Rouillard, Pierre - Gailledrat, Éric - Sala, Sellès Feliciana: L’établissement protohistorique de La Fonteta (fin VIIIe - fin VIe siècle av. J.-C.). Fouilles de la Rábita de Guardamar II, Collection de la Casa de Velázquez nº 96, 546 p., figures, photos n/b et couleur, cartes, plans, dépliants, résumés. 21 x 29,7 cms. Broché, ISBN 978-84-95555-90-8, 48 euros
(Casa de Velázquez, Madrid 2007)
 
Compte rendu par Jean-Paul Morel, Université de Provence (Aix-Marseille I)
(jean-paul.morel3@libertysurf.fr)

 
Nombre de mots : 2803 mots
Publié en ligne le 2010-03-23
Citation: Histara les comptes rendus (ISSN 2100-0700).
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          À une trentaine de kilomètres au Sud d’Alicante, sur la commune de Guardamar del Segura, le secteur de La Fonteta occupe une partie du gisement protohistorique et médiéval de La Rábita de Guardamar, situé à l’embouchure du fleuve Segura, importante voie de pénétration vers l’hinterland. Depuis la fin des années 1960, il apparaissait que cette région avait été ouverte à « un ensemble de relations où le monde oriental devenait un partenaire actif », comme le note Pierre Rouillard dans son avant-propos. C’est là qu’une équipe franco-espagnole a fouillé en 1996-2000 une partie d’un petit établissement datable entre le dernier quart du VIIIe s. et les environs de 500. Le présent livre relate les résultats de ses travaux.


 

          Après une introduction précisant les méthodes suivies par les fouilleurs — largement inspirées des enseignements du chantier de Lattes —, le chapitre I (p. 7-21), dû à Pascal Barrier et Christian Montenat, étudie « Le paysage de l’époque protohistorique à l’embouchure du Segura. Approche paléogéographique ». Cette région a largement évolué au cours des siècles, au gré des déplacements du río Segura et d’un ensablement dunaire important qui a en partie précédé l’occupation antique, mais a aussi recouvert et protégé ses vestiges. La Fonteta se trouvait dans l’Antiquité sur une baie (maintenant colmatée) offrant des conditions favorables pour abriter des bateaux.

 

 

          Le chapitre II (p. 23-97), signé par Éric Gailledrat, est intitulé « La stratigraphie ». Effectivement riche en schémas stratigraphiques et en graphiques Matrix, il atteste le soin remarquable avec lequel ont été conduites les opérations de fouilles et de relevés, et permet de proposer le schéma chronologique suivant : phase I, v. 725/700 ; phase II, v. 700/650 ; phase III, v. 650/600 ; phase IV, v. 600/550 ; phase V, v. 559--525/500, suivie d’une phase d’abandon, ces phases étant elles-mêmes subdivisées en tant que de besoin. Mais son titre est trompeur dans sa simplicité, car on y trouve aussi la description essentiellement factuelle et on ne peut plus minutieuse de toutes les structures identifiées — murs, poteaux, sols, banquettes, fosses, foyers, etc. —  sur une surface fouillée d’environ 250 m², et cela pour chacune des phases.

 

 

