Magee, D. - Bourriau, J. - Quirke, S. (eds.): Sitting Beside Lepsius. Studies in Honour of Jaromir Malek at the Griffith Institute, (Orientalia Lovaniensia Analecta, 185), XXVIII-604 p., ISBN 978-90-429-2171-9, 85 euros
(Peeters 2009)
 
Compte rendu par David Lorand, FNRS (Belgique) – Université libre de Bruxelles
(dlorand@ulb.ac.be)

 
Nombre de mots : 4022 mots
Publié en ligne le 2010-07-31
Citation: Histara les comptes rendus (ISSN 2100-0700).
Lien: http://histara.sorbonne.fr/cr.php?cr=981
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Le présent ouvrage est un volume de mélanges en l’honneur de l’égyptologue Jaromir Malek présenté par trente de ses collègues qui le côtoient, depuis de longues années pour certains d’entre eux, au Griffith Institute de l’Université d’Oxford. Après la table des matières (pages vii-ix), une brève introduction sous la plume de J. Bourriau (page xi) rappelle au lecteur le rôle déterminant joué par J. Malek dans le maintien et le renouvellement d’un référentiel bibliographique fondamental pour l’égyptologie : la Topographical Bibliography of Ancient Egyptian Hieroglyphic Texts, Statues, Reliefs and Paintings initiée par B. Porter et R. Moss. L’abondante bibliographie de J. Malek est ensuite rassemblée et présentée par E. Fleming (pages xiii-xxviii), qui série ses contributions en diverses catégories : les ouvrages à titre de seul auteur, les ouvrages qu’il a édités ou pour lesquels il a collaboré à l’édition, les articles, les comptes rendus et, enfin, les publications électroniques (collation en décembre 2007).

 

Au sein des trente contributions, plusieurs d’entre elles se font l’écho de la connaissance proprement encyclopédique de l’égyptologue ainsi honoré, et se proposent à cet égard de publier – parfois pour la première fois – des ensembles d’objets évoquant tout à la fois le foisonnement de la Topographical Bibliography et l’infinie curiosité de son actuel éditeur. Sans les détailler toutes, citons d’abord la notice de E. Winter qui clôt cet ouvrage (pages 599-604) et qui propose une adjonction au tome VI de la Topographical Bibliography (Philae). La contribution de T. Hardwick (pages 183-202) présente quatre œuvres distinctes qu’il identifie parfois plus justement que divers commentateurs précédents : un pilier dorsal provenant d’une statue en péridotite du pharaon Thoutmosis II et manifestement liée à d’autres statues trouvées à Karnak (Ashmolean Museum d’Oxford 1965.881) ; une plaque de fondation de Thoutmosis III nommant Sobek de Soumenou et découverte à el-Mahmid el-Qibli (collection privée) ; une stèle royale fragmentaire au nom d’Amenhotep III, sans doute d’Héliopolis (Bristol Museum, H1768) ; et une statuette produite sous le règne de Ramsès III qui représente un prisonnier dominé par un lion (Bristol Museum, H3162).

L’article de Y. Harpur (pages 203-225), consacré à neuf blocs décorés de la chaussée montante du roi Ounas à Saqqara remployés à la 18e dynastie dans la tombe de Maya (toujours à Saqqara), est – dans une veine similaire – conçu comme une adjonction à la liste des blocs déjà identifiés par les éditeurs successifs de la Topographical Bibliography. Chacun des neuf blocs est décrit et replacé dans son contexte originel. La contribution de Chr. Lilyquist (pages 289-313) procède de la même intention en répertoriant le matériel découvert dans la tombe Mayana K 1300 de la nécropole de Sedment el-Gebel, et en en proposant des éléments de comparaison et de datation (16e-17e dynasties).

De la même façon, A. Leahy (pages 273-288) s’intéresse à une stèle abydénienne du Musée égyptien du Caire (JE 36492) au nom de Horoudja, prêtre de Mout de Megeb, datée de la fin du IIIe siècle ou du début du IIe siècle avant notre ère. L’auteur avance dans sa contribution l’idée que le propriétaire du cercueil de Philadelphie (University Museum, E.16133 – momie inventoriée sous le numéro E.16220), un dénommé Hapimen, soit le père de Horoudja. Une approche similaire guide la plume de V.A. Donohue (pages 115-127) à propos de la stèle latopolitaine de Ibiiaou (Egypt Center of Swansea University, EC 7) que l’auteur date de la fin de la 12e ou du début de la 13e dynastie.

