AA.VV.: L’Europe des retables. Actes du colloque du Mans (13-16 octobre 2004), volume II, (XVIe-XVIIe siècles), couverture cartonnée, 21x29.7 cm, 278 p., ISBN : 2-911948-28-9, 33 euros
(Rencontre avec le patrimoine, Châtillon-sur-Indre 2008)
 
Compte rendu par Amélie Bernazzani, Université de Tours
(melbeng@hotmail.com)

 
Nombre de mots : 3494 mots
Publié en ligne le 2010-02-26
Citation: Histara les comptes rendus (ISSN 2100-0700).
Lien: http://histara.sorbonne.fr/cr.php?cr=884
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Ce compte rendu porte aussi sur :

AA.VV.: L’Europe des retables. Actes du colloque du Mans (13-16 octobre 2004), volume I, (XVe-XVIe siècles), couverture cartonnée, 21 x 29.7 cm, 310 p., ISBN : 2-911948-27-0, 33 euros
(Rencontre avec le patrimoine, Châtillon-sur-Indre 2007).


          La collection Art sacré des Cahiers de rencontre avec le patrimoine religieux consacre ses 24e et 25e numéros à la publication des actes du colloque L’Europe des retables qui s’est déroulé au Mans, dans l’abbaye de l’Epau, en octobre 2004. Comme le souligne Michel Maupoix dans son premier avant-propos (vol. 1, p. 3), les actes trahissent la richesse du colloque puisque deux volumes de trois cent pages environ ont été nécessaires à la publication de toutes les communications : chacun des deux volumes dénombre treize interventions et un avant-propos. On souligne en passant la qualité éditoriale de la collection qui propose ici, en règle générale, une page de texte en vis-à-vis d’une page d’illustrations en couleurs et de bonne qualité. La scission entre les deux volumes, respectivement parus en 2007 et en 2008, est chronologique : le premier est en effet consacré au XVe et à la première partie du XVIe siècle, tandis que le second est consacré à la deuxième partie du XVIe, au XVIIe et au XVIIIe siècle. A l’exception de la communication de Martine Vasselin, consacrée aux tableaux italiens présents dans les collections royales françaises (vol. 2, p. 7), le second volume est donc centré sur les bouleversements (artistiques, liturgiques, etc.) engendrés par la Contre-Réforme et les prescriptions du Concile de Trente (1545-1563). Si cette division chronologique est convaincante, on regrettera, pour la commodité de la lecture et pour le tissage de liens entre les communications, que ces actes ne soient pas subdivisés en plusieurs sous-parties. Ce léger bémol mis à part, il convient de souligner l’ambition du sujet du colloque et donc de la publication qui le suit.       

 

          La recherche sur les retables est un si vaste sujet que les études qui lui sont consacrées resserrent traditionnellement le propos, soit à un pays (E. Borsook, A. Chastel, Julian Gardner, B. D’Hainaut-Zveny etc.), soit même à une région ou à une ville (P. Humfrey, H. Van Os, etc.), ou encore à une ère chronologique précise (Idem et P. Humfrey²). Certains spécialistes réduisent le propos à un medium spécifique (entre autres B. d’Hainaut-Zveny), ou consacrent leurs recherches, qui prennent alors la forme de monographies, à un seul retable (récemment et entre autres exemples l’étude de Jean Magnin et Daniel Meyer ou bien le catalogue d’exposition publié sous la direction de Xavier Salomon). Dans certains cas, l’étude se consacre aux commanditaires (Julian Gardner²). A contrario, ici, toutes les échelles traditionnelles sont élargies : non seulement on considère l’Europe, mais dans une ère chronologique très vaste, étendue du XVe au XVIIIe siècle. De plus la pluralité des médiums est mise en valeur avec des interventions portant à la fois sur les retables sculptés, peints, mixtes, en terre cuite, ou encore feints. Ainsi, la corrélation entre les différentes interventions, ainsi que les comparaisons mises en œuvre au sein de chacune, mettent en exergue les tensions qui existent incontestablement entre la circulation des modèles et des hommes, engendrant la généralisation du savoir-faire ainsi que des systèmes iconographiques, et les particularismes régionaux liés à des besoins diversifiés de l’économie, du culte, etc. Cette tension entre le général et le particulier, entre l’unique et la production en série, sert incontestablement la recherche consacrée aux retables de la fin du Moyen Âge jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Reste que chacune des interventions prend en compte la fonction première du retable qui avant tout a pour vocation la « contemplation de l’Incarnation », comme le rappelle Michèle Maupoix dans son premier avant propos (vol. 1, p. 4).

