Galinsky, Karl - Lapatin, Kenneth (ed.): Cultural Memories in the Roman Empire. 376 p., 7¾ x11 inches, 53 illustrations couleur et 85 noir et blanc, ISBN: 978-1-60606-462-7, 85 $.
(Getty Publications, Los Angeles 2016)
 
Compte rendu par Stéphane Benoist, Université Lille 3
(stephane.benoist@univ-lille3.fr)

 
Nombre de mots : 3071 mots
Publié en ligne le 2017-05-30
Citation: Histara les comptes rendus (ISSN 2100-0700).
Lien: http://histara.sorbonne.fr/cr.php?cr=2761
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          Le présent ouvrage en recension correspond au deuxième volume d’un triptyque qui, durant les trois dernières années, a permis de diffuser largement les résultats d’un programme de recherche intitulé Memoria Romana, porté par Karl Galinsky et financé par la Société Max Planck et la Fondation Alexander von Humboldt. Les deux autres volets de cette enquête collective associant des chercheurs nord-américains et européens (principalement anglo-saxons) s’intitulent : Memoria Romana. Memory in Rome and Rome in Memory, « Supplements to the Memoirs of the American Academy in Rome » n° 10, University of Michigan Press, Ann Arbor, 2014 & Memory in Ancient Rome and Early Christianity, Oxford University Press, Oxford, 2016. Le contenu de la plupart des quinze chapitres de Cultural Memories a été présenté à l’occasion d’une conférence organisée à la Villa Getty de Los Angeles en avril 2013. L’ensemble des contributions est structuré en quatre grandes parties, qui font suite à l’introduction programmatique du porteur de projet et associent l’approche conceptuelle — 1e partie « Concepts and Approaches », p. 23-64, subdivisée en trois chapitres — et l’analyse concrète des expressions plurielles de la culture mémorielle dans le monde romain : d’une part, le rapport entre les dimensions impériale et locale de l’objet d’étude mettant en regard mémoire et identité — 2e partie « Imperial Memories and Local Identities », p. 65-132, comprenant quatre études —, d’autre part, deux ensembles abordant les partes orientis et occidentis de l’Empire romain — 3e partie « Presence and Absence of Memory in the Roman East and West », p. 133-204, subdivisée en quatre chapitres — puis la mémoire de Rome et sa transformation sur une longue durée, de la mise en place du principat augustéen à l’époque tétrarchique — 4e partie « The Transformation of Memory at Rome », p. 205-263, comprenant trois études. L’ouvrage s’achève par une bibliographie générale reprenant tous les titres mentionnés dans les quinze chapitres (p. 264-290, avec près de mille cinquante références, majoritairement en anglais et un seul doublet : Werner Eck 1984 et 1990, à propos du même article republié dans la version paperback de l’ouvrage Caesar. Seven Aspects) et un index général des noms de personnes, de lieux et de quelques notions, sujets ou disciplines importants (p. 291-296).

 