D. Magee, quant à elle, consacre son étude (pages 315-325) à trois stèles du Moyen Empire appartenant aux collections de l’Ashmolean Museum d’Oxford : la stèle de Dédousobek (1954.25) datant du règne de Sésostris Ier ; la stèle de Iymerou, remontant au plus tôt à l’extrême fin du règne d’Amenemhat III (1933.1452) ; la stèle de Khnoum, attribuable à la fin de la 13e dynastie (1164.1892).

Enfin, mentionnons la contribution de M.J. Raaven (pages 463-490) dédiée à quatre lots de cercueils et momies provenant de la région thébaine et dont les « propriétaires » faisaient partie, de près ou de loin, du personnel du temple d’Amon entre 700 et 650 avant notre ère. Il s’agit du matériel et de la momie de Kek (RMO Leiden, AMM 4), fille de Namenkhamon, dont la momie et le cercueil sont conservés au monastère de San Lazaro degli Armeni (Venise), et d’une autre paire constituée d’une part de la momie et du cercueil de la « Maîtresse de maison » Chepenhor (Hunterian Museum de Glasgow, D.6) et d’autre part de la momie et du cercueil de son père, Inamonnefnebou (RMO Leiden, AMM 1).

L’article de J.H. Taylor (pages 561-579) traite d’un sujet similaire, avec l’imbroglio de cercueils généré par la vente de la collection d’Anastasi en 1857 (lots 125-132), dont une partie des artefacts finirent par être partiellement dépareillés entre les collections des Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles (inv. E 5889 A-C et E 5890 A-C) et celles du Musée Curtius de Liège (Eg. 81, Eg. 82 A-B et Eg. 83 A-C). Au terme d’une analyse serrée, l’auteur remonte les assemblages originels des cercueils de Horsiesi, Ousirmes, Taantenmes, Nesamonnesouttaouinakht et Isistamen. à ce lot, l’auteur propose d’adjoindre les cercueils de Padiamenet, fils de Ousirmes (British Museum, EA 6682 et EA 6683). On complétera les réflexions de l’auteur par la publication récente du matériel conservé au Musée Curtius de Liège : E. Warmenbol, « Les antiquités égyptiennes d’Albert d’Otreppe de Bouvette. L’archéologie des nations et l’archéologie des provinces », dans E. Warmenbol (dir.), La Caravane du Caire. L’Égypte sur d’autres rives, Bruxelles, 2006, p. 100-117 (circonstances d’acquisition des pièces) ; B. R. Hellinckx, « cat. 5-9 », dans E. Warmenbol (dir.), op. cit., p. 205-222 (catalogue des cercueils).

 

Un autre « ensemble » de contributions peut être défini autour du thème des prémisses de l’égyptologie, des premières explorations et des difficultés qu’il y a parfois à travailler sur le matériel issu de fouilles menées au cours du XIXe siècle. L’article de J. Bourriau (pages 39-98) est, à cet égard, particulièrement éloquent tandis que l’auteur tente de rendre compte des travaux de A. Mace et R. MacIver dans la nécropole de Diospolis Parva (secteurs Y et Y Sud) sous la direction de W. M. F. Petrie (1898-1899). Le recensement du matériel découvert et sa présentation (pages 52-90) offrent ici au lecteur un nouveau point de départ pour l’étude de quelque 556 tombes de la Deuxième Période Intermédiaire (Y1-Y537 + 19) dont seulement sept sont parvenues intactes aux yeux des archéologues anglais. On notera d’ailleurs, en plus des références fournies par J. Bourriau, à propos de la tombe Y237 contenant une dague au nom du roi Séouadjenrê Nebiryerraou (16e dynastie – conservée au Musée égyptien du Caire sous le numéro d’inventaire JE 33702), que plusieurs tombes Pan grave de la Deuxième Période Intermédiaire ont, elles aussi, livré des armes au nom d’un souverain de cette période : arme de Nebmaâtrê du British Museum de Londres (EA 63224) et du Field Museum de Chicago (inv. 30329), de Semenrê (Petrie Museum, UC 30079), de Montouemsaf (British Museum, EA 67505) et Sésostris IV (Petrie Museum, UC 16324). Le lecteur se reportera en outre avec fruit à l’article de M. Marée à propos du distinguo qu’il convient désormais de faire entre le matériel de deux rois prénommés Séouadjenrê : Séouadjenrê Séhetepibrê de la 13e dynastie et Séouadjenrê Nebiryerraou de la 16ème dynastie (M. Marée, « The 12th–17th Dynasties at Gebel el-Zeit : A closer look at the inscribed royal material », dans BiOr LXVI (2009), p. 154-155).

