James-Sarazin, Ariane (dir.): Entre Jaurès et Matisse. Marcel Sembat-Georgette Agutte. À la croisée des avant-gardes. Exposition aux Archives nationales, musée de l’Histoire de France, Hôtel de Soubise, 2 avril - 13 juillet 2008, 24,6x28 cm, 200 pages, 255 ill., ISBN : 9782757201800, 30 euros
(Co-édition Somogy, Paris / Archives nationales 2008)
 
Compte rendu par Béatrice Joyeux-Prunel, École normale supérieure (Paris)
(beatrice.joyeux-prunel@ens.fr)

 
Nombre de mots : 2739 mots
Publié en ligne le 2009-03-19
Citation: Histara les comptes rendus (ISSN 2100-0700).
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    « Je ne puis vivre sans lui. Minuit, 12 heures qu’il est mort, je suis en retard ». Le jour de la disparition de Marcel Sembat (1862-1922), homme politique socialiste, ancien ministre des Travaux publics pendant la Grande Guerre, son épouse l’artiste Georgette Agutte (1867-1922) se tire une balle dans la gorge. Cette double disparition, en septembre 1922, troubla profondément les élites politiques et culturelles de l’époque. Marcel Sembat avait été avocat, franc-maçon, journaliste à la plume acérée, député socialiste, tribun redouté à la chambre, ministre, on l’a vu, mais aussi collectionneur et défenseur de la liberté artistique. Son épouse, Georgette Aguttes, signait ses peintures du nom d’Agutte sans s : « pourquoi serais-je au pluriel ? », aurait-elle déclaré à la féministe Louise Weiss [1]. Elle exposait régulièrement dans les galeries modernes consacrées. Elle avait été l’amie de Matisse, de Signac, de Rouault et de bien d’autres. Si la présence de leur très belle collection de peintures au musée de Grenoble rappelle la finesse de goût de ce couple collectionneur, leur mémoire s’éteint vite après les années 1920.

    Le propos de l’exposition des Archives nationales tenue à l’hôtel de Soubise en 2008 fut de revenir sur cet oubli. Son catalogue présente l’impressionnant fonds Agutte-Sembat, donné aux Archives nationales en plusieurs morceaux d’avril 2003 à mai 2006 (cote 637 AP), qu’elle accompagne de nombreux éléments de la collection du couple, souvent prêtés par des collectionneurs privés. L’ouvrage vient compléter une historiographie lacunaire, tout en réparant la faute collective des historiens qui auraient « oublié » de parler de ces acteurs - sur lesquels, peut-être, ils manquaient surtout d’informations et d’un catalogue aussi bien fait, tant est grande la qualité de ce travail de classement, d’interprétation, de mises en relations, d’analyse historique et critique parfois empathique mais jamais hagiographique.

 