         L’introduction de Karl Galinsky (p. 1-22) ainsi que les trois contributions de la première section du livre (Susan Alcock, « Kaleidoscopes and the Spinning of Memory in the Eastern Roman Empire », p. 24-32 ; Rachel Kousser, « Monument and Memory in Accient Greece and Rome: A Comparative Perspective », p. 33-48 & Tim Whitmarsh, « The Mnemology of Empire and Resistance: Memory, Oblivion, and Periegesis in Imperial Greek Culture », p. 49-64) fournissent une approche théorique solide à toute réflexion portant sur les mémoires culturelles dans l’Empire romain (ce dernier conçu sur une longue durée, de l’époque hellénistique à l’Antiquité tardive). Plusieurs chapitres des trois parties suivantes permettent de prolonger ces considérations au moyen d’exemples fondés sur l’exploitation judicieuse et raisonnée de dossiers de sources textuelles et matérielles qui sont autant d’occasion de nourrir le débat sur les concepts forgés au cours du XXe siècle et alimentent, depuis une quinzaine d’années, les discussions des spécialistes de l’Antiquité participant à ces échanges. Galinsky résume les apports des recherches portant sur la mémoire sociale et collective (à partir des enquêtes pionnières de Maurice Halbwachs), la mémoire culturelle (avec Jan Assmann), ainsi que les lieux de mémoire, et partant les relations étroites entre la mémoire et l’histoire, ce que des études récentes, depuis le mitan des années 1990 ont pu éclairer notamment pour le monde romain, en analysant les effets des procédures de condamnation de mémoire et leurs rapports avec l’oubli. On peut ajouter une référence utile pour toute synthèse sur les pratiques mémorielles dans l’Antiquité, les concepts et leurs enjeux : Thomas Späth, « Au lieu des Lieux, les actes de mémoire. Figurations du passé et pratiques sociales », dans Stéphane Benoist, Anne Daguet-Gagey et Christine Hoët-van Cauwenberghe (dir.), Une mémoire en actes : espaces, figures et discours dans le monde romain, Villeneuve d’Ascq, 2016, p. 23-46. Certes, les rapports du présent au passé, envisagés dans le contexte actuel d’un véritable « Memory Boom », expliquent, en particulier depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, quels furent les chemins empruntés par la recherche et ce à propos de toutes les périodes historiques. Il importe dès lors de s’accorder sur les termes et les enjeux de toute analyse conduite sur les discours et pratiques mémoriels : que sont par exemple les monuments et lieux de mémoire, ces espaces au sein desquels se jouent les reconstructions des récits collectifs fondées sur des réécritures ou de nouveaux enrichissements, ces derniers prenant d’autant plus de sens dans le cadre de l’objet d’étude privilégié par les contributions de cet ouvrage. L’empire romain dont il est en effet question correspond à un temps long qui court de la République impériale, au tournant des IIIe et IIe siècles avant notre ère, aux portes de l’Antiquité tardive, un monde naturellement pluriel, où les passés grec(s) et romain(s) se mêlent à d’autres traditions réputées « barbares » des confins de l’Imperium Romanum et proposent à l’observateur éclairé des mémoires sociales singulières. Je vais privilégier dans ce qui suit trois thèmes ou angles d’approche susceptibles de rendre compte des apports particuliers et collectifs de cette synthèse.

 

         La grande majorité des contributions permet de reprendre à nouveaux frais l’approche globale de la société impériale, de ses rapports au pouvoir sur la longue durée, tout en mettant judicieusement en regard mémoires locales et mémoires impériales qui peuvent, de ce fait, s’entremêler ou parfois entraîner quelques conflits mémoriels à portée sociale. La spécificité de l’empire romain et de son histoire, la pluralité des expériences sociales et collectives, rendent particulièrement fructueuse toute lecture fine et croisée des données littéraires (le plus souvent à forte dimension rhétorique), iconographiques (avec la part des métissages et des reconstructions identitaires) et plus généralement archéologiques, ces dernières impliquant une attention aux espaces, à leurs utilisations emblématiques et aux récits en mouvement des parcours mémoriels qui leur sont étroitement associés. Dans cette perspective, il était donc naturel que les Périégètes soient mis à contribution tout au long du volume : Pausanias tout particulièrement mais également Denys, deux auteurs de l’époque antonine qui ont permis à Tim Whitmarsh de confronter deux visions de l’empire s’attachant diversement à l’ancrage des lieux grecs en un environnement romain plus ou moins volontairement effacé, en pratiquant toutefois un oubli mémoriel fort différent. On relève à ce propos une mise en garde judicieuse contre toute application malencontreuse des concepts contemporains de colonialisme et d’impérialisme en ce qui concerne les rapports entre l’hellénisme porté par la Seconde sophistique et l’hêgemôn romain. Jás Elsner (« Cultural Memory, Religious Practice, and the Invention of Tradition: Some Thoughts on Philostratus’s Account of the Cult of Palaemon », p. 101-115) prolonge la réflexion à propos du culte de Mélicerte-Palémon à l’isthme de Corinthe en convoquant le témoignage de Philostrate qui n’aborde pas, au contraire de Pausanias, la rupture sociale et mémorielle consécutive à la destruction de 146 avant notre ère et à la refondation de la cité en colonia Romana. L’exemple des liens entre Ilion et Rome – le thème des origines troyennes, de la geste d’Énée et de ses nombreuses reprises « impériales » – permet de mettre en regard récits des sophistes et mises en scène des visites des princes. C. Brian Rose (« The Homeric Memory Culture of Roman Ilion », p. 134-152) confronte ainsi les données matérielles sur le site (monumentalisation et mémoire « homérique »), les rituels, spectacles et production de symboles visuels et verbaux, avec les jeux mémoriels sur les récits des guerres homérique et mithridatique, l’impact des destructions et les stratégies impériales de réaffirmation des continuités – on distinguera toutefois dans les commémorations romaines de l’éternité les jeux séculaires proprement dits (17 av., 88 et 204 apr.) des jubilés du dies natalis Vrbis dont l’occurrence antonine se place en 148. La réception contemporaine des mémoires homériques clôt fort judicieusement cet essai. En abordant la permanence des cultes des souverains hellénistiques sous l’Empire, Carlos F. Noreña (« Ritual and Memory: Hellenistic Ruler Cults in the Roman Empire », p. 86-100) ouvre la voie à une prise en compte de la pluralité des pratiques et discours mémoriels, des niveaux locaux et impériaux imbriqués, que je compte aborder désormais. La figure d’Alexandre émerge (près de la moitié des témoignages), qu’elle soit favorablement ou négativement reçue, elle pose d’emblée la question de « l’impact de la monarchie » (dans l’acception proposée par Fergus Millar naguère), même s’il convient d’éviter toute formulation contestable concernant l’évolution du pouvoir impérial, du IIe au IIIe siècle, de la figure du prince dont on ne contestera pas la centralité et le symbole d’unité, vers un « absolutisme militaire » très discutable (ce que l’on retrouve dans plusieurs chapitres).