Dans cette même optique, on citera l’étude de P. Piacentini (pages 423-438) consacrée aux lettres et documents d’Auguste Mariette appartenant aux archives égyptologiques de l’Université de Milan ; ainsi que celle que S. Quirke (pages 439-461) réserve aux archives de W. M. F. Petrie conservées au Petrie Museum of Egyptian Archaeology, à l’Egypt Exploration Society et au Griffith Institute. Dans ce dernier cas de figure, le lecteur saura particulièrement gré à l’auteur d’avoir dressé (pages 444-461) la liste des ressources documentaires du fonds d’archives, les années couvertes par chacune de ces sources, les sites archéologiques concernés et la nature des documents (carnets de fouilles, listes de paies, listes de tombes…). La contribution de J. M. Galan (pages 155-181) fait, quant à elle, le point sur les explorations et investigations autour et dans la tombe de Djehouty (TT 11) à Dra Abou el-Naga depuis la visite de J.-Fr. Champollion et I. Rosellini en 1829 (qui n’en étaient qu’à quelques mètres en signalant la tombe TT 12 de Hery). L’auteur met très clairement en évidence l’apport des études archivistiques sur la préparation des fouilles archéologiques et la publication des résultats scientifiques, notamment en signalant avec justesse que les artefacts découverts anciennement viennent souvent compléter des trouvailles modernes, sinon parfois incompréhensibles, voire qu’ils pallient l’état de dégradation actuel du monument.

Aussi, versons à ce « dossier » l’article de M. Serpico (pages 491-513) relatif à la famille de F. Ll. Griffith et à la formation de la collection égyptienne du Brighton Museum and Art Gallery, ainsi que l’étude de D. Manley et P. Ree (pages 327-342) relatant les voyages croisés de plusieurs « touristes et explorateurs » du début du XIXe siècle le long du Nil, en particulier W. J. Bankes, H. Salt, G. Belzoni, G. d’Athanasi ou encore J. Hyde.

L’article de P. T. Nicholson (pages 381-422) constitue une agréable lecture d’une première forme de vulgarisation scientifique par l’entremise des clichés stéréoscopiques diffusés en 1897 (première série) et en 1905 (seconde série) par les frères Underwood. L’auteur souligne avec intérêt l’évolution des mentalités sous-jacente au reformatage des séries photographiques entre 1897 et 1905, et en particulier le rôle déterminant de l’égyptologue américain J. H. Breasted dans l’élaboration d’un commentaire pédagogique (quelque 360 pages pour 100 clichés). Il est en effet remarquable de constater la disparition, dans la seconde série, de la majorité des photographies relatives à l’ethnographie égyptienne ou à la mission d’évangélisation et d’éducation des populations locales par des agents américains, au profit d’une approche plus « historienne de l’art », illustrant pour la première fois des sites tels que la Vallée des Rois à Louqsor, le temple d’Edfou, ou la ville d’Assouan. Une double liste (pages 403-411) rend perceptibles les nombreuses modifications apportées aux boîtes de clichés stéréoscopiques. On pourra développer la référence de l’auteur au climat « tendu » à la tête du Service des Antiquités de l’Égypte dans le dernier quart du XIXe siècle (pages 397-398) par la lecture de l’article de E. Gady, « Un ingénieur chez les égyptologues », dans Fr. Djindjian, Chr. Lorre, L. Touret (dir.), Caucase, Égypte et Perse : Jacques de Morgan (1857-1924) pionnier de l’aventure archéologique (Cahiers du Musée d’Archéologie Nationale, 1), Saint-Germain-en-Laye, 2008, p. 121-134.

 

