Debord, Pierre - Varinlioglu, Ender: Hyllarima de Carie. (Revue des Études Anciennes), 21.5 x 27.8, 358 p., ISBN : 9782356132123, 50 €
(Ausonius, Pessac 2018)
 
Compte rendu par Guy Meyer
 
Nombre de mots : 5928 mots
Publié en ligne le 2019-10-24
Citation: Histara les comptes rendus (ISSN 2100-0700).
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            Hyllarima n’est pas la plus connue des cités cariennes. Elle est située entre les vallées du Marsyas (Cine Çay) et de l’Harpassos (Ak Çay), dans la partie orientale de la Carie. J’en avais visité les ruines à l’été 2000 alors que je rédigeais ma thèse de doctorat. J’avais été impressionné par le relativement bon état de conservation des vestiges de l’établissement principal, près du village de Kapraklar. Pour qui se déplace avec les transports en commun disponibles sur place, le site n’est guère d’un accès facile. J’étais parti de Yatagan dans la vallée du Cine Çay, par une compagnie d’autobus locale et j’avais poursuivi à pied le long de la vallée du Meselve Çay, rebaptisé Gökdere. Hyllarima, en ce temps-là, se méritait.

 

            Le livre des éditions Ausonius fait le point des connaissances concernant Hyllarima.  Cet ouvrage a, cependant, été handicapé par le décès de Pierre Debord, survenu en novembre 2015. Celui-ci avait laissé des notes copieuses sur Hyllarima, ses inscriptions, son histoire et ses cultes. Elles ont été mises en ordre, complétées et publiées par ses amis, ses disciples et ses élèves. Elles composent principalement les chapitres II, III et IV, mais elles perfusent le reste du livre. Il n’en demeure pas moins que cette monographie laisse souvent au lecteur un sentiment d’inachevé, avec une bibliographie pas tout à fait à jour ou un peu erratique (voir infra les testimonia et la Bibliographie). Quoi qu’il en soit, Hyllarima de Carie offre au lecteur un utile bilan des recherches sur une cité méconnue située dans une zone à l’écart des grands axes de circulation. Les recherches de Pierre Debord ont débuté en 1991. Elles ont mobilisé de nombreux collaborateurs, outre Ender Varinlioglu. Plusieurs d’entre eux sont crédités dans la table des matières : Jean-Noël Salomon (topographie et géologie), Fabrice Delrieux (numismatique), Isabelle Pimouguet-Pédarros (remparts), Olivier Henry (nécropole). La liste complète de l’équipe est donnée page 10. Précisons qu’il s’agit plus d’une prospection (survey) que d’une fouille, aussi certains des résultats, notamment en matière de chronologie, attendent des confirmations que seuls des sondages ou des campagnes de plus d’ampleur pourraient fournir.

 

            L’introduction dresse le bilan des recherches qui ont précédé. Le site, isolé dans ses montagnes, n’a guère été visité pour la première fois qu’en 1845 (p. 4, n. 4), c’est-à-dire relativement tard par rapport aux sites cariens de la côte égéenne ou situés à proximité des grandes routes, connus dès les XVIIe-XVIIIe siècles. Cet isolement relatif ne doit pas induire en erreur. La vallée du Meselve Çay, rebaptisée depuis Gökdere, est très fertile, bien irriguée et riche en ressources naturelles. On y exploite encore aujourd'hui des carrières de marbre à proximité immédiate du site principal et, près du site secondaire d’Asarcıktepe, on trouve des filons métallifères, cuivre et fer, exploités dans l’Antiquité (p. 187). J’avais moi-même repéré des scories de fonte sur le site principal de Kapraklar. La vallée est riche en eau de surface captée dès les temps anciens (pp. 29-30 et fig. 1).

 

           Pour compléter le tableau de l’« Introduction », il faut se reporter aux pages 275-288 qui dressent le tableau de l’occupation humaine en essayant de définir les limites du territoire d’Hyllarima, sa chora. L’auteur cite Louis Robert qui déduisait des divers noyaux de peuplement du siècle dernier que « les lieux habités devaient être dispersés » déjà dans l’Antiquité (p. 275), avec des villages, immémoriaux, et des villae d’époque impériale.  L’exploration, comme l’épigraphie qui mentionne des villages, komai, confirme cette intuition. Il y avait, semble-t-il, deux sites principaux fortifiés : Asarcıktepe (p. 185-194), doté d’une enceinte de la seconde moitié du IVe a. C., occupé dès l’époque archaïque jusqu’à la période byzantine et Karpaklar, centre politique, avec une agora, un bouleutérion, un théâtre et une enceinte légèrement plus tardive que la précédente. Le site de Karpaklar était beaucoup plus peuplé et plus vaste que celui d’Asarcıktepe.

