AA.VV.: Ceramica romana I (Gruppo Archeologico Romano), 15 x 21 cm ; brossura ; 168 pp. ; 66 tavv. in b/n ; ISBN : 978-88-7140-395-3 ; 16 euros
(Edizioni Quasar, Roma 2009)
 
Compte rendu par Laetitia Cavassa, CNRS
(laetitia.cavassa@ivry.cnrs.fr)

 
Nombre de mots : 954 mots
Publié en ligne le 2010-02-26
Citation: Histara les comptes rendus (ISSN 2100-0700).
Lien: http://histara.sorbonne.fr/cr.php?cr=849
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          Dès les premières lignes de l’ouvrage, les éditeurs posent l’objectif de leur livre : construire un manuel destiné aux étudiants et personnes intéressées par l’argument en fournissant des données synthétiques concernant l’évolution et la chronologie de la céramique romaine. Leur démarche s’inscrit dans la lignée du volume édité en 1979 et intitulé Introduzione allo studio della Ceramica Romana, et se veut être une mise à jour des connaissances. Le choix des catégories céramiques présentées s’est fondé sur la présence même de ces productions en Italie, en distinguant dans la présentation entre les productions les plus diffusées et les plus rares. Distinction qui se ressent par la suite par une grande inégalité dans la présentation de chaque production. Ce premier volume d’une série de quatre livres consacrés à l’étude du matériel est divisé en 7 chapitres. Les éditeurs ont d’ailleurs précisé, à la fin du volume, le contenu des trois prochains volumes. Le deuxième sera consacré aux céramiques sigillées orientales, à la céramique africaine claire, à la production de céramiques de Megare, à la céramique à paroi fine, aux balsamaires et à la céramique à vernis plombifère. Le troisième sera principalement centré sur les céramiques communes (céramique à vernis rouge pompéien, céramique commune d’époque républicaine et impériale) et sur les lampes à huiles. Enfin, le dernier volume sera consacré aux amphores et au verre.

 

 

          Le premier chapitre (p. 5-7), intitulé catalogo, est une explication sur la manière d’étudier la céramique romaine, en distinguant les classes, les formes et les types.

 

          Le second chapitre (p. 9-18) est consacré à la matière première de la céramique : l’argile. L’auteur, Laura Pontacolone, commence par un commentaire sur la composition même de l’argile, puis donne une définition synthétique sur la différence entre un vernis et un engobe, continue en s’attardant sur les techniques et types de cuisson des vases, et conclut avec les méthodes d’analyses pratiquées en laboratoire pour déterminer l’origine géographique des céramiques.

 

          Le troisième chapitre, le plus important de l’ouvrage (p. 19-90), est dédié à la céramique à vernis noir d’époque hellénistique et républicaine, et plus particulièrement aux productions étrusco-latiales, avec une partie consacrée aux importations ayant influencé ces ateliers locaux. La présentation est chronologique. Aux IVe et IIIe s. av. J.-C., les débuts de la l’activité sont fortement influencés par la céramique à vernis noir attique importée en Italie.

 

          Parmi les productions notables, on relève celle dite « des petites estampilles », dont les ateliers sont principalement localisés à Rome et dans sa région. Après avoir abordé les productions du IIIe s. en Etrurie septentrionale (Volterra, Falères, Tarquinia), l’auteur, Enrico Angelo Stanco, traite les débuts de la fabrication de la céramique campanienne A à Ischia et Naples, des ateliers de Calès et Teano et enfin celle des vases dits de Gnathia.

 

          Suivent les IIe et Ier s. av. J.-C. avec la céramique campanienne B et « B-oïde », celle des vases dits avec « anses en oreilles », la campanienne A, la campanienne C et diverses céramiques à pâte grise.

 

          La céramique à vernis rouge de la période républicaine est le thème du cinquième chapitre (p. 91-104) où sont présentées diverses productions inspirées de la céramique à vernis noir, ainsi que la pré-sigillée.

 

          Les trois derniers chapitres sont consacrés aux céramiques sigillées. Tout d’abord, la céramique sigillée italique et nord-italique (p. 105-138). Y sont exposées les productions attestées en Italie du milieu du Ier s. av. J.-C. au début du IIe s. ap. J.-C. : Arezzo, Pouzzoles, la plaine Padane, l’Etrurie, et plus particulièrement Pise. Gianfranco Gazzetti explique assez clairement le fonctionnement des ateliers et les techniques de fabrication des vases.

 

          Puis, suit la céramique sigillée sud-gauloise (p. 139-151), avec la présentation des divers ateliers connus : Montans, La Graufesenque, Banassac, Lezoux ainsi que ceux du Nord-Est de la Gaule.

 

          L’ouvrage se termine précipitamment avec la sigillée hispanique (p. 153-164). En 17 lignes seulement, l’auteur, Gianfranco Gazzetti, fait état de cette sigillée influencée par les répertoires italiques et gaulois. Bien que les éditeurs aient annoncé en introduction que seules les productions les plus attestées en Italie seront les plus détaillées, le court chapitre consacré à la sigillée hispanique nous laisse quelque peu sur notre faim.

 

 

 

          Cet ouvrage, synthétique, répond assez bien à l’objectif de départ : una guida allo studio. Bien qu’étant quelquefois inégales, les bases pour les connaissances relatives aux différentes productions sont posées. La bibliographie est fournie, mais manque peut-être d’une mise à jour. Quelques références auraient également pu la compléter : comme par exemple l’article de G. Soricelli sur la céramique sigillée de Pouzzoles (G. Soricelli, « Appunti sulla produzione di terra sigillata nell’area Flegreo-Napoletana », Puteoli, studi di storia antica, XI, 1987, p. 107-122), ou encore l’article plus récent de M. Picon sur « Les modes de cuisson, les pâtes et les vernis de la Graufesenque : une mise au point », p. 139-163, in : M. Genin et A. Vernhet (dir.), Céramiques de la Graufesenque et autres productions d’époque romaine. Nouvelles recherches. Hommages à Bettina Hoffman, éditions Monique Mergoil, Montagnac, 2002. On regrettera également la mauvaise qualité de certaines figures et l’absence, sur les planches mêmes, des légendes et d’une échelle. De plus, aucun des chapitres ne renvoie aux planches d’illustration. Par exemple, lorsque dans le chapitre consacré aux productions à vernis noir, il est question d’une description des estampilles, ou encore lors de la description de formes, il aurait été intéressant de faire un renvoi direct à la planche correspondante. Cela rend la lecture quelque peu fastidieuse. En résumé, une maniabilité entre texte et planches, et une qualité supérieure des figures n’auraient pas été inutiles. Cependant, on ne peut ôter à cet ouvrage le fait que les auteurs ont atteint, dans les grandes lignes, l’objectif qu’ils s’étaient fixé : écrire un guide à l’étude de la céramique romaine.

 

 

Table des matières :

 

Introduzione, p. 3 

Il catalogo, p. 5-7

L’argilla, p. 9-18

Ceramica a vernice near, p. 19-90

Ceramica a vernice rossa di periodo repubblicano, p. 91-104

Terra sigillata italica e nord italica, p. 105-138

Terra sigillata sud gallica e centro gallica, p. 139-151

Terra sigillata ispanica, p. 152-164