 

          Ainsi, la communication teintée d’humour de François Boespflug (vol. 1, p. 7) fait un point nécessaire sur la longue et tumultueuse relation de couple entre le retable et l’autel, du XIIIe siècle à aujourd’hui. Le sujet de discorde le plus palpable entre les deux membres du couple étant la « tension structurelle entre la logique sacramentelle et la logique visuelle » (p. 7). De même, la communication de Brigitte d’Hainaut-Zveny (vol. 1, p. 41), nous rappelle avec profit que le retable est avant tout un objet destiné à « re-présenter » le sacré et qui a « l’aptitude de pouvoir servir de support dans l’établissement d’une relation sacralisante [du spectateur] avec le sacré » (p. 7).  Autrement dit, grâce à l’analyse précise de divers moyens plastiques, Brigitte d’Hainaut-Zveny nous démontre avec maestria que le retable est à la fois le soutien des expériences contemplatives et donc « le tremplin » (p. 46) du transitus bien connu de l’âme du spectateur vers Dieu, dans un contexte dévotionnel dans lequel prime le « rejeu participatif » de l’histoire de l’économie du Salut (p. 48-49). On se permettra de mentionner immédiatement le texte de Jaroslaw Kilian (vol. 1, p. 293) qui clôture pourtant le premier volume de ces actes : les conclusions de ses recherches iconographiques et stylistiques très approfondies sur le retable de Veit Stoss conservé à Cracovie, font en effet directement écho au texte de Brigitte d’Hainault : « Veit Stoss a utilisé parfaitement l’anatomie réaliste et a sculpté les émotions humaines pour montrer la réalité surnaturelle. Veit Stoss s’est servi de la TERRE pour monter au Ciel » (en majuscules dans le texte, p. 305).

 

          Comme Brigitte d’Hainaut-Zveny, Annick Born (vol. 1, p. 23) envisage le retable en tant qu’objet, mais bien plutôt du point de vue économique, en tant que « produit de luxe » (p. 25) destiné en partie à l’exportation et dont la qualité prestigieuse se devine à travers l’apposition de diverses « marques de garantie » propres aux ateliers anversois (p. 29). La production anversoise est donc passée au crible de la concurrence des ateliers bruxellois et le retable est resitué par Annick Born au sein du marché de l’art de la fin du XVe siècle et du XVIe siècle. 

 

          C’est à l’identification du commanditaire et aux circonstances de la commande du retable de Fromentières (Mayenne) que se consacre l’enquête menée par Alain Lejeune (vol. 1, p. 89). Or, cette étude ouvre dans les actes la réflexion inhérente au propos général du colloque consacré à L’Europe des retables, puisqu’elle se fonde sur une étude comparative approfondie du retable de Fromentières avec le retable anversois, aujourd’hui conservé au temple Saint Nicolas de Bielefeld (Allemagne). La comparaison témoigne par conséquent « des intenses échanges dont les retables étaient l’objet à la fin du Moyen Âge » (p. 89). Le retable est donc à la fois considéré en tant qu’objet dévotionnel, artistique et surtout commercial.

 