 

            Les pages 31 à 35 regroupent les testimonia : Étienne de Byzance, Hiéroclès, les listes conciliaires et des inscriptions. Ces dernières proviennent de Rhodes (T 4 et 6, p. 32-33, 34), de Théangéla (T 5, p. 33-34), cité proche d’Halicarnasse, d’Alabanda (T 7, p. 35), près de l’actuel Çine, et de Tralles (Aydın, T 8, p.35). Les témoignages épigraphiques soulignent le faible rayonnement d’Hyllarima, qui n’était guère qu’un centre régional. Cette image est confirmée par la carte qui indique les cités dont on a retrouvé des monnaies à Hyllarima, illustrant l’annexe de Fabrice Delrieux (fig. 4, p. 112, « La circulation monétaire à Hyllarima »), et dans le texte des p. 113-116 : Milet, Caunos (?), Alabanda (3 monnaies), Stratonicée, Rhodes, Clannoudda (Lydie), Apamée (Phrygie). Si l’on excepte Rhodes, la grande puissance régionale qui eut un temps autorité sur Hyllarima, ainsi que le confirment les inscriptions ainsi que les deux monnaies de Lydie (Clannoudda) et de Phrygie (Apamée), qui voisinent la Carie au nord, on ne retrouve à Hyllarima que des pièces frappées dans un périmètre restreint. Une partie des testimonia (4-8) confirme la faible place d’Hyllarima dans le monde grec. La prosopographie externe se réduit dans cette liste à un seul individu décédé à Rhodes (T 4). Debord, insiste, en revanche, à plusieurs reprises sur les relations entre la cité et Stratonicée, sa voisine immédiate vers le couchant.

 

            La collecte des testimonia épigraphiques demeure cependant incomplète. Sans avoir mené l'enquête jusqu'au bout, on peut ajouter :

            1) Une souscription rhodienne, peut-être gravée par une association, qui mentionne un Chrysogonos d’Hyllarima, sans patronyme, qui contribue pour 50 drachmes (G. Pugliese Carratelli, ASAA, 17-18 [1939-1940], p. 168, n° 20, col. III, l. 10).

                  2)  Stratonicée, sanctuaire de Panamara, Hatzfeld, BCH, 51 (1927), p. 68, n° 7 (SEG, 4, 262) ; I. Stratonikeia, I, 21, liste de cités où l’ethnique est restitué, mais très probable. Il est cité après Tabai et avant Héraclée du Latmos. Notons au passage que pour T 8, le contexte n’est pas reproduit : Hyllarima est mentionnée après la Lycie et avant Bargasa et Blaundos (écrit avec à l'initiale Μδ, graphie épichorique). L’ordre des toponymes dans ces listes n’est jamais insignifiant, même si nous ne sommes pas toujours capables d’en comprendre toute la portée.

            Ces deux ajouts ne modifient pas l’image que l’on peut se faire de la place, somme toute restreinte, d’Hyllarima au sein de l’Hellénisme.  L’activité des Hyllariméens ou de ceux qui les fréquentent ne dépasse pas la Carie et son voisinage immédiat.

 

            Les pages 36-89 donnent le corpus épigraphique d’Hyllarima provenant de tout le territoire et couvrant à peu près toutes les périodes depuis le IVe siècle a. C. jusqu’à l'époque byzantine, soit 71 numéros, dont 35 inédits : 14, 18, 19, 21, 22, 25, 26, 27, 28, 30, 31, 32, 34, 36, 38, 41, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 56, 57, 58, 59, 60, 61, 62 a-c, 63, 65, 66, 68, 69, 70. Il faut y ajouter, dans le commentaire du n° 40 (p. 71), une inscription inédite trouvée à Kys (Bellilol, Camyayla), la voisine méridionale d’Hyllarima.

           

           Les photographies ne permettent pas toujours de vérifier les lectures et, encore moins, d’apprécier le ductus des lettres. Les commentaires sont extrêmement brefs et il faut se reporter aux chapitres III et IV sur l’histoire et les cultes de la cité pour comprendre toute la portée de ces textes. La majorité des inscriptions sont traduites, mais parfois le commentaire est réduit à un tel minimum qu’il ne permet pas d’en comprendre la portée ni de s’en faire une opinion. Les lemmes ne sont pas toujours suffisamment développés comme on aura l’occasion de le voir à propos des inscriptions 1 à 12.

           

           Le dispositif et le découpage suivis pour les inscriptions 1 à 12, sur une même pierre brisée en trois fragments, ne sont pas évidents à la lecture des pages qui leur sont consacrées (p. 36-48).  Il s'agit d’un bloc inscrit sur trois côtés dont la face principale est divisée en deux colonnes (manquent les dimensions).  La figure 2 (même figure dans REA, 107 [2005], p. 604, fig. 3) ne donne la disposition des textes, avec le découpage de Debord, que pour la face principale. Le haut de la colonne de gauche (A) débute par quatre inscriptions cariennes (ou seulement trois ? voir infra) et celui de celle de droite (B) par une autre, qui est numérotée 2. Le reste de la pierre porte des inscriptions grecques. Ignacio J. Adiego, The Carian Language (Leyde-Boston, 2007), p. 135, ne compte, suivant sa transcription, dans la colonne de gauche, distinguée dans sa publication par un « a », que trois inscriptions et non pas quatre comme le font Debord et Varinlioglu. Déjà dans l'article de la REA, 107 (2005), pp. 605-606, Adiego groupait les lignes de telle façon qu’il n’y aurait eu que trois textes cariens, dans la première colonne. D’autre part, Adiego privilégie une lecture, pour les textes cariens qui part du haut en bas de la colonne de gauche (les textes 1, 3, 4, 5 de Debord), pour poursuivre par le texte de la colonne de droite (inscription 2, dans le corpus), ce qui semble plus logique.  Quoi qu’il en soit, on aurait d’abord inscrit sur deux colonnes des textes en carien qui ont été, ensuite, pendant une assez longue période, complétés par des textes grecs. La mise en page a nécessairement été conçue dès le départ, avec d’un côté, la liste des prêtres d’Apollon et de l’autre les prêtres de tous les dieux. Cette remarque anodine, qui n’a pas été relevée, doit être complétée par une question d’ordre chronologique. Le premier texte grec de la colonne de droite, B, date indubitablement du IVe siècle a. C., alors que le premier texte grec de la colonne de gauche, A, remonte seulement à l’année 263/262 a. C. : aussi peut-on se demander si tous les textes écrits en carien sont plus ou moins contemporains les uns des autres.  L’usage épigraphique du carien débordant parfois sur le IIIe siècle a. C.