    De nombreux documents de la correspondance de Marcel Sembat sont reproduits. Leur interprétation est faite à l’aide de l’historiographie disponible sur la franc-maçonnerie, sur le socialisme et l’anarchisme français, sur les élites politiques de la IIIe République ; un peu moins, de manière étrange, avec celle disponible sur l’art de cette époque. Aux écrits s’ajoutent des images : œuvres de la collection des Sembat, de Georgette Agutte, catalogues d’expositions, cartons d’invitations. Une source exceptionnelle donne un éclairage très personnel à ces documents : les journaux de Marcel Sembat, tenus de 1884 à sa mort en 1922. Leur édition complète par Christian Phéline met à la disposition des historiens une source de première qualité [2].
    Le catalogue s’ouvre sur la présentation de l’amour fusionnel des deux époux, illustré d’extraits de leur correspondance et de portraits par Agutte de son époux et d’elle-même. La première section est ensuite consacrée à la carrière de Sembat, « homme politique et franc-maçon » (article de Denis Lefebvre), sur laquelle les sources semblent les plus nombreuses. On y apprend l’histoire de cet avocat d’un temps, lecteur insatiable, engagé dès la vingtaine dans les réseaux républicains de réflexion sociale et politique. En 1891, il crée avec des amis la Revue de l’Évolution, premiers pas d’une carrière de journaliste. D’abord consacrés à la théorie évolutionniste et à des questions scientifiques, ses articles dévient vers la sociologie, Sembat découvrant à la lecture de Spencer le socialisme dans lequel il s’engage. Reçu, dès 1891, par une loge franc-maçonne de Lille, Sembat poursuit la carrière journalistique, achetant en 1892 avec deux amis La Petite République française, devenue l’année suivante La Petite République. En 1893 il est élu député socialiste indépendant du XVIIIe arrondissement de Paris : première reconnaissance publique d’une trajectoire politique accaparante. À la Chambre, Sembat se fait remarquer par sa verve acérée. Il travaille sans cesse, accompagne la structuration puis l’unification du socialisme français lors de la fondation en avril 1905 de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), marchant derrière Jaurès dont le charisme ne l’empêche pas d’exprimer parfois son désaccord avec lui. Après l’assassinat de Jaurès puis l’entrée en guerre du 3 août 1914, Sembat soutient l’Union sacrée. Il est chargé des Travaux publics dans le cabinet Viviani, jusqu’à son départ en 1916 du gouvernement Briand. S’ensuit une traversée du désert : difficulté à se remettre de la mort de Jaurès, carrière politique abîmée par les échecs de la politique de ravitaillement en charbon pendant le conflit. Sembat, tout en restant acteur de l’histoire socialiste (il refuse l’adhésion à la IIIe Internationale lors du congrès de Tours en 1920), se réfugie dans la lecture, l’écriture et l’amour de l’art, entre Chamonix et la maison de Bonnières où la collection du couple, selon ses volontés, doit être vouée à un musée après sa mort.  
    Les documents présentés donnent de cette chronologie une présentation vivante : correspondances, photographies, coupures de journaux, caricatures, affiches, programmes politiques, brouillons de plaidoiries ou de conférences, jusqu’aux bustes d’hommes politiques, dont un magnifique Jules Guesde en orateur par Georgette Agutte (vers 1921, p. 35), et aux croquis de séances à l’Assemblée. Rien n’y manque, du cordon de maître du Grand Orient de France de Sembat, à la lettre anonyme adressée pendant la guerre à Georgette la « fille Agutte, boche youtre, complice du Vendu aux financiers allemends (sic) Sembat ‘il ne s’en battra pas l’œil longtemps’ » (p. 62).
    Plutôt que de se borner à une chronique répétitive, cependant, les articles soulignent la dimension indissociablement intellectuelle et politique de Sembat. L’homme fut toujours persuadé que la science transformerait la société de son époque et renouvellerait l’humanité. D’où probablement, pour lui, l’absence de contradiction entre engagement socialiste et franc-maçonnerie, une activité que le parti socialiste finit par tolérer. L’homme restait écartelé, cependant, entre son goût pour la réflexion et l’activisme politique. Il accumulait les réunions, les visites locales ou lointaines, achetant, parfois – on le lui aurait reproché – telle ou telle voix importante. Le député sut plaider, à la Chambre, pour l’éducation et le théâtre populaire, la modernisation des campagnes, voire pour la défense de la littérature symboliste ou de la peinture cubiste. Mais il rêvait d’une vaste synthèse de ses réflexions sur la philosophie, les sciences naturelles, la sociologie, la psychologie, comme la littérature et les arts : ouvrage impossible, que ne rattrapa jamais la publication posthume, en 1924, de La Victoire en déroute. Cette tension entre l’intellectuel et l’homme politique fit de lui, probablement, un personnage jamais bien compris dans les deux milieux. Son entourage politique lui reprochait son relativisme et sa dérision ; et l’on comprend pourquoi Sembat ne put hériter de l’autorité morale de Jaurès – outre ses échecs au ministère des Travaux publics, et l’apparition d’une jeunesse politique plus dynamique dont Léon Blum fut un acteur central. Sembat cherchait, de l’autre côté, à s’entourer d’intellectuels : les uns, les amis, l’épaulaient (pendant la Première Guerre, il fit de Léon Blum son chef de cabinet et appela Gustave Kahn à son secrétariat particulier) ; certaines dédicaces témoignent de l’estime d’ennemis politiques, tels Maurice Barrès et Léon Daudet ; mais les correspondances et les dédicaces d’ouvrages de sa bibliothèque personnelle laissent penser que plus souvent on le flattait.