          De la même manière, les communications de Sophie Guillot de Suduiraut (vol. 1, p. 109) et de Catherine Perrier d’Ieteren (vol. 1, p. 141), prouvent la circulation et la commercialisation des retables à l’échelle du territoire européen. Sophie Guillot de Suduiraut consacre ici ses recherches au corpus des retables anversois aujourd’hui conservés sur le sol français (une trentaine selon elle, p. 109). Elle met à jour les tensions formelles et économiques entre les retables importés des Pays-Bas vers la France et la production française régionale (les exemples sont habilement choisis en Picardie, Champagne et Normandie), qui s’est inspirée, autant que distinguée, des retables importés grâce à des spécificités techniques et stylistiques. Catherine Perrier d’Ieteren (vol. 1, p. 141) étudie quant à elle le corpus des retables brabançons exportés en Suède (44 témoins selon l’auteur), surtout à partir de la dernière décennie du XVe siècle. Or, l’auteur met à jour des particularismes formels et iconographiques concernant ces retables brabançons exportés en Suède pour des raisons principalement commerciales, mais aussi artistiques et dévotionnelles. Elle souligne en effet pertinemment que « l’expansion géographique des retables brabançons suit le plus souvent les routes commerciales, les nombreux échanges de marchandises, par voie terrestre ou maritime, facilitant les transports » (p. 143-144) : la Scandinavie, souligne l’auteur, était un grand fournisseur de cuivre. La recherche de fond concernant l’impact des importations brabançonnes sur la production locale reste toutefois à mener. Aux textes de Sophie Guillot de Suduiraut et de Catherine Perrier d’Ieteren appartenant au premier volume des actes, on est tentée d’ajouter celui de Martine Vasselin qui inaugure le second volume (vol. 2, p. 7). Il s’agit en effet d’observer les retables italiens conservés dans les collections françaises, et donc, leur circulation sur le territoire européen. L’auteur distingue en outre les retables issus de l’importation et ceux qui sont produits en France par des artistes italiens. Dans tout les cas, elle met à jour le fossé surprenant entre la fonction dévotionnelle assignée aux retables en Italie, et les considérations plus esthétiques qui leur sont vouées en France où ils sont avant tout considérés comme des objets de délectation, pour lesquels la main italienne est un gage de qualité. En pendant au texte de François Boespflug qui ouvre le volume 1, le texte de Martine Vasselin insiste lui aussi sur « le double visage » du retable, soit « réceptacle du sacré », soit « expression de l’art » (vol. 2, p. 21). Concernant la circulation et les influences réciproques entre art régional et Italie, on citera aussi immédiatement le texte d’Isabelle Leone-Robin (vol. 2, p. 231), qui insiste sur l’existence et l’importance de quelques artistes corses (Farinole, Castiglioni, etc.) aux côtés des italiens.    

 

          Contrairement aux six premières communications du volume 1, les six suivantes s’attachent à l’étude de cas particuliers qui ouvrent néanmoins – chacune à leur manière – une réflexion méthodologique globale sur l’étude des retables. Ainsi, Pierre Gilles Girault (vol. 1, p. 161) se confronte à la reconstitution et à l’analyse iconographique d’un retable attribué au Maître de Saint Gilles. C’est le sujet du panneau, aujourd’hui conservé à Washington, qui retient plus particulièrement l’auteur : au lieu d’y voir le Baptême de Clovis, il propose d’y voir bien plutôt le Baptême de Saint Julien, protecteur de la cité du Mans (Defensor civitatis Cenomamentis, p. 179). La démonstration, qui est méthodologiquement fondée sur la comparaison sérielle de plusieurs thèmes iconographiques, est extrêmement convaincante et est frappée au coin de l’érudition. Mara Hofmann (vol. 1, p. 191) effectue quant à elle une recherche exhaustive sur la production, éparpillée sur l’ensemble du territoire français et européen, de Jean Bourdichon et de Jean Poyer « les deux artistes les plus célèbres de la suite de Fouquet », (p. 191). En plus de la recension et de la localisation enseignante des œuvres, on retient de cette recherche le constat frappant de la rivalité établie entre les deux peintres, et qui a induit, selon toute vraisemblance, des conséquences sur leur production respective. A la suite de la communication de Mara Hofmann consacrée à la Touraine, celle de Caroline Zöhl (vol. 1, p. 207) est dédiée à la ville d’Amiens « zone soumise à la double influence de l’Ile-de-France royale et des Flandres » (p. 207).  Plus particulièrement, l’auteur consacre sa recherche au seul cas amiénois vraiment documenté : « l’ensemble des tableaux voués à la célébration de la Vierge, commandés successivement entre le premier quart du XVe et le milieu du XVIIe ». On apprend que la Confrérie du Puy Notre-Dame est à l’origine de la commande et, surtout, que les différents panneaux montrent une iconographie propre aux besoins dévotionnels et cultuels de la Confrérie, mis à jour par l’auteur grâce à l’étude des archives et à la comparaison érudite de plusieurs manuscrits, qui met de plus en exergue la fonction changeante des retables de la Confrérie.         