           

           Les inscriptions cariennes semblent avoir été gravées par au moins deux mains différentes : en fait le fac-similé, fig. 3, p. 38, qui combine le dessin de Laumonier avec celui du nouveau fragment ne permet pas d’en distinguer plus, mais rien n’interdit de penser qu'il y ait eu plus de deux graveurs.  La question des mains des inscriptions 1 à 5 et 6 (cette dernière en grec) serait à reprendre avec de meilleures photographies des originaux ou des estampages.

            Sur cette stèle, nous avons, face principale, colonne de gauche A :

1)  Trois ou quatre textes cariens (1, 3, 4, 5) qui correspondent principalement à des listes de noms, sans doute de prêtres d’Apollon.

2)  En grec, une liste de prêtre d’Apollon, datée précisément de 263/2, sous les règnes conjoints d’Antiochos Ier et II (8), 16 lignes.

 

Face principale, colonne B :

3)  Une liste de prêtres des dieux d’Hyllarima, en carien, 2 lignes (2).

4)  Une liste des prêtres, au pluriel, de tous les dieux (titre), en grec, suivie d’un seul nom, sur deux lignes (6).

5)  « Prêtre de tous les dieux », avec un seul nom, en grec, 2 lignes (7).

6)  Vente de la prêtrise de « Zeus Oaloinos, d’Héraclès, de Gé, de Kanèbos, de Zeus Katharsios, d’Apollon Apotropaios, de Zeus Akraios, d’Arès, d'Hermès, de Zeus Ondoureus, de Zeus Sôter, du Peuple de Rhodes et des Démons d’Arrissis fils d’Imbrassis et tout (dieu) auquel les Hyllariméens sacrifient à l’exception des prêtrises vendues antérieurement », 19 lignes conservées (9), datée de c. 197 a. C. par l’éponyme rhodien Agloumbrotos (cf. Chr. Habicht,  « Rhodian amphora stamps and Rhodian eponyms », REA, 105 [2003], p. 557).

 

Face latérale gauche :

7)  Vente d'une prêtrise qui regroupait une divinité inconnue et Hécate (?), 27 lignes (10), même date que 9, c. 197.

8)  Bail pour des terres sacrées, après un vacat de trois lignes et dont il ne subsiste que 4 lignes (11).

 

Face latérale droite :

9)  Bail pour des terres sacrées, 28 lignes (12).

 

            Le lemme ne permet pas de comprendre d’où proviennent les fragments qui composent cette série d’inscriptions. Il faut, pour ce faire, se reporter aux premières éditions.  D’abord celle d'Alfred Laumonier, dans le BCH, 58 (1934), p. 345 : « Méselvé. Marbre trouvé récemment dans un champ, à une demi-heure du village, en descendant vers Kapraklar, et avant de traverser le fleuve. Inséré dans le mur d'une ferme voisine, il a été enlevé par mes soins et transporté à l’école ». Le chemin suivi par Laumonier nous conduit vers Asarcıktepe.  Ensuite la publication de I.-J. Adiego, P. Debord et E. Varinlioglu, « La stèle caro-grecque d’Hyllarima (Carie) », REA, 107 (2005), p. 602, qui rapporte que le second fragment (en réalité le troisième) fut découvert en 2004, dans un champ, au lieu-dit Çaır Mevkii, dans le finage de Meselve (actuel Yesilyurt), « au pied d’Asarcıktepe ». L’emplacement des deux découvertes semble avoir été le même ou à peu près.