 

         Forte d’une longue expertise en ce domaine, Susan Alcock aborde sous l’angle des perspectives sociales et culturelles les multiples variations mémorielles en mettant en avant une documentation archéologique qu’elle maîtrise parfaitement : notamment le monument romain « préhistorique » d’Orchomenos, mais également Éphèse et son temple d’Artémis face aux aléas de l’histoire, violence romaine, massacres de la guerre mithridatique et amnésie collective consécutive. À bien des égards, les propos de Felipe Rojas (« Kings from the Deep: The Lydian Lakes and the Archaeological Imagination », p. 191-204) prolongent en écho(s) l’approche générale d’Alcock en abordant les horizons mémoriels perceptibles dans la région de Sardes, les lacs lydiens offrant une lecture alternative à la suprématie locale de la grande cité et de ses dynasties royales. Il en va ainsi d’une carte mentale qui favorise une inversion des perspectives au profit de Hiéropolis, de Torrhebia ou de Klaros face à Sardes, en jouant sur l’héritage perse afin de se distancier du passé lydien, mais également sur les rois hittites par le renouvellement des récits et des identités entre rois et dieux, hommes et paysages. Deux autres chapitres complètent la lecture sur la pluralité des discours mémoriels à partir d’une documentation matérielle à laquelle est prêtée toute l’attention voulue, en termes de mise en contexte et d’analyse des influences et métissages. Il s’agit des études proposées par Zena Kamash (« From the Individual to the Collective: Memory Practices on Religious Sites in Roman Britain », p. 153-169) et Alicia Jiménez (« The Western Empire and the “People without History”: A Case Study from Southern Iberia », p. 170-190). Dans les deux cas, les rapports entre mémoires provinciales – même si demeure une interrogation majeure quant à la pertinence d’une telle identité « provinciale » – et mémoires impériales ainsi que les liens entre individus et sociétés sont interrogés. Si la datation des documents bretons n’est pas toujours fournie, il convient de souligner l’intérêt de la mixité des images produites pour toute approche nuancée des phénomènes de « romanisation », à savoir concrètement l’exemple d’une scène d’adlocutio avec la représentation de chevaux de type celtique. Au-delà, c’est le jeu subtil sur l’oubli et la remémoration qui est au cœur des exemples analysés, thème sur lequel je reviendrai en dernier lieu. L’étude des cippes funéraires de Baelo Claudia et les liens probables avec certains exemplaires d’Étrurie montre des combinaisons romano-italiennes qui s’inscrivent sur le sol provincial dans d’autres réalités, tandis qu’est pratiquée de surcroît l’appropriation des récits de fondation gréco-romains (un discours grec réactualisé à l’époque augustéenne de la geste d’Énée). Greg Woolf (« Mars and Memory », p. 206-224) permet de poursuivre à Rome même la mise en lumière de ce discours mémoriel en prenant à témoin le forum Auguste considéré, à l’égal des grottes préhistoriques utilisées à dessein, comme un sanctuaire mettant en jeu une mémoire sociale, avec une insertion dynastique volontariste (la domus Augusti et ses principes iuventutis) au sein de l’histoire générale romaine (les summi viri et leurs elogia).