          Plus interprétatif est en revanche le chapitre III, « Architecture et urbanisme » (p. 99-183), dû à Éric Gailledrat pour l’habitat et à Pierre Moret pour l’enceinte. Dans une première partie, « Architecture et urbanisme des phases I-III (v. 725-600 av. J.‑C.) », É. Gailledrat s’attache à démêler et à commenter les diverses techniques de construction en terre utilisées, où la brique crue (« adobe ») apparaît assez clairement (avec l’usage de la « coudée royale » phénicienne de 52 cm), mais où il est plus difficile de distinguer — en raison notamment de la faible hauteur des murs conservés — entre la terre massive (« bauge » ou « terre empilée »), le torchis (sur clayonnage de branchages) et le pisé (banché). Les élévations sont tantôt assises sur des solins en pierre, tantôt établies à même le sol et sans tranchées de fondations. Il y a là des développements extrêmement précis, qui font bien ressortir les difficultés que soulève l’interprétation de ces constructions légères et remaniées à maintes reprises (on peut regretter néanmoins l’emploi constant, à propos de ces murs, de « large » ou « étroit » pour « épais » ou « mince », qui prête parfois à confusion ou ne facilite pas la lecture). En ce qui concerne les formes et les fonctions des espaces identifiés, un urbanisme se dessine dès la première moitié du VIIe siècle. Il s’agit de demeures à plusieurs pièces, ou aussi, dans une période récente de la phase III, de bâtiments à vocation artisanale (et particulièrement métallurgique), où domine le torchis. Poussant plus loin la synthèse après ces analyses minutieuses, É. Gailledrat discerne, après une première phase d’installation de la fin du VIIIe s. dont les constructions en torchis sur poteaux porteurs se distinguent déjà, avec leurs plans rectangulaires ou absidiaux, de ce que l’on connaît de l’architecture indigène de la même époque, une seconde phase couvrant tout le VIIe s., d’une autre ampleur, révélant un programme urbanistique clairement « allogène » qui rappelle l’architecture des établissements phéniciens de l’extrême Occident, sur laquelle nous est livré un utile bilan. Dès lors (comme cela ressort clairement de la carte de la fig. 108) La Fonteta peut être considérée comme l’établissement phénicien de loin le plus septentrional, et qui le restera, de la côte méditerranéenne de la péninsule Ibérique (tandis que sur la côte atlantique Abul, au Portugal, est un peu plus septentrional encore — et l’on sait que de surcroît les recherches de ces dernières années ont multiplié les indices de la présence des Phéniciens sur le littoral portugais) : ce qui d’ores et déjà, il faut le souligner, accroît considérablement l’intérêt de ce site. Les types de plans, les modules de pièces, la technique du pisé avec ou sans solins de pierres, les murs et les sols revêtus d’ocre sur une pellicule de chaux, renvoient clairement à des traditions phéniciennes de l’extrême Occident et, au-delà, du Proche-Orient. Ces caractéristiques ne tardent pas à influencer les habitats indigènes de la région.

 

 

          P. Moret prend le relais (p. 126-140) pour étudier l’enceinte, longue de quelque 500 m et incluant un espace d’une hectare et demi, dont il a fouillé une trentaine de mètres : enceinte en moellons de grès probablement enduits d’argile sur une hauteur d’au moins 3,50 m, prolongée plus haut par une muraille en briques crues. Un intervalle entre deux tronçons a été ultérieurement bouché par un massif en adobe entre deux parements de pierres. L’auteur hésite à y reconnaître un dispositif oriental ou indigène, d’autant plus que le secteur fouillé a été bâti dans le premier quart du VIe siècle, en une période où l’urbanisme de La Fonteta est modifié et « où l’élément indigène semble acquérir un protagonisme croissant », avant d’être abandonné à la fin du même siècle.

 

          É. Gailledrat reprend en ce point (p. 140-155) son étude de l’habitat, pour le VIe siècle, « dans un contexte nettement indigène ». L’adobe connaît alors une prépondérance grandissante, mais les structures en terre massive (bauge ou pisé) ne sont nullement absentes. Avec la première partie de ce chapitre III, cette troisième partie offre un inventaire, voire une sorte de manuel, particulièrement bienvenu, sur les usages de la terre dans l’architecture phénicienne d’Occident et dans les constructions indigènes qu’elle a influencées. Les maisons relativement vastes de la période précédente cèdent la place à des bâtiments d’une trentaine de mètres carrés, à une ou deux pièces. À noter toutefois qu’on n’a trouvé pour cette période que des bâtiments adossés au rempart, dans un contexte par conséquent tout particulier, ce qui, comme le reconnaît lucidement É. Gailledrat, relativise nécessairement les comparaisons que l’on pourrait faire avec l’habitat précédent, lequel avait pu se développer plus librement dans une zone exempte d’une telle contrainte avant d’être partiellement recouvert par l’enceinte.