 

          C’est à des problèmes de conservation, de restauration et de monstration que s’intéressent surtout les interventions de Laurence Hamonière (vol. 1, p. 225), Maria Carmen Lacarra-Ducay (vol. 1, p. 261) et Maria-José Gonzalez-Lopez (vol. 1, p. 273). La première s’intéresse en effet au corpus restreint des retables sculptés de l’Ain (une dizaine de témoins selon l’auteur et aucun in situ). Or, en dépit du vide des archives, et du manque d’information générale, grâce à la méthode probante de la comparaison des témoins, mais aussi à une analyse archéologique et iconographique approfondie, l’auteur arrive à établir quelques principes généraux qui sous tendent cette production régionale. Pareillement, Maria Carmen Lacarra-Ducay approfondit notre connaissance du retable de l’autel majeur de la cathédrale de Saragosse en exposant précisément toutes les étapes de la commande, mais aussi en retraçant toutes les vicissitudes liées à la conservation et à la restauration du retable au cours des ans. En se fondant sur l’exemple probant du retable majeur de la chapelle royale de Grenade, Maria-José Gonzalez-Lopez, conservatrice-restauratrice, insiste à raison sur l’impérieuse nécessité d’établir une « vision intégrale » du retable, mais aussi de l’édifice qui lui sert d’écrin, avant d’entreprendre une restauration et un projet de conservation (p. 273). Autrement dit, une meilleure connaissance du retable et de son environnement permet une meilleure sauvegarde. Ainsi, le retable de la chapelle royale de Grenade a servi de maître étalon pour l’établissement par l’IAPH d’une méthodologie généralisable (mais malheureusement pas encore généralisée, souligne l’auteur p. 290) pour la conservation et la restauration des biens culturels que sont les retables. Reste qu’aux communications de Maria Carmen Lacarra-Ducay et de Maria-José Gonzalez-Lopez répond celle d’Elzbieta Szmit-Naud qui appartient au volume 2, puisque ses recherches sont consacrées aux retables de la cathédrale Saint Jean à Torun (Pologne), datables de la fin du XVIe siècle (vol. 2, p. 221). Cela dit, en dépit du fossé chronologique (et géographique), les problématiques soulevées dans les trois textes sont équivalentes : il s’agit ici de faire le point sur les implantations et les transformations subies par les retables au cours des ans et « d’élaborer un programme de conservation et de restauration de l’intérieur de la cathédrale » (p. 229). L’étude d’Elzbieta Szmit-Naud répond par conséquent au vœu méthodologique de Maria-José Gonzalez-Lopez et s’entend comme l’établissement d’une « vision globale » des retables et des édifices, indispensable à la bonne sauvegarde des uns et des autres.  

 

          Après la Contre-Réforme et les destructions iconoclastes qui lui sont inhérentes, il s’agit à la fois de reconstruire rapidement et en conformité avec les préceptes établis par le Concile de Trente. Aussi, les communications de Marc Salvan Guillotin (vol. 2, p. 23), de François le Bœuf (vol. 2, p. 47) et de Michèle Ménard (vol. 2, p. 83) qui appartiennent au second volume des actes, informent le lecteur sur le développement de médiums plus rapides et moins coûteux pour des paroisses, souvent démunies financièrement. Marc Salvan Guillotin recense ainsi pas moins de 41 retables peints en trompe l’œil dans les Pyrénées centrales. Or, comme certains artistes ont œuvré, parfois conjointement, dans différentes églises de la chaîne montagneuse, l’auteur met à jour quelques caractéristiques stylistiques et iconographiques de la production régionale, qu’il conviendrait en outre de comparer aux régions transpyrénéennes. De la même manière, François le Bœuf et Michèle Ménard mettent à l’index, pour la région du Maine, l’utilisation de la terre cuite : une solution régionale rapide et économique pour faire face aux destructions iconoclastes et aux nouvelles consignes édictées par le Concile de Trente.

