien entre la mer et l’hinterland. L’enquête géographique de M. Gras présente les localisations proposées par M.C. Ascari pour chacun de ces ekbolai, en apportant parfois des corrections.  La conclusion est sans appel : les fouilles systématiques sont désormais indispensables pour une véritable connaissance des littoraux corses et les grands fleuves doivent être au cœur des enquêtes de terrain. Le littoral de Piombino est exploré par P. Giroldini qui présente une synthèse sur les dynamiques de peuplement de la plaine entre le VIIIe et le Ve av. J.-C. P. Giroldini met en évidence les lacunes dans la connaissance des périodes précédant le IVe av. J.-C. du fait d’un manque de recherches de terrain et de publication du matériel. C’est sur ce matériel inédit découvert durant les trente dernières années qu’il fonde sa communication, révélant une multiplication des indices d’occupation à l’époque orientalisante moyenne – récente et une forte contraction du peuplement dans la seconde moitié du VIe av. J.-C. On regrette que les limites de la lagune antique de Piombino n’apparaissent pas sur les cartes de répartition et il serait certainement très bénéfique de mener des investigations archéologiques dans les lieux désignés par P. Giroldini pour vérifier les contextes de découvertes. L. Cappucini poursuit l’étude du littoral étrusque au sud de Populonia à partir de la reconstitution géomorphologique et hydrographique du golfe de Follonica. Il livre un article très complet qui détaille la côte et propose de nouvelles données et hypothèses reconstructives. Le problème de la localisation et de l’extension des espaces lagunaires est lié à la reconstitution du réseau portuaire de Populonia. Sur la base des cartes historiques, des témoignages littéraires antiques et des portulans, il reconstitue un ensemble lagunaire divisé en quatre parties. A l’époque archaïque, Populonia a pu exploiter l’aire lagunaire de la rade de Portovecchio et celle de Poggio all’Agnello comme mouillages tandis que Vetulonia utilisait certainement la lagune de Scarlino qui, subissant un possible envasement au Ve av. J.-C., provoque en partie la crise qui touche la cité étrusque.

 

         J. Gran-Aymerich aborde le thème des routes de navigation par le biais des exportations de la cité de Caere et questionne les degrés de diffusion de ces productions. Il met ainsi en évidence le paradoxe qui caractérise la Corse dans le contexte tyrrhénien : si elle occupe une grande place dans les routes maritimes, on ne trouve du matériel étrusque qu’à Aléria. En revanche, ce matériel est le même que celui retrouvé à Marseille, à La Castellina et à Populonia. On identifie également des bronzes provenant de Provence et d’Ibérie et des panoplies d’armement de parade complètes dans les tombes de Casabianda similaires à celles des élites du secteur catalano-provençal. L’épigraphie des graffitis de Casabianda et de l’habitat d’Aléria utilisent le même « étrusque colonial » que sur le plomb de Pech-Maho. La somme de tous ces éléments montre la pleine intégration d’Aléria dans le réseau nord-tyrrhénien et place cette cité au même rang que les sites étrusquisés du sud de la Gaule. Cette analyse se place dans une thématique désormais cinquantenaire sur le commerce étrusque vers le Midi français.

 

         R. Zucca explore la route maritime entre la Sardaigne, la Corse et Populonia à travers le prisme de la mythographie et celui des éléments composant cette navigation. L’étude des textes révèle un contexte sardo-corse très ancien et un lien entre la côte d’Étrurie septentrionale et les îles bien établi chez Strabon. R. Zucca concentre ensuite son attention sur des catégories matérielles très spécifiques, abordant le thème de l’apport chypriote dans la péninsule italique par la Sardaigne et la diffusion des amphores « Sant’Imbenia » et des brocs askoïdes typiques du contexte sardo-phénicien en Étrurie. Il ressort que la route qui lie la Sardaigne et la Corse à l’Étrurie suit la quête du métal au VIIIe av. J.-C., fréquentée par des Sardes, des Phéniciens et des Eubéens. Si la Sardaigne apparaît ainsi comme un élément clef dans les dynamiques commerciales tyrrhéniennes, la Corse semble en retrait, dépendante de sa grande voisine.