           

           En fait, « l’inscription Laumonier » est elle-même brisée en deux fragments. Elle n’est plus à l’école de Meselve-Yesilyurt, comme aucune des inscriptions qui y avaient été portées jadis. Le propriétaire du champ l’avait récupérée pour l’insérer dans un conduit de cheminée (p. 36 et 283, Ph 2, p. 46, avec les deux fragments de la stèle Laumonier). On ne peut, à proprement parler, rapporter ces fragments à Meselve (Debord, p. 170) sinon au sens large.  Cette bourgade n’a livré qu’une nécropole d’époque impériale (p. 277). À la page 310, les auteurs affirment que « la découverte in situ de la nouvelle stèle « bilingue » [comprendre le nouveau fragment trouvé en 2004] invite à placer là [au pied d'Asarcıktepe] le temenos d’Apollon » (p. 370). En l’absence d’autres éléments, il convient de rester prudent. Peut-on vraiment affirmer que la stèle était in situ ? S’agissait-il d’un sanctuaire d’Apollon ou de tous les dieux ? Il ne serait, cependant, pas surprenant qu’un grand sanctuaire des Hyllariméens ait été installé dans la chôra. Pour ne prendre que des exemples cariens, on peut renvoyer à la topographie religieuse de Stratonicée (Lagina et Panarama) ou de Mylasa (Labraunda), où les principaux sanctuaires sont éloignés du centre urbain. Cette dichotomie n’est pas inconnue en Grèce propre, mais dans un contexte culturel et cultuel peut-être différent.

 

            À la suite des inscriptions, Fabrice Delrieux traite des monnaies, en deux parties. La première est consacrée au monnayage provincial romain frappé au nom de la cité (p. 91-112). Un bien petit monnayage, 20 pièces connues pour 12 émissions, qui ne débute que sous le règne d’Antonin le Pieux (138-161) pour s'achever sous Gordien III (238-244) (p. 100). La seconde partie, « Annexe.  La circulation monétaire à Hyllarima », p. 113-118, avec la carte, fig. 4, p. 112, étudie les monnaies découvertes en 1991 et 1993, auxquelles l’auteur a ajouté celles acquises sur place par Jeanne et Louis Robert en 1947.

           

           Le commentaire développé des inscriptions est inséré dans deux chapitres de synthèse : « III.  Esquisse historique : la communauté, politique et société », pages. 119-146 ; «  IV.  Religion. Le panthéon d'Hyllarima », p. 147-184.

           

           Le premier de ces deux chapitres débute par le rappel des documents hittites du second millénaire a. C. se rapportant à Wallarima. Il est souvent difficile de localiser les toponymes des documents hittites sur le terrain et il faut se méfier des assonances. En ce qui concerne Hyllarima, on n’a pas, du moins pour le moment, de vestiges aussi anciens. La suite se poursuit par une aporie dont le point d’interrogation du sous-titre, « Dans le domaine des Hécatomnides ? », traduit bien l’ignorance où nous sommes à ce sujet. Anticipons un peu sur la suite. La collecte de surface sur les sites d’Asarcıktepe et de Kapraklar montre que l’occupation de l’un et de l’autre remonte au VIIIe siècle (mais un seul tesson ; p. 185) et au VIIe siècle a. C.  L’enceinte d’Asarcıktepe serait la plus ancienne et daterait du IVe siècle a. C., « plutôt dans sa deuxième moitié » (p. 192). Cependant cette antériorité affirmée page 192, ne semble pas avoir été retenue lorsque les auteurs cherchent à établir la chronologie de la muraille qui entoure le site de Kapraklar. La construction de cette dernière aurait été commencée vers le milieu du IVe siècle a. C. (p. 212, avec deux fois une malencontreuse coquille où il faut lire IV au lieu de VI).

           

           Je pense qu’il faut mettre en rapport les dates de construction de ces deux murs d’enceinte avec la date de la plus ancienne inscription grecque (6) qui remonte, sans aucun doute possible, au IVe siècle a. C. (cf. Louis Robert, Hellenica, VIII [Paris, 1950], p. 11, avec la note 6). L’inscription 2, en carien, qui la surmonte, ne doit pas être beaucoup plus ancienne.  Ces remarques ont deux conséquences. En premier lieu, c’est au cours du IVe s. qu’Hyllarima, communauté carienne, a commencé à prendre les atours d’une cité grecque, rédigeant en grec la liste de ses prêtres de tous les dieux. Il me semble, et c’est le second point, que la transition d’une organisation à l’autre, sans pour autant modifier ni la classe dirigeante ni radicalement l’organisation politique (mais nous n'en savons rien ou presque) a pu se poursuivre jusqu’au cours du IIIe siècle a. C., la liste des prêtres d'Apollon (8), en grec, n’étant quant à elle que de l’année 263/262 a. C. Il faut mettre en parallèle cette évolution institutionnelle et culturelle avec les transformations de l’onomastique : on rencontre encore des anthroponymes cariens transcrits en grec dans les inscriptions 7 et 8. Ces anthroponymes se retrouvent dans les textes cariens laissant supposer une continuité lignagère.

           

           La formule onomastique des inscriptions cariennes (1 à 5) est composée de trois éléments : un anthroponyme, celui de la personne concernée, suivi du nom du père et du grand-père paternel, soit une forme triplice qu’on retrouve aux lignes 8-10 de l’inscription 8, en grec. À Hyllarima, comme ailleurs en Carie, les noms cariens qui figurent dans les inscriptions grecques s’insèrent de manière aléatoire dans des lignages où se mêlent anthroponymes locaux et grecs, et même, un seul exemple, iranien, avec un Phanès, père d’un Hermias et fils d'un autre Hermias (6, l. 2). J’admets volontiers avec Debord (p. 142) que ce Phanès était carien. Les Perses étaient nombreux dans la vallée du Méandre et les territoires qui l’avoisinaient. Était-ce suffisant pour qu’ils influent sur les noms locaux ? Il semble que oui. Le phénomène le plus intéressant, bien dégagé par Debord, concerne la continuité lignagère, au moins en apparence mais cela semble vraisemblable, entre les inscriptions cariennes et grecques des textes 1 à 12 (p. 141-143 et p. 167-168, à propos des Daimones) qui semble correspondre à un très petit nombre de familles (vraisemblablement entrecroisées par mariage) qui semble constituer une aristocratie sacerdotale et, sans doute, politique. Je serais tenté de mettre en rapport ces élites locales avec l’hérôon urbain bâti à proximité du centre politique de Karpaklar (p. 298-300).