 

          A l’instar du cas de l’ancienne région du Maine, plusieurs textes du volume 2 considèrent des cas particuliers éclairants sur l’adoption et de développement de différentes solutions régionales. Ainsi, Annick Notter (vol. 2, p. 143), s’intéresse aux commandes orléanaises qui suivent les destructions engendrées par les guerres de religions. On souligne en passant la qualité de la recension des œuvres, restituée ici sous forme de tableaux récapitulatifs à plusieurs entrées. De même, Philippe Bardelot (vol. 2, p. 159), présente les retables qui ont survécu dans le Berry en dépit des guerres civiles, et s’intéresse à la commande berrichonne des XVIIe et XVIIIe siècles. Pour des raisons différentes, Jacques Salbert et Dominique Eraud (vol. 2, p. 65) consacrent leur intervention aux retables de l’église lavalloise des Cordeliers, pleinement significatifs du « conflit entre le classicisme et le baroque » (p. 65). Mais plus encore de la rencontre entre trois entités fondamentales : les talents locaux, les grands architectes parisiens qui ramènent de Rome des formes nouvelles, et les mécènes. De même, Léon Lock (vol. 2, p. 109) démontre l’influence de Rubens, tout juste rentré d’Italie, sur la production des retables anversois. L’auteur insiste en outre sur l’étroite collaboration entre peintres, sculpteurs, architectes et commanditaires dans le processus de la commande.

 

          Martine Tissier de Mallerai (vol. 2, p. 179) situe son propos en Sologne et consacre sa communication à l’église de Souvigny. Si l’auteur arrive in fine à identifier les sculpteurs et à démontrer l’étroite collaboration entre talents régionaux et ateliers parisiens, c’est la belle démonstration iconographique concernant la partie peinte du retable qui a le plus retenu notre attention. L’auteur prouve en effet l’extrême rareté du thème de la Seconde charité de Saint Martin et replace cet étrange choix iconographique dans les perspectives du Concile de Trente.

 

          Dans une comparaison probante entre France et Italie, Sophie Duhem (vol. 2, p. 199) se propose d’analyser la genèse et la circulation d’un motif aujourd’hui devenu l’un des emblèmes du répertoire baroque : la colonne « salomonique », qui existait déjà dans la miniature française du XVe siècle. Il semble, hypothèse très séduisante émise par l’auteur, que la diffusion de cette forme soit en partie liée aux débats menés aux XVIe et XVIIe siècles aussi bien en Italie, en Espagne qu’en France, sur l’imaginaire et la représentation du temple de Salomon décrit dans l’Ancien Testament. De plus, l’auteur met à jour une corrélation entre la circulation évidente des modèles savants, que les retabliers copiaient dans des traités, et les pratiques artisanales locales qui induisent le développement de nouveaux éléments iconographiques sur les fûts torsadés.

 

          Comme le souligne Michèle Maupoix dans son second avant-propos (p. 5), la démarche adoptée par Raymond Oursel (vol. 2, p. 243) est totalement différente de celle des autres auteurs. Les actes se concluent ainsi en dehors de l’église, loin de l’autel : il s’agit en effet pour l’auteur de nous emmener sur le bord des routes et de nous forcer (pour une fois) à nous arrêter devant les « croix de carrefour », qui se font bien souvent l’expression de la dévotion des paroissiens au sacré cœur de Jésus. Dès lors, la dévotion eucharistique est transportée en dehors de l’église, ailleurs que sur les autels tout en leur restant intimement liée.

 

 

Bibliographie non exhaustive citée dans le compte-rendu

- Eve Borsook, Italian Altarpieces : 1250 – 1550. Function and Design, Oxford, 1994. 

- André Chastel, La Pala ou le retable italien des origines à 1500, Paris, 1993.

- Brigitte D’hainaut-Zveny, Les retables d’autel gothiques sculptés dans les anciens Pays-Bas : raisons, formes et usages, Bruxelles, 2008.

- Julian Gardner, “Some Aspects of the History of the Italian Altar, ca. 1250-1350 : Placement and Decoration”, dans Colum Hourihane (dir.), Objects, Images, and the Word : Art in the Service of the Liturgy, Princeton, 1992, p. 138-160.

- Julian Gardner², “Some Franciscan Altars of the Thirteenth and Fourteenth Centuries”, dans Christopher Holhler (dir.), The Vanishing Past, Studies of Medieval Art, Liturgy and Metrology, Londres, 1981, p. 29-38.

- Peter Humfrey, The Altarpiece in the Renaissance, Venise, Londres, 1993.

- Peter Humfrey², The Altarpiece in the Renaissance, Cambridge, 1990.