 

         L’île d’Elbe, pourtant indispensable dans la quête des métaux, n’est abordée qu’à deux reprises. A. Maggiani présente un état de la situation archéologique sur l’île pour la période hellénistique. L’essentiel des fouilles a eu lieu dans les années 1970 (découverte du réseau des forteresses préhelléniques et du premier hellénisme avec les sites de Monte Castello di Procchio et de Castiglione di San Martino entre 1977 et 1985) et 1980 (fouilles en 1988 de la nécropole de Buraccio de la fin du IIIe av.J.-C. et fouilles des tombes et d’un lieu de culte du tardo-hellénisme à Colle Reciso en 1984)  puis l’activité archéologique s’est tarie, ponctuée de découvertes fortuites. Ces sites illustrent les soubresauts historiques que connaît l’île entre la phase syracusaine de la fin du Ve s. à l’occupation romaine au IIe s. av. J.-C. et l’exploitation des ressources minières toujours croissante. Pour faire face à cette discontinuité des recherches, peu publiées de surcroît, le groupe « Aithale », présenté par F. Cambi , A. Corretti et L . Pagliantini (fondé en 2006 par le Laboratoire des Sciences de l’Antiquité de la SNS de Pise, avec les Universités de Florence et Sienne, le CNR et la Surintendance) s’est donné pour objectifs la reprise de la documentation existante, l’acquisition de nouvelles données (des fouilles ont été menées à San Giovanni [Portoferraio] en 2012 et des analyses de scories et de matériels provenant de zones extra-insulaires ont été réalisées) et la mise en place d’un SIG. Ces nouvelles recherches permettent d’apporter des nuances dans la chronologie, la localisation et l’extension de l’exploitation du fer de l’île dont la reconstitution pour l’époque antique  a été fortement conditionnée par l’usage des mines du Moyen Âge à la fin du XXe siècle.

 

 

Les études matérielles et iconographiques

 

         Autre grande tradition de recherches, la description et l’analyse de corpus d’objets et d’iconographies qui mettent en évidence des affinités exogènes ou des particularités locales, des faciès culturels ou des koinè matérielles dans un contexte tyrrhénien à première vue unitaire. La majorité des communications intègrent ce volet, en s’appuyant dans l’ensemble sur les données publiées et sur les documents d’archives et, seulement dans quelques cas, sur les dernières recherches réalisées sur la côte toscane. On peut diviser en deux parties également complémentaires les recherches sur les corpus d’objets : les études d’un type de production (la communication d’A. Coen sur les productions d’orfèvrerie), du mobilier d’un site en particulier ou d’une iconographie précise (les présentations de L. Ambrosini sur l’adligatus et M. Harari sur les stamnos aux putti chevauchant des dauphins) et celles qui tendent à une visée plus générale et synthétique pour créer un cadre culturel et contextuel aux productions. Nous ne pourrons entrer dans le détail des communications mais il est important de souligner la dualité Aléria-Populonia dans ces recherches, puisque ce sont les objets provenant pour la plupart des contextes funéraires de l’une ou l’autre cité qui sont étudiés. Seule M. Lechenault dépasse le cours du Tavignano pour présenter le mobilier de Cagnano en Haute-Corse, dans lequel elle met en évidence des marqueurs culturels locaux et des influences étrusques au premier âge du Fer. Il ressort nettement des études du mobilier d’Aléria une forte présence étrusque, aussi bien dans les types d’objets que dans les usages (adoption du banquet « à l’étrusque » notamment : communication de L. Donati), qui trace un portrait « étrusquisé » de l’élite locale. Certains types de mobiliers provenant de Grande Grèce (la céramique de « Gnathia » étudiée par J.-P. Morel) montrent une insertion de l’île dans les réseaux couvrant l’ensemble de la mer Tyrrhénienne. Le manque général de données sur l’ensemble de la Corse se fait cependant ressentir et la reconstitution du cadre culturel, socio-politique et cultuel de l’île à l’époque antique par le seul prisme d’Aléria serait une erreur. Les contextes de découvertes sont peu connus en Corse tandis que l’accent est mis sur les fouilles récentes dans différents secteurs de la cité de Populonia. Quatre communications présentent les résultats des recherches dans les secteurs des nécropoles de Populonia et en Étrurie septentrionale : S. Steingräber s’intéresse au type des tombes à fausses coupoles, L. Alderighi questionne les routes commerciales sur la voie du minerais à l’époque archaïque à travers le mobilier des tombes « à sarcophage » ou « à caisson » de Populonia, F. Biagi et S. Neri font le point sur les nouvelles fouilles dans le golfe de Baratti à la localité de Ficaccio et M. Milletti et F. Pitzalis (avec un appendice sur les analyses anthropologiques de V. Amoretti) présentent l’intervention d’urgence entre 2010 et 2011 sur les tombes du Haut-Hellénisme dans le secteur de Casone. G. Bartoloni fait une mise à jour des informations acquises sur l’acropole de Populonia et sur l’évolution de l’habitat. L’imitation locale d’objets sardes et une phase initiale de l’activité métallurgique au VIIIe s. av. J.-C. présentent Populonia comme un centre catalyseur du district minier, ouvert aux contacts et aux échanges notamment de savoirs technologiques : à plusieurs reprises dans le colloque la présence d’artisans métallurgistes sardes aux premières phases de l’activité à Populonia est soulevée (notamment dans la communication commune de M. Cygielman et alii). Enfin M. Bonamici revient sur le quartier industriel de Populonia, en reprenant la documentation des fouilles de la fin des années 1970 et des trois campagnes entre 2004 et 2006. Elle propose une chronologie des transformations survenues entre la 1ère moitié du VIe et son abandon à la 1ère moitié du IIIe av. J.-C. Dans la première phase, l’édifice à caractère artisanal est en réalité une demeure de type aristocratique dans laquelle s’effectue une intense activité de travail du minerai. Ce type de demeure se retrouve de Cumes à Bologne, formant une route de groupes aristocratiques qui fondent leur pouvoir sur l’exploitation du fer sur le modèle des Eubéens installés dans le secteur de Mezzavia à Pithécusses.