 

          Enfin cet important chapitre se clôt (p. 155-183) par l’étude, due à Hedi Dridi et Pierre Dubœuf, des « éléments architecturaux antiques réemployés dans la Rábita d’époque califale », érigée autour de l’an mil à quelques dizaines de mètres de la fouille ici décrite. Il s’agit de 81 blocs en calcaire local. La présence d’éléments de corniche (à blocs biseautés et surtout à gorge égyptienne) et peut-être de colonnes, mais aussi d’orthostates et de blocs « pseudo-isodomes », légitime la proposition, appuyée sur des parallèles indubitables, de voir dans ces blocs les vestiges d’un ou plusieurs monuments funéraires ibériques qui auraient été situés à proximité. La principale difficulté réside dans la chronologie des exemples invoqués, datables aux Ve-IVe siècles, c’est-à-dire à une époque où La Fonteta était abandonnée. Les auteurs la surmontent en proposant de dater leurs blocs du VIe siècle (peut-être plutôt dans la seconde moitié de ce siècle), ce qui ferait pour ce ou ces tombeau(x) la datation « la plus haute pour un monument funéraire ibérique », en une zone où les modèles phéniciens ont pu s’imposer très précocement au monde ibérique. D’autres hypothèses seraient-elles possibles (par exemple monument isolé, ou se rapportant à un autre habitat non encore mis au jour) ? Nous ne saurions le dire, mais la découverte, quoi qu’il en soit, est d’importance.

 

 

          L’ample chapitre IV (p. 185-361), consacré au mobilier, est dû essentiellement à Pierre Rouillard, Éric Gailledrat et Feliciana Sala Sellés. Y sont considérés successivement la vaisselle, les amphores et le mobilier non céramique, avant un aperçu général sur la culture matérielle de La Fonteta aux VIIIe-VIe siècles. Il est difficile d’être plus complet et plus précis, qu’il s’agisse des descriptions, des comptages, des parallèles signalés, ou des considérations générales sur les objets recueillis dans cette fouille d’étendue assez restreinte (notamment plus de 12 000 fragments de céramique). Sans prétendre entrer dans les détails, évoquons ici quelques résultats ou quelques problèmes d’autant plus notables que, comme le souligne d’entrée de jeu P. Rouillard, « sur le littoral méditerranéen de la péninsule Ibérique, Guardamar del Segura est le plus septentrional des habitats où la vaisselle phénicienne, ou de filiation phénicienne, archaïque est présente avec un répertoire ample », ce qui lui confère « une place singulière » : une constatation qui, nous l’avons dit, s’impose au vu d’une simple carte, mais qui n’est guère soulignée dans le volume, et sur laquelle on ne saurait trop insister de par son importance quant au vaste phénomène des rencontres inter-ethniques dans la Méditerranée occidentale.

 

 

          Les plus anciennes céramiques phéniciennes du site remontent aux dernières décennies du VIIIe s. et ressortissent à la vaisselle à vernis rouge (leur association avec une coupe corinthienne « de Thapsos » du Géométrique récent et une amphore SOS attique confirme leur chronologie). Elles semblent toutes avoir été produites en Occident. Elles sont rejointes dans la première moitié du VIIe s. par des céramiques polychromes et des céramiques grises. Au total, un répertoire relativement limité — ce que peut expliquer entre autres sa relation exclusive à un habitat —, axé pour le vernis rouge sur des plats, pour la céramique peinte sur des urnes à deux anses et des jarres pithoïdes bitronconiques. Quant à la céramique grecque, très rare, elle scande néanmoins toutes les étapes de l’habitat, jusqu’à la fin du VIe s.

 

          Il revient à É. Gailledrat d’étudier les céramiques à cuisson oxydante, peintes (« proto-ibériques » et « ibériques ») ou non décorées, qui sont pour l’essentiel de production locale ou micro-régionale. Sporadiquement présentes dès la fin du VIIee s., elles caractérisent essentiellement le VI s., surtout dans sa deuxième moitié. L’ensemble s’avère précieux pour la compréhension de l’apparition de la céramique ibérique dans la région.