           

           Au début IIIe siècle a. C., le décret 13, daté par la mention de la troisième année de Pleistarchos (dynaste local du début du IIIe siècle a. C, voir p. 121-123), démontre qu’Hyllarima possédait alors tous les attributs d’une cité, soit une assemblée et un archonte éponyme. Le mot « cité », polis (ll. 4 et 8) et le mot citoyen, politès (l. 11) prouvent que les Hyllariméens se considéraient comme une communauté de citoyens formant une cité (p. 122-123). Le formulaire réduit à la simple formule « il a plu à la cité des Hyllariméens » (ill. 3-4) ne permet pas de suivre le processus législatif d’élaboration ni de présentation du décret devant l’assemblée.

 

            Si le statut d'Hyllarima semble clair et net dans l’inscription 13, les choses semblent plus compliquées pendant la période où la communauté a été soumise à Rhodes. Cette période de dépendance débute peu avant la paix d’Apamée (188 a. C.) puisque les ventes de prêtrises (9 et 10) sont datées par un éponyme rhodien qu’on situe c. 187, avec mention (inscription 9, l. 15 [17]), d’un culte du Peuple de Rhodes (sur lequel voir p. 166-167). Or sous domination rhodienne, les Hyllariméens ne semblent plus constituer une cité mais un koinon. Le témoignage d’Étienne de Byzance (T 1, p. 31), avec le commentaire ad loc., était lui aussi ambigu quant au statut civique d’Hyllarima. (cf. T 5, l. 19, koinon, restitué mais très probable; sur cette question voir p. 125-126, 127). L'inscription rhodienne pour Polyclès (T 6), peu après 88 a. C., restitue pleinement à Hyllarima son statut civique. Si Debord enregistre bien les modifications de la terminologie, reste, cependant, à en déterminer la portée et la signification profonde. Le mot koinon pourrait renvoyer à la pluralité des habitats des Hyllariméens. Après la basse époque hellénistique, Hyllarima suit le destin des cités d’Asie Mineure occidentale, sans originalité particulière.

 

            Je passe rapidement sur les cultes d’Hyllarima qui mêlent divinités cariennes et grecques, ces dernières pouvant dissimuler des cultes locaux, auxquels s’ajoute, plus tard, le culte des empereurs. L’évolution se termine par la conversion progressive au christianisme.  Je ne ferai donc que quelques remarques. La documentation sur Zeus Akraios en Carie et aux environs (cf. inscription 9, l. 13 [15]), discutée p. 151-152, est loin d'être complète. Cette divinité est représentée sur des monnaies d’Halicarnasse (avec un léger doute dans ce cas), de Smyrne et de Temnos (légende monétaire). La suggestion de W. R. Paton, « Zeus Askraios » (titre défiguré dans la bibliographie, p. 351), CR, 21 (1907), pp. 47-48, de corriger « Askraios » en « Akraios » mérite d’être prise en considération car la documentation épigraphique d’Halicarnasse et de Myndos (dédicace faite par une famille d’Halicarnasse) est univoque (au moins trois inscriptions en plus de celle de Myndos, toutes avec Akraios). Il faudrait donc ajouter à la documentation Apollonios, Hist. Mir., XIII et Pseudo-Aristote, Aud. 844 a-b ainsi qu’un fragment tragique recopié par Plutarque, Mor. 501 e. Il semble que ce culte était commun aux deux cités d’Halicarnasse et de Pédasa. Une inscription (42) témoigne de la présence d’une communauté juive à l'époque impériale, dotée d’une synagogue (p. 179-181).

 

            Les chapitres suivants publient les résultats de l’exploration des différents sites antiques de la ville et de son territoire. Le plan me semble un peu en désordre, mais je le suis par commodité. Ce bilan débute avec la colline d’Asarcıktepe qui porte sur son sommet une enceinte du IVe siècle, remplacée plus tard par une forteresse byzantine (p. 185194). Il se poursuit avec la ville proprement dite, près du village de Kapraklar avec ses principaux monuments (p. 195-269). Il faut absolument dire un mot de la porte orientale, assez bien conservée avec de chaque côté une tour pentagonale et une autre hexagonale qui préfigurent ou sont contemporaines du traité de Philon de Byzance du IIIe siècle a. C. (p. 203, fig. 14, ph. 57 et 58, p. 204).  Le théâtre (p. 223-248) remonte au moins au IIe siècle a. C. (cf. inscription 22 et p. 234), tout comme le portique de l’agora (p. 249-258), inscription 21. Le bouleutérion (p. 259-264), dans sa forme actuelle est d’époque impériale. L’équipe a aussi reconnu les restes d’un portique à proximité immédiate de l’agora (p. 265-269) ainsi qu’un énigmatique bâtiment hors les murs, en avant de la porte Est (p. 273, fig. 45).