Plusieurs contributions sont offertes à J. Malek en souvenir de ses propres recherches et investigations, notamment sur le chat égyptien comme le soulignent l’article de D. Sweeney (pages 531-560) dédié au chat dans la communauté des travailleurs de Deir el-Medineh, et celui de A. McDonald (pages 361-379) consacré à l’apparence du chat dans les textes hiéroglyphiques. On notera d’ailleurs au sujet de l’alternance des signes du chat (E 13) et de la girafe (E 27) comme déterminatif du verbe sr (prédire) (alternance qui s’opère en outre avec d’autres signes), que l’histoire des sciences naturelles réserve quelques heureuses surprises. En effet, l’auteur signale qu’une des causes envisageables pour cette substitution graphique de la girafe (« qui voit de loin ») au profit d’un autre animal peut être fondée sur le bruit que fait cet animal (miaulement, aboiement, …), bruit qui serait un « avertissement » et répondrait au sens de « prédire » du mot égyptien sr. Mais le hasard de la taxinomie fait aussi que la girafe est répertoriée en tant que Giraffa camelopardalis L. (soit Girafe « chameau-léopard »), ce qui la lie aux félidés – et au chat de A. McDonald – d’une manière plus surprenante et cocasse que l’éthologie ne l’aurait laissé croire de prime abord. Voir à titre de seules références, l’article de Th. Buquet, « La girafe, belle inconnue des bibles médiévales. Camelopardalis : un animal philologique », Anthropozoologica 43/2 (2008), p. 47-68, et la monographie de Chr. Cannuyer, La girafe dans l’Égypte ancienne et le verbe [sr]. étude de lexicographie et de symbolique animalière (Acta Orientalia Belgica – subsidia III), Bruxelles, 2010.

À ce groupe, appartient encore la contribution de H. Whitehouse (pages 589-598) dédiée à une statuette en terre cuite figurant deux bovidés et datant de l’époque romaine (Ashmolean Museum d’Oxford, AN 2004.62).

 

Par ailleurs, plusieurs auteurs proposent leur étude en guise d’ouverture prospective sur de nouvelles recherches qui ne manqueront pas d’être menées. Je citerai notamment l’article de N. Harrington (pages 227-236) qui soulève avec justesse la question de l’implication du commanditaire dans la fabrication et la mise en texte/image de stèles par les artistes (stèle de Pairy conservée au Petrie Museum of Egyptian Archaeology, UC 14228) ; de même que je mentionnerai l’étude de K.A. Kitchen (pages 267-272) mettant en évidence le caractère non-linéaire (qualitativement parlant) des additions, modifications et enrichissements des œuvres littéraires égyptiennes, telle que la formule Pyr.601 étudiée entre les règnes de Pépi Ier et celui de Ramsès III.

La contribution de M. Hill (pages 237-256) invite à reconsidérer la notion de « modèle de sculpteur » appliquée uniformément à un ensemble d’objets globalement datés de la Basse époque et de la période ptolémaïque, puisque, d’après elle, certains d’entre eux pourraient être des artefacts produits par et pour le culte de la royauté qui se développe durant cette période. Une remise en question similaire est à l’œuvre dans les lignes de G. T. Martin (pages 343-359) à propos de l’identification des personnages amarniens représentés sur la stèle fragmentaire Caire JE 64959 + Londres UC 410. Selon l’auteur, si les membres de la famille d’Akhénaton sont bel et bien nommés sur la stèle, ils ne sont pas pour autant l’objet du culte rendu aux personnages centraux du monument, plus probablement à identifier comme Amenhotep III et Tiy, les parents divinisés du souverain amarnien.

D. Jeffreys (pages 257-265) indique, en guise d’hypothèse, que la taille des pyramides memphites (d’Abou Raouach jusqu’à Meidoum) pourrait avoir été – en partie – déterminée par une préoccupation optique fixée par un observateur situé au centre de la région memphite (« Memphite core test site »), et visant à uniformiser la taille apparente des monuments en fonction de leur proximité ou de leur éloignement avec ce point d’observation. L’auteur admet que d’autres variables sont à étudier en corrélation avec cette hypothèse, au premier chef desquelles figurent les contraintes techniques, géographiques et géologiques, sans compter les relations intrafamiliales des souverains successifs qui peut déterminer, a priori, le degré de proximité entre deux complexes funéraires. Néanmoins, ce jeu d’optique est attesté dans la statuaire monumentale comme le souligne D. Laboury (« Colosses et perspective. De la prise en considération de la parallaxe dans la statuaire pharaonique de grandes dimensions au Nouvel Empire », RdE 59 (2008), p. 181-230), et comme semblent l’indiquer les travaux de la mission de l’Université libre de Bruxelles dans la tombe du vizir Aménémopé – TT 29 (augmentation progressive de l’espace entre les piliers de la salle transversale pour maintenir une uniformité visuelle). Pour ce dernier exemple, voir L. Bavay, « La tombe thébaine d’Aménémopé, vizir d’Amenhotep II », Égypte, Afrique & Orient 45 (2007), p. 7-20, part. p.11.