- Jean Magnin, Daniel Meyer, Le salut à Marie : le retable de Philippe de Gueldre : église Saint-Laurent de Pont-à-Mousson, Pont-à-Mousson, 2008.

- Xavier Salomon (dir.), Paolo Veronese : The Petrobelli Altarpiece, Cinisello Balsamo, 2009.

- Henk Van Os, Sienese Altarpiece 1215-1460 : Form, Content Function, 2 vol., Gröningen, 1988².

 

 

Table des matières

Volume 1

Michel MAUPOIX, Avant propos, p. 3.

François BOESPFLUG, Le retable et l’autel : alliance ou concurrence ?, p.7.

Annick BORN, Réflexions sur divers aspects de la production des retables anversois, p. 23.

Brigitte d’HAINAULT-ZVENY, Les retables sculptés aux Pays-Bas (fin XVe-début XVIe siècle). Instances d’une présence et d’une expérience du sacré, p. 47.

Alain LEJEUNE, Le mécénat de Crespine Cuissotte et le retable de Fromentières, p. 89.

Sophie GUILLOT DE SUDUIRAUT, Les retables français de la fin du Moyen Âge et leurs modèles des anciens Pays-Bas : quelques exemples en Picardie, Champagne et Normandie, p. 109. 

Catherine PERIER-D’IETEREN, Les retables brabançons exportés en Suède, p. 141.

Pierre Gille GIRAULT, Saint Julien du Mans dans un retable parisien du Maître de Saint Gilles, p. 161.

Mara HOFMANN, Jean Poyer et Jean Bourdichon : peintres et retables à Tours vers la fin du XVe siècle, p. 191.

Caroline ZÖHL, Retables et miniatures des Chants royaux du Puy de Notre-Dame d’Amiens : iconographie et fonction, p. 207.

Laurence HAMONIERE, Les retables sculptés dans la pierre de tradition gothique dans l’Ain : archéologie du bâti, étude historique, iconographie et restauration, p. 225.

Maria Carmen LACARRA-DUCAY, Le retable de l’autel majeur de la cathédrale Saint-Sauveur de Saragosse (1434-1487), p. 261.

Maria-José GONZALES-LOPEZ, Le retable majeur de la Chapelle Royale de Grenade. Mise au point d’un projet d’étude et de recherche en vue de sa restauration, p. 273.

Jaroslaw KILIAN, Le retable de Veit Stoss à Cracovie, p. 293.

 

 

Table des matières

Volume 2

Michel MAUPOIX, Avant propos, p. 3.

Martine VASSELIN, Les retables italiens des collections des rois de Frances au début du XVIe siècle et la question de leur impact sur la production picturale française d’alors, p. 7.

Marc SALVAN-GUILLOTIN, Le retable en trompe l’œil : quelques exemples de peintures monumentales dans les Pyrénées centrales à la fin du XVIe siècle, p. 23.

François LE BŒUF, Sculptures en terre cuite du Maine. La naissance d’un foyer artistique régional, p. 47.

Jacques SALBERT, Dominique ERAUD, Les retables de l’église des Cordeliers de Laval, p. 65.

Michèle MENARD, Les reliefs en terre cuite polychrome des retables du Maine : une spectaculaire mise en scène au XVIIIe siècle, à Duneau, p. 83.

Léon LOCK, Rubens et le retable sculpté à Anvers, p. 109.

Annick NOTTER, Retables orléanais des XVIIe et XVIIIe siècles, p. 143.

Philippe BARDELOT, Retables en Berry aux XVIIe et XVIIIe siècles, p. 159.

Martine TISSIER DE MALLERAIS, Le retable du XVIIe siècle de l’église de Souvigny-en-Sologne, p. 179.

Sophie DUHEM, La colonne « salomonique » dans le décor du retable. Genèse des modèles. Quelques exemples d’utilisation dans l’ornementation des retables français er espagnols (XVIIe et XVIIIe siècles), p. 199.

Elzbieta SZMIT-NAUD, Les retables de la cathédrale Saint-Jean à Torun : transformations au cours des siècles, p. 221.

Isabelle LEONE-ROBIN, Le patrimoine des retables baroques en Castagniccia (Haute Corse) : art original ou copie du baroque italien ?, p. 231.

Raymond OURSEL, Le cœur, l’hostie, la croix, p. 243.