 

         On notera l’absence de synthèse conclusive à la fin de l’ouvrage qui aurait pourtant été bénéfique si ce n’est salutaire pour un bilan clair de la situation actuelle des connaissances sur les différents acteurs de l’espace nord-tyrrhénien et sur leurs interactions. En effet, ces actes de colloque se présentent comme une somme extrêmement riche en informations diverses que l’ordre, semble-t-il aléatoire, des articles rendent difficilement appréhendables dans leur globalité. Plusieurs lignes ressortent cependant, comme le manque de fouilles systématiques en Corse souligné à plusieurs reprises, une méconnaissance du cadre général de la Corse antique du fait d’une information géographique non homogène et d’une difficulté d’accès aux sources. En effet, on relève que la plupart des recherches présentées se fondent uniquement sur de la documentation d’archives et sur les publications qui datent pour la plupart des années 1960-1970. Non que cette documentation ne soit plus valable, mais les études italiques et fortiori étrusques ont grandement évolué depuis cette époque, accentuant le hiatus chronologique des études corses. Si l’intitulé du colloque semblait concentrer l’attention sur les rapports entre l’île et Populonia, c’est presque exclusivement à travers le prisme d’Aléria que la Corse est abordée et on relève une forme de « dérive » vers la Sardaigne des problématiques soulevées pour la Corse. La Sardaigne nuraghe est au cœur de plusieurs communications car les rapports qu’elle entretient avec Populonia et le secteur minier de l’Étrurie septentrionale sont désormais bien établis. Il y a une forme de compensation des lacunes dans les études corses par l’adoption du prisme sarde.

 

         Aléria, qui occupe une place centrale dans les recherches sur la Corse, se place directement dans l’orbite de l’Étrurie, ses élites en adoptant les usages et la culture matérielle, à l’instar de Gênes en Ligurie qui apparaît dans la communication, isolée, de P. Melli sur le tumulus d’Acquasola.

 

         Des rapports étroits et complexes unissent les grandes îles de la mer Tyrrhénienne à l’Étrurie, commerciaux, économiques, politiques, culturels et cultuels. Le transfert des savoir-faire dans le cadre de l’activité métallurgique est également bien présent, à une période où l’essentiel des navigations est motivé par la quête des métaux.

 


[1] Un thème déjà exploré : Le rotte nel mar Tirreno: Populonia e l'emporio di Aleria in Corsica, Catalogue de l’exposition, Piombino 2001, Livourne, 2001.

Cristofani M., Martelli M., « Aléria et l’Étrurie à travers les nouvelles données des fouilles de Populonia », dans Archeologia Corsa, VI-VII, 1981-1982, pp. 5-10.

Grand-Aymerich J., Jehasse O., « Les îles du monde étrusque : le cas de la Corse et Alaliè », dans Mediterranea, III, 2007, pp. 141 – 172.

Dans Materiali per Populonia, 10, Pise, 2011 la quatrième partie (pp. 359 – 457)  était dédiée à la Corse et Populonia, présentée comme une amorce au présent acte du colloque des Studi Etruschi ed Italici.

[2] Camporeale G. (éd.), Gli Etruschi fuori d’Etruria, San Giovanni Lupatoto, 2001.

Gras M., « L’Etruria villanoviana e la Sardegna settentrionale: precisazioni ed ipotesi », dans Istituto Italiano di Preistoria e Protostoria, Atti della XXII riunione scientifica nella Sardegna centro-settentrionale, 1978, Florence, 1980, pp. 513-538.

Lo Schiavo F., Falchi P., Milletti M., Gli Etruschi e la Sardegna. Tra la fine dell’età del Bronzo e gli inizi dell’età del Ferro, Cagliari, 2008.

[3] L’Etruria mineraria, Atti del XII Convegno di Studi Etruschi ed Italici, Firenze, Populonia, Piombino, 16-20 giugno 1979, Rome, 1981.

Etruria e Sardegna centro-settentrionale tra l’età del bronzo finale e l’arcaismo, Atti del XXI Convegno di Studi Etruschi ed Italici, Sassari-Alghero-Oristano-Torralba, 13-17 ottobre 1998, Rome, 2002.