    La deuxième section du catalogue approfondit l’étude du Sembat ami des arts. Christian Phéline expose son rôle dans la crise du Salon d’Automne de 1912, et donne un riche aperçu de la presse de l’époque souvent puisé dans le fond Sembat-Agutte. On connaissait déjà bien, de cette histoire, la portée politique, et l’article ne dit rien de nouveau sur son insertion dans l’antigermanisme, les craintes liées à la guerre des Balkans, et la peur que le renouvellement des formes plastiques soit la manifestation d’une invasion culturelle étrangère : on s’étonne que l’auteur cite si peu l’historiographie disponible à ce sujet [3]. Christian Phéline donne en revanche une vue inédite sur les ambiguïtés de cette affaire et sur le rôle pacificateur de Sembat qui ne fut pas tant, finalement, le « défenseur du cubisme » d’une hagiographie réductrice, qu’un médiateur idéal pour désamorcer une affaire qui mettait en difficultés les autorités artistiques de l’époque. Juré du Salon d’Automne, ami des peintres, député respecté, Sembat ne se posait pas en défenseur des avant-gardes accusées de délinquance : les exemples relativement acceptés qu’il cita pouvaient convaincre, et lui-même n’aimait pas le cubisme. Il voulait faire prendre conscience à son public de l’évolution du goût, et démontrer ainsi la cohérence d’une République laissant à la création sa liberté. Il ménageait aussi une voie de sortie honorable au gouvernement de l’époque accusé de trahir la culture nationale, comme la réputation du velléitaire président du Salon d’Automne, Frantz Jourdain, et de ses collaborateurs. C’est dans la même perspective qu’il défendit l’année suivante, au Salon d’Automne encore, la présence d’un nu de Kees Van Dongen jugé pornographique.
    Les documents présentés par cette section touchent plus largement l’activité du Sembat amateur d’art : témoignages de son action dans l’organisation des Salons d’Automne, articles sur son peintre favori Henri Matisse, correspondances d’artistes (celle de Sembat et Matisse, est déjà disponible depuis 2004 [4]), catalogues et dessins, que complète enfin la troisième section de l’exposition Sembat-Agutte consacrée à la collection du couple.
    L’introduction à cette section, toujours par Christian Phéline, souligne l’importance du goût des deux collectionneurs pour la couleur, dont témoignent les œuvres exposées, peintures, sculptures, céramiques, aquarelles et dessins, souvent réunies grâce au legs Sembat que Pierre-André Farcny, dit Andry-Farçy (1882-1950), conservateur du musée de Grenoble, parvint à obtenir pour son musée dans le règlement de la succession Sembat-Agutte. Les éclaircissements de l’auteur sur les ressources financières des Sembat et leur manière d’acheter leurs œuvres sont passionnants, de même que le point qu’il fait sur le « malentendu » entre avant-gardes politiques et artistiques, dont Sembat sut, mieux que ses contemporains, se distancier. On a pu reprocher à sa collection de s’arrêter à Matisse : c’était déjà beaucoup. Les « œuvres phare » portent les signatures d’Édouard Vuillard, Henri-Edmond Cross, René Piot, Georges Rouault, Kees Van Dongen, du céramiste André Metthey, de Paul Signac, Henri Matisse.