 

          Enfin F. Sala Sellés analyse les céramiques grises tournées, dont l’origine n’est pas encore claire. Elle estime que la thèse d’une influence phénicienne sur ces productions doit être nuancée, d’autant plus qu’elles sont moins attestées dans les établissements phéniciens que sur les sites de l’intérieur. Quoi qu’il en soit, la vallée du Segura marque la frontière septentrionale de la diffusion de ces céramiques, dont La Fonteta se trouve par conséquent être un avant-poste. Plus problématique encore sont les céramiques non tournées, peu étudiées à ce jour dans les contextes coloniaux phéniciens de l’Occident et qui donnent lieu à controverse, certains y voyant des produits indigènes, d’autres des produits phéniciens locaux — un débat utilement résumé par F. Sala Sellés, laquelle en définitive, dans le cas de La Fonteta, conclut, non sans nuances, en faveur « d’une production fondamentalement indigène », tout en soulignant la possibilité d’acquisition de ces vases, ou de leurs contenus, par les Phéniciens. On sait qu’un débat à la fois analogue et différent avait opposé à propos de Carthage Fr. Rakob et H.G. Niemayer, tous deux voyant dans les céramiques modelées de ce site des productions indigènes et des indices d’une présence d’autochtones dans la ville, mais le premier les rapportant aux premiers temps de Carthage, le second plutôt à une « pré-Carthage » autochtone, avant de se rallier à l’hypothèse de son collègue (à cet égard l’expression de « production céramique coloniale » utilisée par F. Sala Sellés pour caractériser ces productions indigènes trouvées dans la colonie de Carthage est quelque peu trompeuse).

 

 

          Les trouvailles d’amphores, analysées par É. Gailledrat et P. Rouillard,  témoignent de l’importance, entre la fin du VIIIe s. et celle du VIe s., des relations commerciales de La Fonteta avec la sphère phénico-andalouse, surtout de la région de Málaga, alors que les amphores proto-ibériques et ibériques, bien qu’en hausse constante, ne prennent le dessus que dans le dernier tiers du VIe s., témoignant du développement d’une agriculture autochtone diversifiée (qu’illustre de façon emblématique, plus au Nord, le cas de l’Alt de Benimaquia, que les auteurs ne manquent pas d’évoquer). Quant aux amphores grecques, étrusques et puniques, elles demeurent marginales tout au long de la période considérée.

 

          Ces considérations sur les céramiques donnent lieu pour finir à un très important ensemble (p. 233-318) de tableaux modérément utiles et surtout d’illustrations soignées, incontestablement utiles et qui le seraient encore plus si elles renvoyaient plus commodément au texte. Est étudié ensuite le « mobilier non céramique » (essentiellement métallique, lithique, voire … « céramique », et autre), parmi lequel des fragments d’œufs d’autruche portant souvent des vestiges de pigment rouge et/ou des gravures sont insolites en ce milieu non funéraire.

 

          É. Gailledrat rassemble (p. 338-351) les conclusions de ce vaste chapitre quant à la « culture matérielle » de La Fonteta, en commençant par poser lucidement le problème du décompte  des fragments de céramique recueillis et des conclusions divergentes qu’autorisent les divers modes de comptage (nombre de fragments, nombre minimal d’individus ou nombre de bords). Il y a là des remarques d’un grand intérêt méthodologique. Une des questions principales qui se posent ici encore est celle de la céramique modelée, baromètre de la présence indigène, de son importance tantôt décroissante et tantôt croissante par rapport à la présence phénicienne et pour finir, dans la deuxième moitié du VIe s., de la désaffection des autochtones pour ce genre de céramique. Une formule concernant « une implantation phénicienne sur le site aux environs de 700 av. J.‑C. » jure quelque peu avec les remarques prodiguées çà et là sur l’empreinte phénicienne dès le dernier quart du VIIIe siècle : ne s’agit-il pas plutôt, pour le VIIe s., d’une montée en puissance des Phéniciens ? Il reste que la caractérisation de la phase II (première moitié du VIIe s.) comme une phase « phénicienne » (p. 342) introduit une légère incertitude sur la façon dont on doit considérer la phase précédente, incertitude du reste bien compréhensible dans un milieu où la composante indigène reste en tout état de cause, et à des degrés divers, très importante tout au long des quelque deux siècles de l’occupation du site. On notera en tout cas les rapprochements éclairants faits par l’auteur, mutatis mutandis, avec la coexistence des Grecs et des indigènes dans la Palaiapolis d’Emporion.