De pyramide, il est encore question dans la contribution de E. Brovarski (pages 99-114) qui s’interroge sur l’adéquation possible ou non entre le terme ḥr et la pyramide en tant que monument funéraire, tandis que l’étude de J. Baines (pages 1-22) se concentre sur les stèles funéraires abydéniennes d’un certain Ameniseneb, stèles qui reflèteraient la piété personnelle du commanditaire envers le dieu Oupouaout (stèle du Musée du Louvre C 11 et C 12, stèle du Garstang Museum E.30).

Enfin, la contribution de M. Eaton-Krauss (pages 129-153) passe en revue les différentes localisations des textes et inscriptions sur les statues en pierre de l’Ancien Empire. Si tous les cas de figures semblent abordés par l’auteur, avec nombre d’exemples, on reste quelque peu déçu de n’y lire qu’un simple catalogue de possibilités, sans analyse de celles-ci, de sorte que la question de leur compréhension et de leur motivation reste ouverte.

 

Je terminerai ce compte rendu par quelques remarques :

 

  • Dans l’article de M. Barta (pages 23-38) dédié à une table d’offrandes provenant du mastaba de Séankhouptah à Abousir (milieu de la 5e – milieu de la 6e dynastie), il me semble possible de corriger la lecture du texte inscrit à trois endroits et dont une partie a chaque fois été accidentellement omise : (p. 24) « (…) may he be buried in the necropolis in the west (…) », doit être substitué au profit de « (…) puisse-t-il être enseveli dans la nécropole, dans le désert de l’ouest (…) » (voir la locution sm(j)t imntt dans Wb III, 345) ; (p. 25) rajouter la mention de dans l’offrande hetep-di-nesout  ; (p. 27) comprendre « every year, 1000 (times) » de la façon suivante « toute plante/légumineuse : 1000 », ce qui correspond plus à une liste d’offrandes traditionnellement présentées au défunt et à la graphie du terme rnp(w)t.


  • Je ne suis pas convaincu par l’opposition de statut proposée par M. Barta (page 27) entre les deux « épouses » de Séankhouptah, Akhti d’une part figurée dans l’angle inférieur droit de la table d’offrandes, et Nedjetempet d’autre part placée au centre. On ne peut pas à mon sens inférer une position secondaire de Nedjetempet par rapport à Akhti sur le seul critère de la réalisation du relief dans le creux des deux paires de personnages (la paire avec Nedjetempet étant plus grossièrement réalisée que celle avec Akhti). Si l’on peut raisonnablement penser qu’il s’agit d’une adjonction à un premier état qui n’aurait figuré que Akhti et Séankhouptah, adjonction peut-être concomitante à la gravure d’une partie des (nouveaux ?) enfants de Séankhouptah sur le monument, comme le pense M. Barta, la différence de qualité n’est ici pas un indice de statut hiérarchique. Dans une telle perspective, Séankhouptah, qui est lui aussi dupliqué, aurait été également inférieur à lui-même puisqu’il est – dans le groupe composé avec Nedjetempet – moins bien sculpté que son « prédécesseur » siégeant avec Akhti. Une telle assertion est peu consistante. Par ailleurs, l’opposition entre Akhti (dite « son épouse, la maîtresse ») et Nedjetempet (uniquement nbt « la maîtresse ») est une fausse opposition puisque le vocable nbt (traduit comme un terme indépendant) fait en réalité partie du titre de qui dénote un état de la défunte (littéralement « maîtresse de vénération », c’est-à-dire « digne de louange auprès du dieu N ») et non une position sociale dans un couple. Dès lors, seule Akhti est réellement désignée comme l’épouse de Séankhouptah (en tant que ), tandis que la relation qui unit ce dernier à Nedjetempet demeure floue.



  • On regrettera que l’article de C.M. Sheikholeslami (pages 515-529) soit doté d’un nombre si réduit d’illustrations (une seule, reprenant trois fragments de stèle) alors que l’auteur évoque en détail 42 fragments appartenant à 3 stèles distinctes du règne d’Osorkon III. On aurait ainsi aimé pouvoir bénéficier d’un schéma illustrant la position relative des divers éléments étudiés, et ce d’autant plus que la présente contribution remet en question de précédentes hypothèses. L’argumentaire développé par l’auteur est dès lors sensiblement desservi par ce manque.



Il m’est cependant encore nécessaire de mentionner l’hommage rendu par M. Verner à J. Malek (pages 581-587) qui, dans son bref article, met en lumière les qualités de celui qui n’était encore qu’un jeune étudiant en égyptologie lors de la mission tchécoslovaque en Nubie organisée par Z. Zaba dans les années 1960.