    Georgette Agutte, jusque là, apparaissait le plus souvent en filigrane : on sent bien comment ses goûts inspirèrent les choix des tableaux de la collection. Le catalogue vient à elle plus tard, pas avant le dernier tiers de l’ouvrage, après une quatrième partie sur les archives Sembat, dont on parlera plus loin. Inspiratrice du collectionneur, Agutte n’était pas qu’une femme artiste : Pierre Jugie rappelle son rôle d’« assistante de tous les instants » (p. 133), non seulement comme secrétaire et copiste, tandis que Régis Lapasin et Sabine Meuleau soulignent ses engagements sociaux. Une importante section, enfin, est consacrée à Agutte le peintre. Plutôt que de tomber dans l’habituelle question « était-elle un bon peintre ou non ? », comme dans l’approche genrée mal comprise, qui pisterait les caractéristiques culturelles féminines de sa peinture et la lecture féminine qu’on en fit inévitablement, Régis Lapasin et Sabine Meuleau laissent planer l’ambiguïté et exposent plutôt des faits. Agutte fut la seule femme admise dans l’atelier de Gustave Moreau (1893), quatre ans avant l’ouverture officielle des Beaux-Arts aux femmes, et noua des amitiés durables avec plusieurs peintres de l’élite moderniste de son époque. Sa correspondance avec Matisse, où elle prend le rôle d’admiratrice, mais aussi de conseillère, de critique, capable parfois de secouer son destinataire, comme son choix de divorcer, relativisent l’image d’une femme timorée, accrochée à l’ombre de son mari, même si sa passion pour Sembat reste une réalité historique indéniable. Quant aux œuvres, leur réception laisse perplexe : les critiques pouvaient-elles ne pas être élogieuses, tant Sembat était influent ? Mais ne pouvaient-elles pas non plus venir des qualités de sa peinture, et refléter le goût et la persévérance évidents d’une artiste qui produisit, d’après les auteurs, près de 800 peintures sur vingt-cinq ans, outre les sculptures, les aquarelles, les dessins, les objets décoratifs, les céramiques, les bijoux ? Si le style change au cours des années, la peinture reste fidèle aux mêmes teintes éclaircies, pastels, lumière méditerranéenne, et son traitement sait se faire nerveux, parfois agressif. Les inspirations sont à la fois « de leur époque » (paysages et fleurs à l’époque où l’impressionnisme se vend cher et bien, divisionnisme à l’heure de consécration du postimpressionnisme autour de 1905, aplats de type fauve après le fauvisme, peinture plus classique à l’époque du retour à l’ordre…), et « de leur milieu » - prédilection pour les arts japonais, pour les objets décoratifs et les perspectives architecturales -, tandis que les sujets imposent l’image d’une femme de goût (dont on a compris qu’elle voulait l’être), d’intérieur, amie des lettres et des arts. Le tout situe Agutte et sa peinture dans un milieu artistique assis, bourgeois, moderne mais sagement, où l’on ne renonce pas à la perspective traditionnelle et à la relation réaliste entre couleur et objets, même si les auteurs soulignent la présence, dans  son œuvre, de la recherche collective de l’époque sur l’essence de la peinture et l’autonomie de l’espace pictural, dont témoignent en particulier ses expérimentations de peinture sur Fibrociment. Cela enlève-t-il à l’intérêt esthétique et historique de l’artiste Agutte ? Les auteurs, on l’aura compris, refusent le jugement esthétique. Comme le soulignent les deux auteurs, la carrière d’Agutte aurait peut-être été différente si elle n’avait pas été une femme, si elle avait eu besoin de vendre, et son « problème » aurait été « de ne pas avoir choisi le bon courant de la modernité » [le cubisme] (p. 162). Sort-on pour autant, par de telles remarques, de la question du jugement de valeur, puisqu’il s’agit de défendre une artiste et sa peinture ? Que l’art de Georgette Agutte ait plu, plaise ou non, qu’elle ait bien ou mal peint, est une question que la perspective traditionnelle en histoire de l’art oblige à poser. Certains pourront, non sans raisons, la trouver oiseuse. Du point de vue de l’histoire des goûts, en revanche, l’intérêt d’une étude de la peinture de Georgette Agutte peut être de laisser supposer ce que pouvait retenir une « bourgeoise » de la peinture avant-gardiste de son époque : ne peut-on, à partir de là, envisager selon quelles directions les collectionneurs du même type que les Sembat comprirent, lurent la peinture novatrice de leur époque ? L’œuvre immense de Georgette Agutte, enfin, ne pourrait-elle permettre de reconstituer un processus d’assimilation, d’assagissement, voire d’inculturation bourgeoise des innovations avant-gardistes ? Voilà qui aiderait à mieux comprendre cette peinture du juste milieu, souvent désignée, plus encore critiquée, mais dont la genèse ne nous est probablement pas si connue.