           

           Une statue hellénistique du musée de Mugla provient de Derebag (p. 271-272, ph. 145 et 145 bis). Ce village est situé à proximité immédiate des ruines du centre urbain qui, dans les faits, est situé entre Kapraklar et Derebag.

           

           Les pages 275 à 288 dressent le bilan de l’exploration du territoire et cherchent à en définir les limites. Cette dernière tâche n'est guère facile. La suite nous ramène à Kapraklar et Derebag (le village qui voisine le précédent) pour l’étude des nécropoles par Pierre Debord et Olivier Henry, soit cinq nécropoles, plus l’hérôon urbain (p. 389-304, sans les nécropoles du territoire). Les céramiques les plus anciennes, nécropole I, datent du IIIe siècle a. C.

 

            La conclusion générale (p. 309-316) dresse le bilan de ces presque vingt années de recherches, de 1991 à 2008. J’avoue que je ne suis pas convaincu par l’affirmation selon laquelle « le choix du déplacement du site [depuis Asarcıktepe] vers Kapraklar est celui d’un Grec, disons d’un Gréco-Macédonien (qu’il s’agisse de Pleistarchos ou que le transfert soit un peu postérieur), et c’est probablement dans la première moitié du IIIe siècle  que s’est prise la décision d’aménager l’agglomération principale à Kapraklar » (p. 309). Il n’est pas impossible qu’une autorité extérieure (roi ou dynaste) soit intervenue : on en a de nombreux exemples. Ce n’est pas une nécessité non plus. D’abord, le site de Kapraklar, qui reste un site de hauteur comme de nombreux sites cariens traditionnels, était occupé depuis presque aussi longtemps qu’Asarcıktepe. Ensuite, l’adoption d’un urbanisme « à la grecque » – plan orthonormé avec agora, théâtre, portiques, etc. – s’inscrit dans le cadre général de l’acculturation des Cariens en général et d’Hyllarima en particulier, avec l’adoption du grec dans les inscriptions publiques, dans l’onomastique – ce point est d'autant plus remarquable que les anthroponymes dépendent du choix délibéré des familles – , les noms d’une partie des divinités ainsi que l’emprunt de plus en plus marqué d’institutions civiques helléniques, sans parler d’autres traits culturels (théâtre par exemple). C’était une évolution irréversible qui résultait aussi bien d’un élan interne que de pressions externes. Les interventions des autorités « grecques ou plutôt hellénistiques » visaient plutôt à regrouper par synécisme des populations dispersées soit dans une même communauté politique plus vaste soit en un seul lieu, ou les deux. Enfin, la chronologie n’est pas suffisamment affinée pour qu’on puisse déterminer quel souverain ou dynaste aurait imposé, si jamais ce fut le cas, la modification de l’urbanisme.

            Assez curieusement, les Hyllariméens avaient fortifié le site d’Asarcıktepe peu de temps avant qu’ils ne bâtissent leur centre urbain à la mode des Grecs. Il y a là un problème non résolu.

            La transition entre une communauté carienne et une cité grecque ne s’est pas faite en un jour, pas plus que l’érection du nouveau centre urbain, qui en est l’une des conséquences.  L’enceinte et le plan directeur semblent remonter à la seconde moitié du IVe siècle a. C., soit vers la même époque que le plus ancien texte en grec. L’érection des principaux monuments se serait poursuivie au fil du temps au cours du IIIe siècle, voire au IIe siècle a. C. comme d’autres se sont ajoutés ou ont été remis au goût du jour aux époques successives jusque tard dans l’Antiquité, selon le bon vouloir des évergètes locaux. Hyllarima, comme nombre de ses voisines, a conservé encore longtemps dans ses cultes des souvenirs de son passé carien. La survie d’Hyllarima à l’époque byzantine est attestée par T2 et 3 ainsi que par la forteresse construite au sommet d’Asarcıktepe (p. 192-193).

           

           L’ouvrage se termine par deux indices : un index épigraphique (où les mots et les noms des inscriptions cariennes ne sont pas repris) et un index général. Il manque un véritable index topographique pour les toponymes : « Termessos », mentionné page 141, n’est indexé, sous l’entrée « Toponymes » que pour la p. 156. La bibliographie suit les index, p. 335-357.  Elle ne reprend pas tous les ouvrages cités : e.g. Delrieux F., Les monnaies du fonds Louis Robert (Paris, 2011), cité p. 113 sqq., sous la forme, Coll. Robert; Kraus 1980, cité, p. 159, n. 113, correspond à Kraus Th., Hekate. Studien zu Wesen und Bild der Göttin in Kleinasien und Griechenland (Heidelberg, 1960). L’étude de Walther von Diest, Nysa ad Meandrum est citée deux fois, aux entrées « Diest », p. 342, et « von Diest », p. 357.  L’étude de Strong et Jeeppesen date de 1964 et non de 1965 (p. 355). Pour le titre de l'article de Patton cité supra, il faut substituer « Askraios » au fautif « Askrainos » (p. 351).