[4] Pour reprendre le titre de l’ouvrage de M. Gras : Trafics tyrrhéniens archaïques, Rome, 1985.


 

Sommaire

 

Elenco degli iscritti e dei partecipanti, 9

 

Prima giornata di lavori

Seduta antimeridiana del 25 ottobre 2011

 

J. CESARI Salutation, 11

G. CAMPOREALE Un convegno di studi etruschi in Corsica, 17

D. BRIQUEL Le fait étrusque en Corse. La lente émergence d’une problématique, 25

G. COLONNA Sul processo di etnogenesi dei Corsi, 33

D.F. MARAS Populus ex insula Corsica. Ancora sulla fondazione di Populonia, 47

L. DONATI Il simposio ‘all’etrusca’ ad Aleria, 61

M. GRAS La Corse et la mer Tyrrhénienne, 75

M. LECHENAULT Le mobilier de Cagnano (Haute-Corse) : un lot de référence pour l’âge du Fer corse, 87

 

Seduta pomeridiana del 25 ottobre 2011

 

A. COEN I rapporti commerciali di Aleria attraverso l’analisi delle oreficerie, 111

P. MELLI Une sepoltura a tumulo all’Acquasola : rapporti tra Etruria e Genova nel VII secolo a.C, 135

Con appendice di E. FRANCESCHI, 147

J.-P. MOREL Les céramiques à vernis noir entre Étrurie et Corse, 157

L. AMBROSINI Nuovi dati sul tema dell’adligatus in Etruria e il cratere del Funnel Group dalla tomba 33 di Aleria, 177

 

Seconda giornata di lavori

Seduta antimeridiana del 26 ottobre 2011

 

J. GRAN-AYMERICH L’Étrurie méridionale, Caeré, Alériaa, Marseille et la Gaule, 205

K. PÊCHE-QUILICHINI Influences, inspirations ou transferts ? La question des affinités corso-toscanes dans les productions matérielles protohistoriques, 227

M. HARARI Auriga parvulus delphini. Lo stamnos con putti su delfini

del Museo Carcopino, 241

R. ZUCCA La rotta fra la Sardegna, la Corsica e Populonia, 249

 

Terza giornata di lavori

Seduta pomeridiana del 27 ottobre 2011

 

M. CYGIELMAN – F. LO SCHIAVO – M. MILLETTI – L. PAGNINI Populonia e Vetulonia fra Corsica e Sardegna , 273

Con Appendice di N. GARNIER, 291

V. BELFIORE Il nome di Populonia, 317

E. BENELLI Un frammento di iscrizione lapidaria etrusca dall’acropoli di Populonia, 329

G. BARTOLONI Populonia e le isole del Tirreno centrale tra VIII e VII secolo a.C. : riflessioni dagli scavi e ricerche in corso, 337

A. MAGGIANI L’Elba in età ellenistica, 357

F. CAMBI – A. CORRETTI – L. PAGLIANTINI « Aithale ». Per una ripresa della ricerca archeologica all’isola d’Elba, 375

S. STEINGRÄBER Le tombe a falsa cupola di Populonia e dell’Etruria settentrionale, 395

M. BONAMICI Ricerche nel quartiere industriale di Populonia, 409

Con appendice di C. GIARDINO, 444

 

Quarta giornata di lavori

Seduta antimeridiana del 28 ottobre 2011

 

L. ALDERIGHI Rotte commerciali nel distretto minerario tirrenico tra VI e V secolo a.C. : i corredi delle tombe ‘a sarcofago’ di Populonia, 461

F. BIAGI – S. NERI Populonia- Baratti, località Ficaccio : nuovi dati dalla necropoli, 483

M. MILLETTI – F. PITZALIS Populonia-Baratti : sepolture alto-ellenistiche

 in località Casone, 501

Con appendice di V. AMORETTI, 517

P. GIROLDINI Fra la campagna e il mare. Sviluppo e contrazione del popolamento nella piana di Piombino dall’VIII al V secolo a.C.,535

 

Seduta pomeridiana del 28 ottobre 2011

 

L. DRAGO Populonia e l’Etruria meridionale. Riflessioni, ipostesi e progetti per una ricerca interdisciplinare, 553

L. CAPPUCINI Il litorale tirrenico a sud di Populonia in epoca etrusca, 567

A. CHERICI Spigolature populoniesi in margine alle tombe con armi, 591

 

 

 

N.B. : Solène Chevalier prépare actuellement une thèse de doctorat en Sciences de l’Antiquité à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes sur les "Ports, paysages littoraux et réseaux maritimes de la mer tyrrhénienne (VIIIe - IVe av. J.-C.)" sous la direction de Stéphane Verger (EPHE - ENS).