 

    La quatrième section, qui précède cette dernière et dont on n’a pas encore parlé, reste la plus croustillante. C’est la mise en abyme de l’énorme travail effectué en amont de cette exposition, consacrée au « vertige des archives » de Marcel Sembat. Pierre Jugie fait entrer dans les affres de son « courrier des Danaïdes » [5] demandes, requêtes, supplications, dès sa carrière de député et plus que jamais pendant la guerre. Sembat ne se départ jamais, pourtant, dans son journal, de cette idée : « l’ordre sur les tables, l’ordre dans les bibliothèques, l’ordre dans la pensée » (p. 132), multipliant les tentatives pour remédier au désordre. Le verdict sans faille de Pierre Jugie sur ses « bien médiocres compétences archivistiques » (p. 135) fera frémir ceux qui ont les mêmes problèmes avec leurs papiers. Outre qu’elle introduit le lecteur au travail de l’archiviste, cette approche met aussi en évidence l’angoisse, chez Sembat, de la fuite du temps. L’auto-analyse permanente de ses cahiers, l’introspection et la dépréciation de soi-même, donnent une image touchante d’un homme insatisfait de lui-même, confronté à l’incessante difficulté à faire des choix, et paralysé peut-être, dans son travail intellectuel, par ces exigences intérieures trop fortes. On sent rarement l’émotion des historiens. Ici, celle des auteurs du catalogue est visible, et se transmet.

Notes
[1] Louise Weiss, Mémoires d’une Européenne, tome 1 (1893-1919), Paris, Payot, 1968, cité par Régis Lapasin et Sabine Meuleau dans « Georgette Agutte femme de l’ombre, peintre de la couleur », dans Entre Jaurès et Matisse…, p. 163.
[2] Marcel Sembat, Les Cahiers noirs. Journal, 1905-1922, édition établie par Christian Phéline, Paris, Viviane Hamy, 2007.
[3] Nancy Troy, Modernism and the Decorative Arts in France : Art nouveau to Le Corbusier, New Haven and London, Yale University Press, 1991 ; David Cottington, Cubism and the Shadow of War: The Avant-Garde and Politics in Paris 1905-1914, New Haven & London, Yale University Press, 1998, et en français le catalogue de l’exposition La Section d’Or – 1925, 1920, 1912, par Cécile Debray et Françoise Lucbert, Paris, Éditions Cercle d’Art, 2000 et Béatrice Joyeux-Prunel, « L’art de la mesure. Le Salon d’Automne (1903-1914), l’avant-garde, ses étrangers et la nation française », Histoire et mesure, 2007, XXII-1, p. 145-182.
[4] Matisse-Sembat. Correspondance. Une amitié artistique et politique (1904-1922), édition établie par Marc Baréty et Christian Phéline, Lausanne, La Bibliothèque des Arts, 2004.
 [5] P. 132 du catalogue, cité des Cahiers noirs, p. 168 (vers 1906 ?).