 

         Pratiquant une longue durée assumée et justifiée, de l’âge de Bronze (voire depuis le Paléolithique supérieur) jusqu’au terme du VIe siècle de notre ère, les contributions de ce volume s’accordent sur les ressorts essentiels d’une mise en scène de mémoires plus ou moins conflictuelles, assurément destinées à favoriser une identité collective en constante redéfinition, qui peuvent à l’occasion instrumentaliser l’oubli, par le discours (mythologique et historique), les images et leur inscription en un paysage donné, mis en mouvement à l’occasion lors de processions et de parcours ritualisés. Dans son analyse comparée des monuments grecs et romains, Rachel Kousser interroge les pratiques de la condamnation de mémoire, reprises de monuments, effacements et réécriture, de l’oubli des souverains hellénistiques (Philippe V, Persée) aux châtiments infligés aux « mauvais » princes (Néron, Géta) – la statue, comme substitut du prince absent, faisant l’objet d’une « attention » constante de la part de la foule, de manière plus ou moins spontanée, et de celle des autorités, imperatores conquérants de la République, successeurs en quête de légitimité. L’Antiquité tardive offre en définitive un territoire privilégié à cet égard, les affrontements polythéistes/chrétiens étant de nature à favoriser les mises en scène de pratiques mémorielles concurrentes, mais trouvant bien souvent un moyen terme dans la réoccupation de lieux et l’enrichissement de monuments, afin de ne pas détruire complètement en justifiant de ce fait toutes les réutilisations. C’est ce que Z. Kamash identifie comme ces « acts of remembering to forget and forgetting to remember » (p. 162). Deux illustrations peuvent être mentionnées dans cette perspective. Tout d’abord, l’étude d’Ann Marie Yasin (« Shaping the Memory of Early Christian Cult Sites: Conspicuous Antiquity and the Rhetoric of Renovation at Rome, Cimitile-Nola, and Poreč », p. 116-132) qui part de l’analyse de trois églises tardo-antiques afin de mesurer la perception de leur passé, du IVe au VIe siècle, en mettant l’accent sur les processus de modernisation ou de restauration, et les enjeux d’une réécriture qui instrumentalise les changements par le recours à des inscriptions commémoratives ou la pratique systématique de l’accumulation. On peut toutefois s’interroger, pour les exemples étudiés, quant à la réception des mutations mises en scène, la lisibilité des textes affichés ou l’identification des portraits d’évêques. C’est ensuite le dernier chapitre proposé par Elizabeth Marlowe (« The Multivalence of Memory: The Tetrarchs, the Senate, and the Vicennalia Monument in the Roman Forum », p. 240-263) qui offre une leçon de méthode bienvenue à partir des données archéologiques renouvelées, depuis la fin des années 1980, concernant le forum Romanum à l’époque tétrarchique. Bien que l’on puisse discuter certains points de la démonstration – en acceptant ou non l’identification « sénatoriale » du message proposé par la base des Vicennalia et son insertion dans l’espace monumental des rostres –, l’ensemble a valeur de réflexion stimulante sur la nature du régime tétrarchique, des variations d’un discours impérial devant prendre la mesure des changements intervenus après un long IIIe siècle de mutations, mais également illustre ce que peut être un « lieu de mémoire » romain, à partir de la conception héritée du programme de recherche lancé par Pierre Nora. Il n’est pas inutile d’avoir en tête l’importance de Maxence, comme dernier empereur « augustéen », sa conception du pouvoir et de sa persona impériale, porteuse d’une histoire millénaire. L’identification des scènes de la base, de leur composition et des personnages représentés, tout comme le nombre des colonnes et leur dimension monumentale rendent compte de la fécondité de toute enquête croisant les données littéraires, iconographiques et proprement archéologiques. Le propos de Steven Rutledge (« Conflict, Culture, and Concord: Some Observations on Alternative Memory in Ancient Rome », p. 225-239) prolonge cet ensemble de recherche sur les mémoires collectives et leur éventuelle mise en concurrence, l’aristocratie romaine pouvant se prévaloir d’une occupation légitimée de l’espace urbain dans le cadre de manifestations mémorielles (funera, triumphus) affirmant publiquement le statut privilégié de ses propres valeurs dignes de mémoire. L’identification de lieux de mémoire plébéienne sur l’Aventin permet de mettre en relief les processus d’appropriation engagés dès l’époque augustéenne par les princes. Ces derniers, tout en fondant leur légitimité sur les pratiques aristocratiques qui sont les leurs en tant que Iulii ou Claudii, mais en amplifiant les formes commémoratives de cette mémoire sociale collective à leur profit, peuvent également engager un dialogue avec la plèbe destiné à les ériger en protecteur naturel (provocatio ad populum) et à leur adjoindre les lieux de sa mémoire pluriséculaire (la triade de l’Aventin, Diane, le temple de la Concorde, et l’exemple de Tibère).