 

Pour conclure, l’ouvrage placé sous la direction de D. Magee, J. Bourriau et S. Quirke, et destiné à honorer le travail de leur collègue J. Malek au Griffith Institute, reflète, par sa diversité, l’étonnante carrière de ce chercheur protéiforme et aux centres d’intérêt si variés. Sa contribution à l’égyptologie est fondamentale, et l’honneur qui lui est rendu au travers de ces pages le souligne. Chacun trouvera dans ce volume l’une ou l’autre contribution qui l’inspirera et influencera ses réflexions à venir. Si l’ampleur de l’ouvrage explique l’une ou l’autre petite coquille, sa conception est, dans son ensemble, particulièrement bien faite, et les illustrations jointes aux articles sont autant de supports scientifiques de qualité.

 

 

 

Table des matières :

 

- Contents, p. vii-ix

- Introduction – J. Bourriau, p. xi

- Bibliography of Jaromir Malek – Elisabeth Fleming, p. xiii-xxviii

 

- The Stelae of Amenisonbe from Abydos and Middle Kingdom Display of Personal Religion – John Baines, p. 1

- An Old Kingdom Book for the Afterlife – Miroslav Barta, p. 23

- Mace’s Cemetery Y at Diospolis Parva – Janine Bourriau, p. 39

- Once more ḥr, ‘Pyramid’ – Ed Brovarski, p. 99

- A Latopolitan Family of the Late Middle Kingdom – V. A. Donohue, p. 115

- The Location of Inscriptions on Statues of the Old Kingdom – Marianne Eaton-Krauss, p. 129

- Early Investigations in the Tomb-Chapel of Djehuty (TT 11) – José M. Galan, p. 155

- Golden Hawk, Crocodile, Atum, and Lion – Tom Hardwick, p. 183

- Re-used Blocks in the Eighteenth Dynasty Tomb of Maya at Saqqara: A Preview of Nine Reliefs from an Unpublished Corpus – Yvonne Harpur, p. 203

- Funerary Furniture Made to Order? Stela UC 14228 – Nicola Harrington, p. 227

- Snake Charting: Situating the Sculptors’ Models / Votives of the Late and Ptolemaic Periods – Marsha Hill, p. 237

- Size Wasn’t Everything: the Memphite Pyramids as Scale Models? – David Jeffreys, p. 257

- Dumbing Down in a Former ‘Modernist’ Age: Literary Streamlining of Poetic Litany in Ancient Egypt – K. A. Kitchen, p. 267

- A Priest of Mut of Megeb at Abydos – Anthony Leahy, p. 273

- Mayana K 1300 at Sedment el-Gebel: Traces of Ethnicity – Christine Lilyquist, p. 289

- Three Middle Kingdom Stelae in the Ashmolean Museum, Oxford – Diana Magee, p. 315

- Encounters on the Nile: Tourists, Artists, Scholars, Explorers, a Missionary and an Obelisk: Cairo to the Second Cataract, October 1818 to August 1819 – Deborah Manley and Peta Ree, p. 327

- The Coregency Stela University College London 1400 – Geoffrey T. Martin, p. 343

- The Curiosity of the Cat in Hieroglyphs – Angela McDonald, p. 361

- Egyptology for the Masses: James Henry Breasted and the Underwood Brothers – Paul T. Nicholson, p. 381

- Auguste Mariette in the Egyptological Archives and Library of the University of Milan – Patrizia Piacentini, p. 423

- Petrie Archive in London and Oxford – Stephen Quirke, p. 439

- A Theban Quartet: Mummies and Coffins of Personnel of the Temple of Amun – Maarten J. Raven, p. 463

- The Griffith Family and the Formation of the Ancient Egyptian Collection at Brighton Museum and Art Gallery – Margaret Serpico, p. 491

- Breast or Paw? Thoughts on the Osorkon III Stela from Ashmunein – Cynthia Sheikolaslami (sic), p. 515

- Cats and their People at Deir el-Medina – Deborah Sweeney, p. 531

- The Coffins and Mummies in the Anastasi Collection, 1857 – John H. Taylor, p. 561

- Under the Flag of Sadiq en-Nuba – Miroslav Verner, p. 581

- Sacred Bovids: An Unusual Terracotta Statuette from Roman Egypt – Helen Whitehouse, p. 589

- Eine winzige Ergänzung zu PM VI – Erich Winter, p. 599