 

 

          Nous insisterons moins ici, malgré son grand intérêt, sur le chapitre V, « Exploitation du milieu et paléoenvironnement » (p. 353-423), dû à divers spécialistes espagnols et français. Ces experts considèrent successivement la faune, la pêche et l’exploitation des milieux aquatiques (une question particulièrement complexe dans cette zone à la fois fluviale et maritime connaissant de surcroît au cours de la période concernée des modifications importantes), la malacofaune, les plantes, le paysage végétal, avant un bref et dense bilan général sur l’évolution de l’environnement et de la mise en valeur agricole, assez modeste et encore incertaine à plus d’un égard, du site et de ses abords.

 

 

          Une ample « Conclusion générale » (p. 425-433) reprend très utilement l’ensemble des données collectées, conclut à « un site d’échange plus que de production », souligne la complexité des « innovations et ruptures », des expérimentations et des confrontations, des croisements des habitudes, dans ce milieu ethniquement composite, dans cette « marche » de l’Andalousie méridionale. Cette coexistence, cette mixité, ces interactions, sont les Leitmotive de ces pages où les auteurs se risquent, légitimement, à caractériser La Fonteta comme « un emporion entre indigènes et Phéniciens », et avancent une comparaison stimulante avec l’Étrurie dont les « indigènes » établis spontanément en retrait de la côte descendent vers celle-ci pour y rencontrer les Grecs dans des comptoirs comme Pyrgi et Gravisca. Ceci encore : posant (p. 430) « la question lancinante de la place d’Ibiza », les auteurs la donnent pour « infime », quant aux importations d’amphores par exemple (et cela alors que La Fonteta est le site phénicien le plus proche de l’île). Curieusement, il nous semble que la (quasi- ?) absence de Gadès, presque aussi remarquable, n’est pas évoquée.

 

 

          Si l’on ajoute que plus d’une centaine de pages encore (p. 427-536) sont occupées par une ample bibliographie générale, par cinq annexes (où l’on note, outre des études archéométriques, une « Typologie céramique » et de très intéressantes considérations de Christian Montenat sur « Le trafic maritime antique d’après l’examen des pierres de lest », qui une fois de plus font ressortir l’importance de la zone s’étendant entre Málaga et Villaricos comme point de départ des navires qui accostaient à La Fonteta), par des résumés en français, espagnol et anglais, enfin par des tables des figures, des planches et des matières, on achèvera peut-être de donner une idée de la volonté d’exhaustivité qui a présidé à l’élaboration de ce livre. Un livre qui, s’il est écrit et publié avec une correction et une richesse de documentation remarquables qui font honneur aux auteurs comme à la Casa de Velázquez, n’est pas exempt de redondances et de quelques incertitudes dues en particulier à la multiplicité des signatures, et dont on peut regretter que les figures et les graphiques soient souvent d’une interprétation malaisée, voire impossible, à cause de légendes trop sommaires — tandis qu’en revanche le parti adopté de citer systématiquement dans les notes les titres des publications de référence s’avère autrement plus commode et confortable que le fâcheux système de Harvard). Et, surtout, un exemple difficilement surpassable de l’exploitation complète, sérieuse et réfléchie d’un site appelé, malgré l’étendue restreinte des fouilles dont il a fait l’objet jusqu’ici, à prendre une place notable dans l’archéologie et l’histoire des situations coloniales en Méditerranée occidentale, ne serait-ce que par sa localisation singulière à l’extrême limite d’un des grands mouvements d’expansion dans cette région, celui des Phéniciens d’Espagne.