 

         La contribution de John Weisweler (« Making Masters, Making Subjects: Imperial Ideology and Memory Policy in the Early Roman Empire and in the Later Roman State », p. 66-85) me donne l’opportunité de conclure la recension de ce volume très riche en perspectives diverses sur la conception des mémoires collectives plurielles d’un monde romain multiple et l’approche de la société impériale que l’on peut en déduire sur une très longue durée. Si je n’adhère pas à sa vision générale de l’évolution de l’Imperium Romanum telle qu’elle est reconstruite, de l’époque augustéenne à la fin du IVe siècle de notre ère (la notion d’État mondial intégré, la conception d’un pouvoir impérial divinisé, les rapports sociaux entre maîtres et sujets), il n’en demeure pas moins que la voie empruntée est la bonne : comprendre les ressorts d’une réécriture permanente de la mémoire collective et ses enjeux, politiques, sociaux et religieux. C’est tout l’intérêt de poursuivre la quête d’une Memoria Romana, en en contextualisant précisément les variations hic et nunc.

 

 

Sommaire

 

Chap. 1 : Karl Galinsky, « Introduction », p. 1-22

Part 1— « Concepts and Approaches », p. 23-64

Chap. 2 : Susan Alcock, « Kaleidoscopes and the Spinning of Memory in the Eastern Roman Empire », p. 24-32 

Chap. 3 : Rachel Kousser, « Monument and Memory in Accient Greece and Rome: A Comparative Perspective », p. 33-48

Chap. 4 : Tim Whitmarsh, « The Mnemology of Empire and Resistance: Memory, Oblivion, and Periegesis in Imperial Greek Culture », p. 49-64

Part 2— « Imperial Memories and Local Identities », p. 65-132

Chap. 5 : John Weisweler, « Making Masters, Making Subjects: Imperial Ideology and Memory Policy in the Early Roman Empire and in the Later Roman State », p. 66-85

Chap. 6 : Carlos F. Noreña, « Ritual and Memory: Hellenistic Ruler Cults in the Roman Empire », p. 86-100

Chap. 7 : Jás Elsner, « Cultural Memory, Religious Practice, and the Invention of Tradition: Some Thoughts on Philostratus’s Account of the Cult of Palaemon », p. 101-115

Chap. 8 : Ann Marie Yasin, « Shaping the Memory of Early Christian Cult Sites: Conspicuous Antiquity and the Rhetoric of Renovation at Rome, Cimitile-Nola, and Poreč », p. 116-132

Part 3— « Presence and Absence of Memory in the Roman East and West », p. 133-204

Chap. 9 : C. Brian Rose, « The Homeric Memory Culture of Roman Ilion », p. 134-152

Chap. 10 : Zena Kamash, « From the Individual to the Collective: Memory Practices on Religious Sites in Roman Britain », p. 153-169

Chap. 11 : Alicia Jiménez, « The Western Empire and the “People without History”: A Case Study from Southern Iberia », p. 170-190

Chap. 12 : Felipe Rojas, « Kings from the Deep: The Lydian Lakes and the Archaeological Imagination », p. 191-204

Part 4— « The Transformation of Memory at Rome », p. 205-263

Chap. 13 : Greg Woolf, « Mars and Memory », p. 206-224

Chap. 14 : Steven Rutledge, « Conflict, Culture, and Concord: Some Observations on Alternative Memory in Ancient Rome », p. 225-239

Chap. 15 : Elizabeth Marlowe, « The Multivalence of Memory: The Tetrarchs, the Senate, and the Vicennalia Monument in the Roman Forum », p. 240-263