 

            Il manque, selon moi, une carte régionale de la Carie qui montre clairement l’emplacement d’Hyllarima par rapport aux autres cités de cet ensemble et aux routes qui les reliaient les unes aux autres. Les auteurs ne donnent qu’une reproduction, trop petite pour qu’on puisse la lire, de la feuille 11 de la Specialkarte vom westlichen Kleinasien (Berlin, 1892) à l’échelle 1/250 000, ainsi qu’un détail de la vallée Meselve Çay (Gökdere), p. 11, C 01 (deux images). C’est d’autant plus dommage que Kiepert avait confondu Hyllarima avec Alinda (p. 4-6, sur cette erreur et la bonne identification du site par Laumonier grâce à l'inscription 9) et que cette feuille ne reproduit que partie de la Carie et de la vallée du Méandre. On peut, certes, se reporter à la carte 61 du Barrington Atlas of the Greek and Roman world (Richard j. A. Talbert ed., Princeton, 2000), mais outre le toponyme « Hyllarima », les environs sont comme un grand désert vide de tout établissement humain.  L'exploration du territoire par les équipes bordelaises démontre qu’il n’en était rien. Une carte actualisée et un peu plus large que la feuille de Kiepert aurait montré qu’Hyllarima était placée sur la route qui reliait Stratonicée, et au-delà Mylasa, à la vallée de l’Harpassos et, plus loin, au plateau de Tabai. Une autre route traversait une partie de son territoire vers la plaine de l’actuelle Çine, soit les cités d’Alinda et Alabanda, d’où l’on pouvait rejoindre Amyzon et Héraclée du Latmos pour poursuivre vers Milet et le delta du Méandre, en partie par bateau tant que le lac Baffa débouchait sur la mer. Ces voies n’étaient que des axes secondaires qui ne devaient avoir d’intérêt que pour les populations des environs, sans doute difficilement praticable par endroit ou selon les saisons car traversant les massifs montagneux. Il n’en demeure pas moins que ce réseau routier explique en partie la prospérité relative de la cité et son ouverture évidente, quoique restreinte, sur le reste du monde gréco-romain. Il faut chercher le reste de l’explication de la richesse des élites locales dans l’exploitation des ressources naturelles du territoire : agriculture et élevage, mines et carrières, artisanat. Il n’y eut à Hyllarima à l’époque impériale, autant qu’on le sache, aucune famille équestre et donc, a fortiori, sénatoriale, ni, plus tard, d’influente famille byzantine. La classe dirigeante d’Hyllarima n’avait guère d’influence au-delà de la région et même de la cité et se contentait d’exercer un évergétisme local.

           

           Les auteurs dressent le portrait d’une cité qui est demeurée aux marges de la grande histoire, souvent dans la dépendance d’une plus grande puissance, ce qui fut le cas de beaucoup d’autres cités du monde grec. Hyllarima n’avait guère qu’une aura régionale. Les inscriptions et les ruines permettent de suivre sur le temps long les évolutions et les modifications qui ont affecté Hyllarima comme ses voisines. Ce n’était qu’une cité sans importance particulière, comme des dizaines d’autres. C’est aussi ce qui en fait l’intérêt.

           

           J’avoue mon insatisfaction en terminant ce résumé critique dans la mesure où je ne rends que très imparfaitement compte de toute la richesse de ce volume et surtout des deux synthèses rédigées par Pierre Debord. Il trouvait à Hyllarima des témoignages épigraphiques qui lui permettaient d’exposer pleinement les acquis de ses recherches sur les cités cariennes et leur évolution au cours de l’Antiquité. Quiconque s’intéresse à cette région devra se reporter à cette monographie. Pierre Debord a laissé, avec ce livre, un héritage scientifique que d’autres sauront certainement enrichir et faire fructifier.

           

           Suivant l’usage d’Histara, je donne ici la table des matières. Je l’ai compilée directement dans le livre avec des intertitres et des sous-titres qui ne sont pas repris dans la table qui figure à la fin. On remarquera une curiosité : il n’y a pas de chapitre V (pas plus dans la table que dans le texte). La prospection de la chôra, avec ses habitats et ses nécropoles s’intercale entre la fin de l’étude des monuments de Kaprakalar et les nécropoles qui y sont attachées. Je n’ai pas reproduit, en revanche, les intertitres du sous-chapitre consacré aux inscriptions qui figurent pourtant dans la table. Les inscriptions sont organisées suivant l’ordre traditionnel des publications épigraphiques. Je ne doute pas qu’elles seront reprises et analysées dans le Buletin épigraphique de la REG et dans le SEG.

 

 

 

TABLE DES MATIÈRES

 

Avant-propos : Pierre Debord et (avec une coquille dans la table) Hyllaryma (Patrice Brun), p. 1-2

 

Introduction (Anonyme), pp. 3-23, suivi de 26 photographies en couleur, p. 11-23.

 

I — Présentation géographique et géomorphologique du site et de ses environs (J.-N. Salomon), p. 25-30.

            La situation et le contexte géologique, p. 25-27.

            Les avantages des sites et de leurs alentours, p. 27-29.

            La question de l’eau, p. 29-30.

            Conclusion, p. 30.

 

II — Recueil des sources (P. Debord, E. Varinlioglu, F. Delrieux), p. 31-118.

            Testimonia (P. Debord, E. Varinlioglu), p. 31-35.

            Les inscriptions d’Hyllarima (P. Debord, E. Varinlioglu), p. 36-89.

            Le monnayage provincial romain (F. Delrieux), p. 91-112.

            Annexe : la circulation monétaire à Hyllarima (F. Delrieux), p. 113-118.

 

III — Esquisse historique : la communauté, politique et société [P. Debort et collaborateurs], p. 119-146.

            Wallarima-Hyllarima, p. 119-120.

            Cité et koinon, quelques jalons dans l’histoire de la communauté, p. 120-130.

                       Dans le domaine des Hecatomnides ?, p. 120.

                       Pleistarchos, p. 121-123.

                       La situation en 263-262 a. C., p. 123-124.

                       La situation en 197 a.C., p. 124-127.

                       La guerre de Mithridate, p. 127-130.

            Institutions et subdivisions de la cité, p. 130-132.

            L'État : gestion matérielle de ses biens et de ses cultes, p. 132-141

                       La vente des sacerdoces, p. 134-138.

                       Les baux, p. 138-141.

            Toponymes et anthroponymes, p. 141-144.

                       Les toponymes, p. 141.

                       Anthroponymes, p. 141-144

                                   Du carien au grec, p. 141-144.

            Quelques aperçus sociétaux, p. 144-146.

 

IV —  Religion [P. Debort et collaborateurs], p. 147-184.

            Le panthéon d'Hyllarima, p. 147-170.

                       Zeus et les dieux louvites, p. 148-155.

                                   Tarhunt, p. 148-149.

                                   Zeus, p. 149-155.

                       Culte d’Apollon et d’Artémis, p. 156-158.

                       Hécate, p. 158-162.

                       Imbramos-Hermès, p. 162-163.

                       Sinuri-Kanébos, p. 163-164.

                       Arès et Héraklès, p. 164-165.

                       Dionysos, p. 165.

                       Mère des dieux, Gè, p. 165-166.

                       Peuple de Rodes, p. 166-167.

                       Daimones, p. 167-168.

                       Les Theoi pantes, p. 168-170.

            Les évolutions tardives, p. 170-184.

                       Le culte des Empereurs, p. 174-176.

                       La situation des cultes issus de la tradition, p. 176-179.

                       Le judaïsme, p. 179-181.

                       Le christianisme, p. 181-184.

 

VI — Asarcıktepe, p. 185-194.

            La muraille antique, p. 188-192.

            La forteresse byzantine, p. 192-194.

 

VII — Les vestiges de Kapraklar, p. 195-308.

            Introduction, p. 195-198.

            Les remparts (P. Debord, I. Pimouguet-Pédaros), p. 199-212.

                       Le circuit fortifié, p. 205-208.

                       Modes et styles de construction, p. 208-210.

                       Datation proposée, p. 211-212.

            Le centre monumental, p. 213-221.

                       Habitat et rues  au sud-est du théâtre, p. 213-216.

                       Partie basse du site, p. 217-221.

            Le théâtre, p. 223-248.

                       Introduction, p. 223-2226.

                       Caractères généraux de l’édifice et accès, p. 226-229.

                       La cavea et l'orchestra, p. 229-234.

                       Le proskènion, p. 234-239.

                       La scaenae frons et le bâtiment de scène, p. 239-246.

                       Évolution tardive, état actuel et perspectives, p. 247-248.

            L’agora, p. 249-258.

                       Introduction, p. 249-250.

                       Le portique septentrional, p. 250-258.

            Le Bouleuterion, p. 259-264.

            Le bâtiment à colonnes, p. 265-269.

            La statue du Musée, p. 271-272.

            Le bâtiment hors les murs, p. 273.

            La chôra, p. 275-288.

                       Prospection, p. 271-288.

                                   La zone à l’ouest de la rivière : Çayboyu, Yesilyurt (Meselve), p. 277-278

                                   Yenimahalle, p. 278-283.

                                   Yesilköy, p. 283-284.

                                   Güre, p. 284.

                                   Örentaht, p. 284.

                                   Teketepe, p. 284-285.

                                   Salkım, p. 285.

                                   Les tours de Nebiler, p. 285-288.

 

VII — Le monde des défunts (P. Debord, O. Henry), p. 289-308

            Inscriptions, p. 289.

            Nécropoles et tombes isolées, p. 290-301.

                       Nécropole I, p. 290-291.

                       Nécropole II, p. 291-296.

                       Nécropole III, p. 296.

                       Nécropole IV, p. 296-298.

                       Nécropole V, p. 298.

                       Tombes, p. 298.

                       Hérôon, p. 298-299.

                       Tombe tardo-antique, p. 301.

            Au musée de Mugla, p. 301.

            Divers artefacts provenant des nécropoles, p. 301-304.

            Catalogue des lampes, p. 305-308.

 

Conclusion générale, p. 309-316.

 

Les inscriptions d’Hyllarima.  Indices (F. Delrieux), p. 317-325.

 

Index thématique, p. 327-333.

 

Bibliographie, p. 335-357.